PARIS
H y a ville et ville. — La ville par excellence.
... Les villes ont bien souvent les destinées des hommes. Il y a des villes qui vendent , qui achètent , qui fabriquent , qui placent leur argent à gros intérêt , qui pensent à l'avenir et qui s'iniiuiètent du cours de la rente ; il y a d'autres villes qui pensent, qui rêvent, qui dorment la nuit sous leurs toits bien chauffés, ou le jour à l'ombre de leurs arbres; il y en d'autres enfin qui n'appartiennent ni à la spéculation commerciale, ni à la spéculation philosophique: ce sont des villes tout à fait bourgeoises, retirées depuis longtemps des alî'aires et des idées, nonchalantes cités qui n'ont plus qu'à se laisser être heureuses; qui s'amusent à médire en hiver, et, en é!é, à regarder les nuages guipassent; qui savent le nombre des cailloux de leurs rivages parce qu'elles ont eu le temps de les compter, et qui vous diront combien de fagots a produits l'an passé le vieil orme de leur place publique. Laquelle de ces villes vous paraît préférable à votre sens? La ville qui travaille toujours, la ville qui rêve toujours, ou la ville qui se repose toujours? En fait de ville qui travaille, parlez-moi de Paris;
parlez-moi de Paris en fait de ville qui pense ; en fait de ville qui se repose, parlez-moi de Paris encore.