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sume quelques-unes des notions les plus curieuses que Ton possédait avant lui sur la Chine, et met à la voile pour le Japon.
Gomme Tobserve M. de Moges, l'ambassade française est demeurée trop peu de temps à Yédo pour y recueillir beaucoup d'informations importantes. Il est à regretter toutefois que le spirituel diplomate n'ait pas été au courant des desiderata de l'orientalisme. Au lieu de nous rapporter avec plus ou moins d'exactitude des faits connus de tous les japonistes, s'il avait mis en lumière un nombre égal de faits nouveaux, il aurait rendu de véritables services à la science. Aujourd'hui que les voyages lointains deviennent en quelque sorte à la portée de tout le monde, il serait fort à désirer que les sociétés savantes, chacune suivant sa spécialité, missent à la disposition des voyageurs un tableau détaillé des questions qui les intéressent. La science y gagnerait, et les touristes eux-mêmes prendraient à l'avenir plus de soin dans leurs recherches et plus de goût à l'étude, parce qu'ils auraient la satisfaction desavoir qu'ils ne sont pas exposés sans cesse à enfoncer des portes ouvertes.
La supériorité des Japonais sur les Chinois, tant au physique qu'au moral, a frappé l'attention de M. de Moges, comme de tous les voyageurs qui ont étudié le Nippon. L'intelligent diplomate se refuse à croire que ces actifs insulaires aient pu provenir originairement de la Chine, a Les Japonais , dit-il , aussi blancs que nous , ne sauraient être les descendants des jaunes iils de Han ; eux-mêines , au reste , repoussent toute commu-
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nauté d'origine avec les Chinois. » Leur attitude noble et fière, leur démarche toute martiale, leur tendance constante vers le progrès, les distinguent essentiellement de la race chinoise, rouée, basse dans ses instincts, ennemie de toute civilisation venant de Tétranger. « Le Japonais, ajoute M. de Moges, connaît le point d'honneur; lui enlever son sabre est une grave insulte, et, dans ce cas, il ne peut être remis dans le fourreau qu'après avoir été trempé dans le sang. Le Chinois se met à rire quand on lui reproche d'avoir fui devant l'ennemi ou qu'on lui prouve qu'il a menti ; ce sont pour lui choses indifférentes. La race chinoise est d'une saleté dégoûtante; la race japonaise est d'une merveilleuse propreté. »
L'organisation militaire du Nippon est encore trèsimparfaite. Cependant la cour de Yédo, s'apercevant que sa politique d'exclusion ne saurait plus la préserver longtemps de l'invasion européenne, s'occupe avec beaucoup d'activité de s'initier aux méthodes et aux procédés stratégiques de l'Occident. Aussi est-elle décidée à rompre avec toutes les traditions militaires du passé pour adopter les armes et les manœuvres en usage parmi nous.
Plus habile que la Chine, le Japon a compris que toute résistance à l'Europe ne pourrait qu'amener de funestes résultats pour son indépendance. Sourd, il y a quelques années, aux conseils du roi Guillaume n de Hollande, qui conseillait au Taï-koun de renoncer à sa vieille politique d'isolement, le gouvernement japonais, depuis l'expédition américaine du commodore Perry,