‹ Variétés chirurgicalesChapitre 30 sur 51 · I.A VII-; l'RIVKl-: D’Al TRKFOIS · texte numérisé non relu

I.A VII-; l'RIVKl-: D’Al TRKFOIS

l’imo en mi eosté tle la {jenclve et l’autre à l’autre.

Dès lors, toiil était pour le mieux, semhlet-il. Mtiis Süunet a prévu l’objecliou et il y répond victorieusemeut.

.l’ejitemls des-jà (pielqiie jiseudoiiiédecin cliiiiiiqiie, encor tout estonrdv de la l’mnée de son (diarl)on et des chaudes va])eurs de scs fourneaux, qui pour lé{>;lliiiiei‘ et approuvei' les tromperies dudict charlatan me dira qu’il faisolt tousjours une belle cure et appoifoit une qrande commodité à plnsicîurs de leur tirer les dens sans leur faire aucune douleur, quelque artifice qu’il peust appoiter pour y parvenir, et qu’en cela il n’esioit point trompeur. Geste raison seroit recevable et de bon alloy si, tirant et arrachant les dens par ceste subtile invention, il n’en arrivoit point de mal puis après. iMais c’est chose asseurée, comme j’ay ouy réciter à des (jens de bien et di(jnes de foy, que la pluspart de ceux ausquels elles furent tirées jiar le susdict cbai'latan tombèrent puis après en de {jrandes (luxions et catberres, à cause des attractions qui avoient esté excitées ausdites parties af(li(}ées par les susdictes pouldres violentes. Et mesmes à quelques nus les dens en tombèrent toutes, de façon qu’ayant pris résolution de n’en faire tirer qu’une ou deux, ils furent tout estonuez qu’elles leur cbeurent presque tontes : chose miséi’able et dé[)lorable

' l’a{jcs 107 et suiv.

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Heureusement, les dentistes avaient d antres niovens à leur disposition. Ils connaissaient même divers procédés pour faire tomber nue mauvaise dent sans la touclier avec aucun instrument, sans exposer le ])alient à aucun danjjer et sans provoquer aucune douleur. Si mes lecteurs veulent essayer, en voici deux que je suis licurcux de pouvoir leur révéler. L’un date du seizième siècle, l’autre du dix-sc[)lième :

'l u prendras deux onces de roses rouges et les fera bouillir avec fort vinaigre l’espace d’un jour et d’une unit. Après, les sécheras, puis eu feras foudre que lueltras sur la tient, et elle tombera'.

Faites bouillir, puis réduisez eu cendre des vers de terre ; remplissez de cette poudre la dentereuse, et fermez-la avec de la cire. Elle tombera-.

Parmi les découvertes sérieuses, il faut citer la trans])lantatioii immétllate des dents, le remplacement d’une dent cariée par une tient humaine et saine. Andjrolse Paré menllonnc le fait sans trop y croire, mais en le déclarant vraisemblable Trente ans plus

' Les secrets du seiijneur Alexis [Girolanio lluscelli], mort en 15(56, cillt. tic 1G!)1, p. 351.

* 3Imc l'üiKjuet, Recueil de remèdes faciles et domeitiquesy étiit. de 1678,]). 53.

« Un homme tlifjne d’estre creu m’a affirmé tju’une prin-

1,A VIK PinVKK D’AI TIIKFOIS.

tard, le succès de celte opéralion ii’est jiliis l’olijet d’aucun doute pour le docteur Louis (îuyou ‘.Il est vrai que cent ans après, le consciencieux Dionis, chiruiqpen nu peu timoré d’ailleurs, n’en veut pas entendre parler :

Je ne crois point, écrit-il, qu’une tient qui a été totalement enlevée se puisse l'altenuir dans sa cavité et re|)i'entlre vie comme auparavant. ^1. Verduc* rajqiorte là-dessus qu’il a ouy dire (pie M. Carmeline^, tort habile opérateur pour les dents, ayant arraché une dent qui n’étoil point qâtée, la remit tort promptement dans son alvéole, où elle s’alfermit si bien qu’il eut beaucoup de peine à l’arracber l’année suivante, la même personne l’étant venue retrouver à cause que la douleur l’avoit reprise. IMais cette histoire me paraît

cesse ayant fait anaelier une dent, s’en Ht remettre snliit nue antre d’une sienne damoisellc, la(juelle se repeint; et (piel(|ue temps après masclioil dessus comme sus celle (jn’elle avoit fait arracher auparavant. Cela av-je ouy dire, mais je ne l’ay point ven, et s’il est vrav, il [)eut Ineii estre. « OK unes, p. (Ul.

* « Si l’on a arraché une dent pour une antre, il faut la remettre soudain dans son alvéole et (pi’on l’attache avec nu filet ;i la ])rochaine; et se reprendra, ainsy (pie Je l'ay veu souvent. » Iv. Gnyon, Le miroir de la beauté et santé corporelle, 1(510, in-S", p. 3G!t.

* (iette famille a fourni trois chirnrjjiens estimables : Laurent Verdnc, professeur à Saint-C(hne, mort en 1(51)5, et scs deux fils, .lean-lîaptistc et Laurent. Ce dernier mourut en 170;L

^ Voy. ci-dessous.

