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GUIA-LOUNG ET LES FRANÇAIS EN COGUINGUINE

au commandement de ce qu'elle appelait Tarmée du pape, fit suspendre l'armement, sous prétexte qu'il attendait de France des avis plus explicites ^

M. de Moracin, sans doute influencé par les intrigues de M. de Gonway, de madame de Vienne et de leurs amis, annonça, dans une lettre en date du 20 juillet 1788,

' M. de Conway montra dans toute cette affaire la plus regrettable mauvaise volonté. Dans une lettre qa41 adressa au ministre, en date du 18 juio 1788, il s*at(acba à examiner et à discuter les avantages qu'offraient le traité avec le roi de Cochinchine et la cession des deux iles qui en résultait. Suivant lui, PouloCondor est une iie affreuse, habitée par deux cents malheureux et désolée par des pluies abondantes. La compagnie des Indes a refusé de s'y établir. Quant à Tile d*Hoi-nan, malgré sa position avantageuse, elle a contre elle sa stérilité; elle ne produit que du riz, et, voisine d'un continent désert, elle ne nourrirait point ceux qui l'habiteraient. La Cochinchine n'offre d'ailleurs que peu de chances favorables au commerce. — Une lettre secrète et désintéressée de M. Bruny d'Entrecasteaux au ministre fait un singulier contraste avec les perfides insinuations de M. de Gonway. L'auteur de cette lettre (en date du 18 avril 1788) dit qu'il a parlé plusieurs fois de l'établissement projeté à M. de Castries, et il en parlerait encore avec plus d'assurance depuis sa canîpagne de Gliine qui l'a mis à portée de mieux comprendre Coule V importance du port de Tour an et ce que cette côte offre de favorable. La grande difficulté qu'il y voit, c'est de correspondre avec l'isle de France en temps de guerre, lés établissements voisins des autres nations européennes à Poulo- Pinang et dans le détroit de Malaca devant tenir cet établissement dans une espèce d'isolement et comme abandonné à lui-même en temps de guerre avec l'une ou l'autre de ces puissances européennes. — Je dois la communication de ces documents à l'obligeance de M. Margry, qui promet au monde savant une précieuse histoire des colonie» dans les régions lointaines de l'Orient et de VAmérique.

40 tiUU-LOUI^G £T LES FRANÇAIS EN GOGHINCUINE.

que Texpédition de Gochinchine n'aurait pas lieu cette année, à cause d'obstacles de divers genres. «On ne peut d'ailleurs transporter 1500 hommes en Gochinchine sans une dépense de deux millions. Cet ajournement forcé laisse encore au roi les moyens d'ordonner ou de défendre l'expédition. »

De son côté, le père Pigneau, s'apercevant que rien n'avançait, adressa au ministre une lettre en date du 16 juillet 1788, dans laquelle il se plaignait qu'à sa demande d'aller reconnaître l'état de Gochinchine, M. de Conway n'ait cessé d'opposer la plus grande réserve, disant toujours « qu'il suivroit ses instructions. » Il priait le ministre de faire commander l'expédition soit par M. d'Entrecasteaux, soit par le chevalier de Fresne; et, dans le cas où elle ne devrait pas avoir lieu, de l'en avertir.

Quelque temps après, et avant d'avoir reçu la réponse du ministre, l'évèque d'Adran écrivait à M. de Conway une lettre en date du 18 mai 1789, dont voici la substance : « Le roi de Gochinchine demande l'envoi le plus prompt que posi^ble d'un détachement dont la présence rendroit la confiance à son peuple, et lui donneroit le moyen de conserver la grande étendue de pays qu'il a déjà. Le prince se chargera de la nourriture des troupes tant déterre que de mer, et des autres dépenses. Si la cour abandonnoit le projet de l'expédition, il dédommageroit de tous les frais de l'armement. Les conditions du traité passé avec le prince ayant paru peu avantageuses à la France, et les François ayant manifesté le désir d'être en Gochinchine comme les Anglois

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