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Laforest 3Iicballon vous donnera des cheveux blonds

Avez-vous besoin de gorges? vous en trouverez

* Lclties d'un Sicilien, |>agc 57.

® Il demeurait rue vSainte-Apolliue.

^ Le médecin Antoiiic-I’ierrc Demours, qui fut oculiste de Louis XVIII et de Charles X, et mourut en 1836.

* N’cst-cc pas Désirabode qu’il faut lire ?

de fraîches, mais factices, au Palais-Royal, ainsi que des mollets pour toutes les jambes.

Enfin, si vous n’avez ni bras ni jambes, Bernard, rue des Moulins, vous en fournira *.

Je rappellerai à ce propos que la fabrication des instruments de chirurgie était le monopole de la corporation des couteliers. Leurs statuts, confirmés en 1608 et qui les régirent jusqu’à la fin du dix-huitième siècle, leur accorde le droit exclusif de confectionner les lames d’épées, dagues, jiertuisanes, hallebardes « et autres bâtons servant à la défense de rhomine, » les ciseaux, les instruments de chirurgie, les couteaux, les canifs, etc ^ En 1692, les sieurs Surmon, au Tiers-jjoint couronné^, et Tougaret, au Verre couronné^, faisaient des lancettes estimées; mais le meilleur fabricant d’instruments de chirurgie était le rnaitre de la Coupe, André Gérard, qui

‘ Miroir (le l'aris, édit, de i«07, t. VI, p. 146. Voy. aussi t. V, p. 231).

® Voy. Slotut'! et ordonnances pour les maistres Fèvres- CouteUers, Graveurs et Doreurs surfer et sur acier trempé et non trempé, l'aris, 1660 et 1748, in-4®. Les couteliers étaient autorisés à dorer et à graver tous les objets fabriqués par eux.

’ Articles 11, 12,20, 22, 23.

* Il demeurait rue Saint-Julien le Pauvre.

^ Il demeurait à la porte Saint-Germain.

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demeurait rue Troussevache. Le maître du Trèfle, Guillaume Vi(jueron, rue de la Coutellerie, avait joui peudaut lou^^temps d’uue (jraude réputation. Pour les iiistrumeuts en arjjeut, il fallait s’adresser aux orfèvres; le {;raud-père du Irajjédieu Lekaiii ’ se distingua dans cette spécialité Au dix-lmitièmc siècle, uii sieur Bernard, (pii se qualifiait d’ «orfèvremécanicien,» perfectionna les sondes flexibles et les « conques pour la surdité »

Le moulage en cire avait été fort à la mode au dix-septième siècle. Un sieur Benoît s’était alors distingué par des portraits d’une ressemblance frappante, dont un curieux spécimen est celui de Louis XIV, retrouvé à Versailles et placé aujourd’liui dans la chambre à coucher du roi. On ne songea que plus tard à utiliser cet art spécial pour l’étude de l’anatomie. Vers la fin du dix-hultlème siècle, une demoiselle Biberon, fille d’un ajiotliicaire de Paris, parvint, après quarante-sept années de travail assidu, à composer entièrement en cire

* Son vrai nom ôtait Caïn.

® Voy. Le livre commode pour 1692, t. II, p. 48.

^ Il Elles sont, disait-il, faites d’une matière aussi légère spéciH(|uement ipie le papier, et construites de manière à tenir d’elles-mèmcs, et sans la moindre apparonc^e extérieure. » Affiches, annonces, etc., n® du 30 septembre 1778.

un corps de femme, dont toutes les parties pouvaient être déplacées et examinées à part. Llle y ajouta quelques pièces de même nature, et forma ainsi , dans la rue de la Vieille- Estrapade, un musée qui était ouvert tous les mercredis. Mais Mlle Biberon ne fut pas soutenue par le corps médical, et elle finit par traiter avec l’ambassadeur de Russie, qui lui acheta sa collection pour l’impératrice Catherine II.

