‹ Variétés littéraires (volume 2)Chapitre 4 sur 48 · îjeltre à Mme Necker, du 6 juillet · texte numérisé non relu

îjeltre à Mme Necker, du 6 juillet

piquant portrait : « Mme Geoffrin a le tic de délester tous les malheureux, car elle ne veut pas Têtre, pas même par le spectacle du malheur d'autrui. Cela vient d'une belle cause. Elle a le cœur sensible, elle est âgée, elle se porte bien, elle veut conserver sa santé et sa tranquillité. D'abord qu'elle apprendra que je suis heureux, elle m'aimera à la folie *. »

C'est avec Mme d'Epinay que la correspondance s'établit et dura, presque sans intervalle, pendant plus de douze années; elle ne cessa que peu de temps avant la mort de cette amie dévouée, devenue très malade, et littéralement quand la plume lui tomba des mains. Sans doute Galiani eut bien d'autres correspondants qui le tenaient au courant de la vie de Paris, et à chacun desquels il écrivait selon la spécialité de ses connaissances et de ses^ goûts, soit le célèbre numismate Pellerin, qu'il avertissait de ses trouvailles en fait de médailles et d'antiquités, soit ses amis, les encyclopédistes Diderot, d'Alemberl, le baron d'Holbach, Grimm, auxquels il recommandait de soigner sa renommée littéraire; puis encore M. Suard, l'abbé Morellet et bien d'autres. Mais c'est toujours à Mme d'Épinay qu'il revient avec plus de confiance et d'abandon.

Quelle aimable personne que cette Mme d'Épinay, une des meilleures qu'ait produites la société du dix-huitième siècle à son déclin I La morale aurait bien quelques réserves à faire dans cette vie. Mais, s'il y a eu jamais dans les fautes d'une femme une circonstance atténuante, c'est assurément un înari tel que M. d'Épinay, le plus frivole, le plus absurde, le plus léger des maris de ce temps, « un homme, comme disait Diderot, qui a mangé deux millions sans dire un bon mot et sans faire une

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