VARIETKS cm nrROICALES.

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apocril'o, aussi bien qu’à i\l. Verduc, qui reroiiiioir lui -inêinc que ti>us les filets nei’veux et les vaisseaux qui portent la vie et la nouri'iture à la dent ayant été rompus, elle ne peut pas reprendre racine et se joindre an tout quand elle en aét<“ une fois séparée

Aiijourd’lml , celte opération, quand elle est bien laite, réussit toujours.

L’on savait aussi couper les dents, et au moyen d’un instrument tout ii fait semlilablc à celui qu’on emploie de nos jours Enfin, je trouve dans les lettres de Gui Patin une phrase qui tend à prouver que la fabrication des fausses dents appartenait alors à la corporation des tabletlers^.

' Cours d'opérations de citirurr/ie, édit, de 171 It, p. .")23.

® Voycz-en la fijjnre dans Guillcmeau, OEuvrcs de chirurgie, 1()41), in-folio, p. 513.

^ » ...II avoit un sien neveu, tahlelicr et remelteur do dents d’ivoire. » Lettre du .5 octoI)rc J 057, t. II, p. 344. — Deux arrêts des 20 juin 173(5 et 30 janvier 1738, eonlirinés le 12 juillet 1745, reconnaissent aux taldeliers le droit de « découper, tailler, sculpter, ci/.eler et travailler l'wnire de toutes formes et modes. » L’article 17 des statuts (pii leur furent accordés en 1/41, les autorise à « travailler, dépecer et façonner la lialcine, l’écaille, ryvoire,lcs os, la corne, les ar{[Ots [ci-jjots de bœuf], les bois d’ébcine, violette, jjarnadillc [{'rcnadille], palissandre, buis, nacre, ambre et antres bois cx({uis (jni se tirent des Indes. »

LA VIL PI! IV LL D’AUTREFOIS

II. Pour()iH)i un cliirurjjieii ne doit j)as arrcTclicr les dents. — Les eliarlatans du Pont-iNcnf et leur lioniinent. — Menl(!ui comme un arraelienr de dents. — I.es charlatans Gardelin, (japeron, Dupas et Carmeliue. — Le jioète Sihiis et le charlatan Cormier. — Le {jrand Thomas, médecin et dentiste, sa ecléhrité. — Veut donner un repas au peuple. — Va à Versailles porter des félicitations à la reine. — Sa mort. — Inventaire de scs hiens.

Ti’nrL deiilaire élail du domaine de la cliirurjjie. Tous les Irailés séricu.v lui atlrihueiU riiuporlauce qu’il inéidle et lui consacrent un intéressant chapitre. Dionis cnp,aqe toutefois les chirurgiens, surtout ceux tpii font heaucou]) de sai(;uécs, à ne pas jiratiquer l’extraction des dents :

Celte opéralion, écril-il, ne consiste que dans nu effort qu’il faut que le poignet fasse pour eiuporler la (lent; ou redotible même cet effort quand la dent résisie, et ou ne quille point prise qu’elle ne soit arrachée. C’est pour cela que les chirurgiens qui sont dans la pratique de beaucoup saijjucr, et qui veulent toujours avoii’ la main ferme et légère, ne doivent jamais arracher de dents, de crainte que les efforts qu’il faul faire ne leur rendent la main tremhlanle : ou laissera donc cel emploi aux opérateurs (pu en fout un exercice journalier, et qui n’ont poini d’autre irndier j>our gagner leur vie.

Y A lU É 1 i: S C II nu ■ U G I C A L li S .

Il Y a encore imc autre raison :

Si je conseille an cliirnr[;ien crabaiulonner cette opération, ce n’est pas senleinent pour le préjudice (jiie sa main en ponrrolt recevoir, c’est aussi qu’elle me paroît un peu tenir du charlatan et du l)ateleur. En el'let, la plupart de ces arracheurs ahusent de leur talent pour tromper le public, taisant accroire qu’ils n’ont besoin que de leurs doiqts ou d’un bout d’épée pour emporter les dents les plus enracinées. ^lais nn cblrur(jien ne doit point connoitre ces tours de souplesse, et comme c’est la probité qui doit être la rè[>le de toutes les actions, il tant qu’il se distingue do ceux qui \eulent en imposer aux antres

Il seniljle, en effet, y avoir en de tonttcnij)S (les arraeheurs de dents f[iii, comme ceux qui exercent encore anjoiircriinl dans les foires, se rapprochaient [)lns de la classe des saltlmhamjues (jiie de celle des (dilrurfpens Ils se <|ualiHalent d’opérafeurs, et prenaient en {général pour théâtre de leurs exploits le Pont- Neuf. Chamarrés d’or, l’épc'e au céité, assistés d’un pitre (jni leur donnait la réplique, leurs houffonneries attiraient autour d’eux une foule enqiressée. Ils lui promettaient monts et merveilles, se jiosaient en hienfaiteurs de

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■ La iiicdccinc eut aussi les siens. Yov. Les médecins.

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