I.A VIK PlUVKE D’ACTliEF OIS
M()ntai(]iic, c[iii eut toujours (re.Kccllenles (lents, les l’roltait avec une serviette*. Durant son voyajje en Italie, Il fut pris à Pise d’une A'iolente odontal^jle, dont il a naïvement raconté toutes les jdiases dans son Journal. Le lundi 4 septeinl)re 1581, il mâche des morceaux de la (jomme résineuse connue sous le nom de mastic, et n’en obtient aucun soulagement. Pendant la nuit, il envoie chercher un apothicaire, (|ul lui conseille d’entretenir sur la dent malade un peu d’eau-de-vie. Le lendemain, on lui appllcpie sur la temjie un emplâtre de mastic, et la nuit suivante on lui met des étou])es chaudes sur la joue". La vertu des emplâtres de mastic était bien connue en France, où on les recouvrait de taffetas ou de velours noir.
importance à la santé. Car 1 air (pi’on inspire et retire à soy par la l)onelie,an ranconire îles liants et jjencives mal nettes, s’infecte de mesme; et estant ainsi corrompu, offance le poumon et le cœur de sa mauvaise qualité, de sorte que plusieurs pour l'ctte seule occasion deviennent linaldemenl taljides. Ce lavement de honclie doit estre du vin un peu couvert et rude, l>ien fort trampe. » La santé du prince, 1571), in-8”, p. ()24.
' « .l’ay tonsjours eu les dents lionnes jnsipi’à l’excellence, .l’ay appiïns dès l’enfance à les frotter de ma serviette, et le malin et .'i l’entrée et issue de la talile. » Kssais, liv. III, cliaj). XIII.
' Voyages, édit, de 177V, in— t", p. 343.
VA R 1 RT RS C II I R R RGI CALRS.
Vous purtcz une iiiuusclic, ave/.-vous mal aux tlents?
l’ait (lire Goiirval-Soiinet à un de ses jîersonnages ‘ .
11 lie l’alliit pas longtemps à une coquette pour remarquer (jue ces petites taches noires faisaient ressortir la blancheur de sa peau, et que si le remède était ineflicace contre Todontahjie, il jouissait d’une propriété bien autrement précieuse, celle de donner de l’éclat au visage le plus fané. Les mouches firent ainsi leur entrée dans le monde, réunirent tous les suffrages, et triomphèrent tles obstacles suscités contre elles par de sévères confesseurs et par des moralistes ennemis de la beauté '.
L’art dentaire ne resta [las étranger aux progrès que fit la chirurgie pendant le seizième siècle. Le plombage et la prothèse entrent alors dans la pratiipie courante. Henri IV eut de bonne heure les dents gâtées. Un registre de ses comptes, au tenqis où il n’était encore cpie roi de Navarre, nous a[)prend (pie, dès I57G, sa dépense en curedents était de vingt sous par mois, grosse somme pour une cour si besogneuse. Le
* Les exercice.^ de ce temps, 1(531, in-4", satire I, p. 5.
- Voy. Les soins de toilette, j». 92.
LA vu: PIUVKK D’AUTItl'FOlS.
nièine re^jistre contient, à l’année 1581, celte mention : « Or pour plomber les dents du Rov, I 5 liv. 1 5 sols ' . »
Jj’or, en pareil cas, n’était [jiière employé (pie pour les bouches royales. Ambroise Paré conseille seulement le lièjje ou le jilomb : « Si les dents sont ci'enses, dit-il, on doit remplir le pertuis de liè.^e ou de plomb bien accommodé^. » 11 écrit ailleurs : « Ouand elles sont tombées, en faut adapter d’antres, d’os on d’yyoire, ou de dents de roliart^, (pil sont excellentes ])oiir cest elïect, lesquelles seront liées aux autres dents proches avec fil coinmim d’or ou d’argent'^. « Meme, on posait déjà des làtelicrs complets; leur construction laissait, il est vrai, fort îi désirer : c’étaient purs artifices de cocpietterie, (pie I on retirait pour manger. Mlle de (îonrnav, la « fille d’alliance » de Montaigne, « avoit, dit Tallemant des Réanx, un râtelier de dents de loup marin; elle l’ostoit en mangeant, mais elle le remettoit pour parler jdns facilement, et cela
' Inucnlairc (/c’< archives des Basses-Pyrénées, 1. I, |). 4, 7 et iO. — Voy. aussi le Journal d’iléroaril, t. I, j>. 142 cl passim.
^ OEuvres, p. 012.
* De rc(piiu.
* OEuvres, p. 895.
Rcmtcrcnicnt dcuant qu'arracher les dents, il faut que le tnaladc foitalfebas i ayant la leftc encre les jambes du dentatcuc : puis quilles defchaulTeprofondcmct d'alentour de leurs alùeoles,aucc
dcchauflôirs que tu as icy figurez par A: &:a[Jriîs les auoir delç hauffceSjfi on voit qu’elles tiennent peu, feront pOulTecs &: iettecs h o rs auecvnpouiroir,duqueltuas icylafigufcmarcjucepar B. Auffi li oncognojftqueladentnepuiireefirearrachecparlc poufibir.on prendra vn daqier qui t'eft marqué par D,lcqueleft propre a rmnpr^ la dent qu'on veut qualTertoubieuons'aiderades'policans marquez par CC,& celtuy par b, felo
que le dentateurfe fera excrcéi'tirer des dcfitsicat véritablement ilfaut élire bien in-
dufiricuxil'vfagedcspolicans, àcaufe quelionnes'en fçait bien aider, oh ne peut d failliràjettertroîsdentshorsla bouchc,& laill’erlamauuailê6: giftee dedans.
-figure dvtt poufoir&dechauffiirs. Fignre d vn dauter Q- poLcjx,
Figure eC iutrtpiûcat.
Dn, crûs Aîiiliruiso l’arc. iMlilion ilc 1007.
VAllI KTKS CimiUIlClCALKS.
assez adroicleineiil. A tahle, (juami les autres parloient, elle ostoit sou râtelier et se dépesehült de doubler ses morceaux, et après, elle reuiettoit sou râtelier pour dire sa râtelée » Le satiricpie auteur à (jui nous devons la Descn'fjiion de L isle des lierniapli/ odiies ^ , nous révèle aussi que « beaucoup d’entre eux avoieut des dents artilicielles, qu’ils a\oieut ostées devant ipie se mettre à table 'A «
Les remèdes contre 1 odoutaljjie s étaient aussi tort multipliés. Ou eu trouve jilusieui’s indiijués dans le livre de .leaii Liébaut '*, et brautome raconte qu avant eu mal aux dents, la reine d Espajjne lui envoya par son apothicaire « une herbe très singulière, que la mettant et tenant dans le creux de la main, soubdain le mal se passe; comme il me jiassa aussi tost, » ajoute-t-il'’. L’apotbicaire Jean de llenou'’, une lumière de la science au début du dix-septième siècle, ne connaissait pas ce
' 1/istorieltes, t. II, p. 5V0.
I*ar Artiis d limbry, pid)liûc en lOO.}.
^ l‘ajfc 105.
1 rois hures de l’ eniheUissement et ornement dit corps humain, 1582, in-S", p. 2SH.
* OKuvres, t. VIII, p. i:}.
" üEuvres pharmaceutiques, traduites en français par Louis de Serres, p. 188.