‹ Variétés littéraires (volume 2)Chapitre 27 sur 48 · Passim, 31 août · texte numérisé non relu

Passim, 31 août

poine de développor ce que j'ai griffonné Iji, vous y verrez îm grand bout du cœur humain ; riiornnie animal curieux, Tliomme susceptible de spectacles. » Presque toutes les sciences ne sont que de grandes curiosités.

Mme d'Épinay ne se rend pas facilement à cet axiome de la théorie nouvelle, que l*liomme est le seul animal curieux. Elle défend sur ce point Voltaire, qui soutient que les singes et les chiens sont curieux comme l'homme. Elle a bien étudié son chien, elle ne doute point qu'il n'ait de la curiosité à sa façon. Au fond, il n'y a, selon elle, entre l'homme et les animaux civilisés qu'une difl'êrcnce de degré. « La curiosité chez les hommes, a dilférenls motifs, mais, quelque modifiés qu'ils soient, et ils le sont à l'infini, on peut toujours les ramener à un point commun à tous les animaux raisonnables et irraisonnables, ï intérêt, » L'intérêt physique, comme l'intérêt moral, implique l'attention et explique la curiosité chez l'animal comme chez l'homme. « Nous ne nous entendons pas, répond Galiani, qui termine le débat par une distinction bien juste; c'est la faute des mots qui nous manquent. Si vous appelez curiosité cette attention que l'on prête à une chose inconnue ou obscure pour découvrir ce que c'est, et savoir à quoi cela est bon, assurément les animaux l'ont autant que nous ou même plus. Mais j'appelle curiosité ce plaisir que l'homme a d'observer quelque chose, en même temps qu'il sait parfaitement que cela lui est indifférent et inutile. Le chat cherche ses puces aussi bien que l'homme; mais il n'y a que M. de Réaumur qui observe le battement du cœur; cette curiosité n'appartient qu'à l'homme. Et de même les chiens n'iront pas voir pendre un chien à la Grève. Adieu*. »

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