DU BARON GROS ET DE LORD ELGIR
Les ambassades du comte Elgin et du baron Gros à la Chine et au Japon, en 1857 et 1858, ont fait beaucoup de bruit. Je n'examinerai point ici ce qu'on leur doit au point de vue politique , mais seulement ce qu'elles ont produit pour la science et dans quelle mesure elles ont étendu le champ de nos connaissances du côté de cet extrême Orient si digne d'être sérieusement exploré. Deux livres jusqu'à présent paraissent avoir été les fruits littéraires de cette grande expédition. Le premier paru, celui de M. Laurence Oliphant', secrétaire
ï Narrative ofthe Earl of Elgin 's Mission to China and Japan in theyears 1867, '58, *59, by Laurence Oliphant, PrivateSecretary to Lord Elgin, author of the « Russian shores of the Black-Sea », etc. Edimburgh, W. Blackwood and Sons, 1869 ; 2 vol. in-8V
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intime de lord Elgin , est un bel ouvrage en deux volumes, imprimé avec luxe, et rempli de vignettes et de planches en couleurs. Le second, celui de M. le marquis de Moges ', attaché à la mission du baron Gros, est un petit volume de 346 pages, d'un format commode et sans préface. L'un et l'autre sont destinés au plus grand nombre des lecteurs.
Le volume de M. le marquis de Moges, ainsi que l'indique son titre , est un recueil de Souvenirs notés en route sur les feuillets de son porte-feuille. C'est, du moins en majeure partie, une espèce de journal où s'inscrivent la pluie et le beau temps, les plaisirs et les ennuis de la traversée. L'auteur est parfois mélancolique; d'autres fois il prend son sort en patience, fredonne des chansons, et écrit :
■ V mai 1858.
<i Le joyeux renouveau n'existe point pour nous ; « Nous ne pourrions guère, à Finstar de Rémi Belleau , « Chanter les chansons du printemps et célébrer « Avril , rhonneur et des bois « Et des mois. »
Ainsi arrive M. de Moges à l'entrée du Pé-ho. Il nous raconte alors, dans un style clair et souvent réjouissant, l'historique des négociations qui ont abouti au traité de Tien-tsin, et par suite au désastre de Ta-kou; puis il ré-
> Souvenirs d'une ambassade en Chine et auJapon^ en 1857 et 1858, par le marquis de Moges. Paris, Hachette et C^^, 1860 ; in- 12.