Cette tentative fut renouvelée dans la suite avec plus de succès. Vers 1780, le chirur^jien Jean-Joseph Sue imagina de représenter suide grands cartons les différentes parties du corps humain. Il posséda bientôt une collection de 195 pièces, qui fut portée au nombre de 304 par son fils ', chirurgien comme lui. Ce petit musée, ouvert au public, était établi rue des Fossés-Salnt-Germaiii-l’Aiixerrois, à l’angle de la rue de l’x\rbre-Sec. Je ne le trouve plus mentionné après 1787

Deux autres cabinets anatomiijues, mais ceu.x-ci composés de figures de cire, existèrent encore à Paris. Le premier était installé rue

' Ce ilernicr fut le père du romancier Eu^jèiie Sue.

' ' oy. Ihiéry, Almanach du voyarjcur à Paris pour 1787, p. t2D.

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de la Harpe*, le second rue Hautefeuille. Un voya(jeiir allemand, qui visita Paris en 1799, nous lait ainsi connaître la spécialité de ce dernier :

Afin de u’être pas trop tourmenté par le diable de la volupté et de la séduction dans Paris, je conseille à tons les jeunes étran[jers inexpérimentés, de se faire passer leur envie dans le cabinet anatomique et d’histoire naturelle du di(jne professeur Pertrand (rue Hautefeuille, n" 31, section du théâtre français). C’est là qu’ils pourront voir les fruits du libertinage, les images, les scènes d’horreur de la destruction morale!... On y voit aussi quantité de pièces très rares et authentiques. Tous les objets sont en cire, et si bien imit<’s qu’on croit voir la nature. Ce cabinet est ouvert tous les jours, depuis neuf heures du matin jusqu’à la nuit. Le prix d’entrée est de 1 liv. 10 s.*.

* Les pédicures appartenaient aussi à la grande famille chirurgicale.

L’histoire s’est peu occupé de ces modestes opérateurs, bien que la coquetterie féminine ait do de tout temps rendre nécessaire leur intervention. Un moraliste du quinzième siècle, le frère mineur Pierre des Gros, écrivit un gros livre qui avait pour objet de condam-

* Voy. P. de Lamésangèrc, Le voyageur à Parii (1797j,

^ lleinzmann, Mes matinées à Paris (1800), p. 367.

ner ce joli défaut et d’en guérir à jamais les femmes. Si elles n’y ont pas encore absolument renoncé, cela tient sans doute à ce que l’ouvrage de Pierre des Gros est resté manuscrit. Il a pourtant été conservé, et l’extrait suivant suffira pour montrer quel art et quelle délicatesse le bon religieux apportait dans ses remontrances : « Les femmes, écrivait-il, font faire des souliers si estroits qu’à peine peuvent-elles les endurer, et ont souvent les pieds contrefaits, malades et pleins de cors '. »

Par bonheur, le remède était déjà connu. Dès le quatorzième siècle. Gui de Gbauliac avait étudié, dans sa Grande chirurgie, les moyens de détruire la corne qui est aux pieds. « Rase la, dit-il, tant qu’il sera possible, puis qu’on mette dessus une platine de fer ou de cuir, à laquelle y ait un trou selon la grandeur de la corne; et lors, en ce trou soit mise une goutte de soufre ardant, et qu’on le laisse esteindre sur le lieu '^. » Ambroise Paré conseillait d’appliquer sur le cor des aulx pilés, et aussi de les cautériser « avec eau forte ou huile de vitriol '*. « Les plus savants apothi-

‘ Voy. P. Paris, Les manuscrits français de la Bibliothèque du roi, t. II, p. 156.

® Édit. INicaise, p. 433.

^ OE livres, p. 616

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caires estimaient que « le fruit de l’anacardier renferme une huile noire et caustique qui est un bon remède pour guérir les cors des pieds et pour ôter les taches de rousseur du visage ‘ . »

Mais, depuis longtemps déjà, de misérables charlatans s’étaient chargés de soigner cette affection, et Turlupin, parlant des métiers ambulants exercés dans Paris, classait les «‘tireurs de cors » avec les vendeurs de thériaque et les joueurs de gobelets^. Naturellement, les chirurgiens professaient un grand mépris pour ces indignes concurrents. Dionis écrivait vers 1707 : « J’ai veu autrefois un homme à Paris, qui se promenant toute la journée dans les rues, disoit sans cesse : « Je tire les cors des pieds sans mal ni douleur. » Je ne sçais s’il exécutoit sa promesse; mais s’il le faisoit, on le payoit fort mal, car il étoit très mal vêtu et paroissoit fort gueux. S’il avoit eu le talent ou l’adresse d’ôter les cors sans douleur, comme il le disoit, il auroit dù aller en carosse » Sydenham avait dit déjà :

* P. Poinct, Histoire generale des drogues, cdil de 1694, liv. Vil, p. 209.

