LA VIK PRIVKK D’A U T RL FO I S
é(“ri\alt cette plirase, quelques accouclieurs s’étalent fait une hrillaute réputation à la Cour et dans la haute l)oiu’(jeoisie ; ou citait surtout parmi eux Jacques de la Cuisse et sou beau-père lloucliet'. Anne d’Autriche, ainsi que IMarie-Tliérèse, eurent recours à des sages-lcmmcs ^ ; mais Mlle de La^■alllère et la Dauphine furent délivrées par le chii‘ur{jien Julien Clément. Il avait déjà d’hahiles confrères : Bonamy; Paul Portai; Desfor(jes; de Frades ^ ; François Mauriceau, qui avait donné en I6()8 la première édition do son Traité des maladies des femmes grosses, ouvraqe resté classique jusiju’à la fin du dix-huitième siècle; Philippe Peu, dont la Pralujae des accoachemens ^ joxûl aussi d’une qraude réputation, Presque tous avaient appi’ofondi leur art et acquis une grande expérience comme chirurgiens de l’Ilôtel-Dieu le dernier se
' (Jul l’atiii. Lettre du 3 mai 1G50, t. Il, p. 8.
■ Vov. I‘. .Sue, Essaix historiques sur l’art des accouchenieiis, 1. 1, p. ill. — Toulcfois, pour celte dernière, le <’clèl>re accouclieur François llouchct se tenait dans la pièce voisine, prêt .à intervenir, si besoin était. Voy. VJndex funcreus de Devaux, p. 06,
^ ;N. de bléjjnv, Le livre commode pour 1692, t. I, p, 159.
* I()9V, in-8".'
” Voy. .1. Devaux, Index funereus chirurgoriim J’arisiensimn ab anno 1315 ad aiinum 1714-. Paris, 171V, in-12.
V A H 1 E T l' s C 1 1 1 lU ; R G I C A L E S .
vantait même d’y avoir assisté à plus de cinq nulle accouchements.
l'in 169(>, un écrivain allemand faisait remarquer que, dans cette spécialité, les chirurgiens français étaient plus habiles (|ue tous les autres. Ce n’est point, ajoutait-il, qu’ils soient doués pour l’obstétrique de dispositions ])articulières, mais ils ont très souvent l’occasion d’assister des femmes en couches. C’est maintenant la coutume en France ({ue, môme les jeunes mariées, mettant de côté toute honte, se laissent voir et manier sans scrupules ])ar les chirur^jiens *, et que des femmes appartenant à toutes les classes de la société souhaitent l’assistance des chirurjjiens (juand elles sont prêtes d’accoucher. Il en est tout autrement chez les autres nations ‘^...
Cette innovation rencontra nu ardent adversaire dans le dévot docteur Ilecquet, que j’ai <léjà présenté à mes lecteurs^, et qui fut doyen de la Facnlté en 17 1:2. 11 publia en 1708"* un
' « lia cniin moris apud ipsos est, ut posito puclorc, eliain rccciis luiptæ ad tactuiii atijue explorationem omnes cliirurgos admitlaut faciles, n
- « Lorij'c Ht aliter apud ceteras uati(jues... « Actorum erudiloruiii t/itœ Lipsiœ pubUcanlur supplémenta, t. II ^1690), p. -V70.
^ Voy. les Variétés gastronomiques, p, 1.73.
^ Sur un traité de même nature, public rpiebptes années
LA VIL PKIVLi: D’AUTREFOIS.
petit volume îiilitnlé : De Vindéccnce aux hommes (l’accoucher les femmes, et de l' (obligation aux femmes de nourrir leurs enfans. Pour montrer jour des raisons de physi(jue, de morale et de médecine (jne les nujres n’ exposeraient ni leurs oies ni celles de leui s cnjans en se passant ordinairement d’accoucheurs et de nourrices . Lu préface indicpie avec clarté <piel ljut a poursuivi Fauteur : «Quehjues dames chrétiennes, y est-Il dit, pour ne se j)oint laisser séduire à Fusa(>e prescpi’établi aujourd hui de se faire accoucher par des hommes, ont demandé à s’instruire sur cette coirtume qui hlessolt leur pudeur et offençoit leur piété. Elles ont proposé leurs doutes aux personnes (pil les conduisent, et c’est pour soulajjei’ les consciences des unes et rcqjlcr le sentiment des autres (ju’on a cntrc[U'is ce petit ouvra{^;c. » Et on v a bien étudié la (piestion sous toutes scs faces, comme le démontre suraliondammcnt la Table des chapitres :
CiiAi'iTiu-, I. — One la j)rofession d’accoucheur ('■toit; iucouuuë dans l’antiquité, et qu’elle est encore aujourd’hui nouvelle, sans titres et sans autorité.
CiiAi'rnu'. II. — One toutes les nations, à com-
aiiparav.Tiit, mais au(|ncl la situation ilc l’auteur (tonnait nioins d’autorité. Voy. Dionis, Accuuclicineiis, p. 421.
Mienccr par le peuple hébreu, se soûl servies de Sages-feimues, dont la profession est aussi ancienne ([lie le monde et autorisée par les lois.
CuAi’iTiiF. III. — - Faits et histoires qui prouvent ([u’il a été iuoiii dans tous les teins que les feuuiics se soient servies d’hommes dans leurs couches ou en cas semblables.
GuAPiTiiK IV. — One les maximes de la lleliglon chrétienne sont contraires à la profession d’accoucheu r.