^Harangue de Turlupin le souffreteux (1615). Dans Éd. Fournier, Variétés historiques, t. VI, p. 71.

^ Opérations de chirurgie , p. 658.

« Si quelqu’un employoit toute sa vie à découvrir un spécifique contre les cors, il luériteroit bien de la postérité, et auroit suffisamment servi le {jciire humain. » Mais je ne garantis pas du tout l’exactitude de cette citation, que j’emprunte à l’ouvrage suivant : Toilette des pieds, ou traité de la guérison des cors, verrues et autres maladies de la peau, par le Rousselot, chirurgien de ^Igr le Dauphin, des princes et de Mesdames, en cette partie, ancien chirurgien de M. le prince de Wirtemherg . Ce livre, qui est dédié à Madame Adélaïde, fille aînée de Louis XV, parut eu 1762 et eut une seconde édition en 1769.

Un sieur Maille , « vinaigrier-distillateur ordinaire du Roi, » fit beaucoup parler de lui à la fin du dix-liuitième siècle. 11 avait inventé une foule de moutardes et de vinaigres doués, à l’entendre, des plus admirables propriétés. La moutarde était surtout destinée aux engelures. Quant aux vinaigres, on en opposait aux maux de dents, aux rides du visage, aux dartres, aux cors, etc., etc. La gloire de ces précieuses Inventions ne suffisait pas au sieur Maille, il ambitionnait encore le titre de philanthrope, et chaque dimanche il distribuait aux pauvres quelques, doses de sa moutarde

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contre les engelures. Cet homme rare prétendait même étendre sa main bienfaisante sur la France tout entière, car on lisait dans une des réclames prodiguées par lui ;

MM. les curés de campagne qui voudront procurer à leurs paroissiens ce petit secours, pourront charger à Paris quelqu’un d’en venir prendre pour la leur faire tenir. Et pour qu’on puisse leur en donner une provision suffisante, ils marqueront le nombre de personnes qui sont dans le cas d’en avoir besoin. On y joindra une instruction sur la manière d’en faire usage. La distribution commence à huit heures du matin jusqu’à midi, et il faut chaque fois apporter un petit pot pour contenir la moutarde *.

Dans le même temps, la Gazette de Hollande"^ préconisait « les emplâtres écossoises du sieur Kennedy, chymiste, qui guérissent sans retour les cors aux pieds, à 30 sols la boîte. »

Louis XVI eut un pédicure en titre. Cet estimable opérateur se nommait La Forest et demeurait dans la maison d’un dentiste, comme le prouve le titre d’un livre dont il est l’auteur ; L’art de soigner les pieds. Conte-

^ Affiches, annonces, etc., n®‘ du 16 février 1774, du 2 dcceiuhre 1778, et passiin.

® IN» du 10 mars 1778, p. 4.

nant un traité sur les cors, verrues^ durillons, oignons, engelures, les accidens des ongles et leur difformité. Nouvelle édition, augmentée de la manière de soigner les pieds des soldats. Par M. La Forest, chirurgien pédicure de Sa Majesté et de la famille royale. Pans, chez l auteur, rueCroix-des-Pelits-Champs, maison de M. Bourdet, chirurgien dentiste du Roi. Il existait, paraît-il, entre ces deux professions, plus d’analo(jic qu’on ne serait tenté de le croire au premier abord, car un peu plus tard, je trouve établi au Palais-Royal un sieur Roblot, qui se disait dentiste et pédicure

* « Au I*alais-Royal, M. Roblot, dentiste et pédicure, coupe les cors avec beaucoup de dextérité. » Prudhomme, t. VI, p. 236.

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