‹ Variétés orientales historiques, géographiques, scientifiquesChapitre 34 sur 86 · LA PARABOLE BOUDDHIQUE DE L'EMFANT. ÉGARÉ · texte numérisé non relu

LA PARABOLE BOUDDHIQUE DE L'EMFANT. ÉGARÉ

(Tndaction de M. Foaeani.)

... Qu'ensuite, ô Bhagavat, cet homme pauvre, parcourant^ pour trouver de la nourriture et des vêtements^ les villages, les bourgs, les villes, les provinces, les royaumes et les résidences royales, arrive enfin à la ville où habite (son père), cet homme possesseur de beaucoup de richesses, de coris, de trésors et de magasins de grains ; que cependant, ô Bhagavat, le père de cet homme pauvre, possesseur de beaucoup de richesses (etc., comme ci-dessus), qui habile dans cette ville, se rappelle sans cesse ce fils perdu depuis cinquante ans; qu'il se désole seul en lui-même, sans en rien dire à quelque autre que ce soit, et qu'il réfléchisse ainsi : Je suis âgé, vieux, cassé ; j*ai beaucoup de coris, d'or, de trésors, de grains, de greniers et de maisons, et je n'ai pas (un seul) fils! Si je venais à mourir, tout cela ne périrait-il pas sans que quelqu'un en jouît? Qu'il se souvienne ainsi d*un fils à plusieurs reprises : Ah I si mon fils pouvait jouir de cette masse de richesses, je serais au comble du bonheur!

... Alors le fils épuisé de fatigues et de misères, après avoir parcouru les villages et traversé les royaumes et les cités, arriva dans la ville où demeurait son père. Celui-ci, plongé dans ses pensées, se disait chaque jour : Mon fils est séparé de moi depuis cinquante ans, et je n'en ai encore parlé à personne. Seulement, en luimême, son cœur était assailli de pensées, et il renfermait en lui ses regrets et ses chagrins.

Il se disait : Je suis vieux et décrépit; j'ai beaucoup de richesses, d'or, d'argent et de choses précieuses; mes magasins regorgent, mais je n'ai pas de fils ! Si je me trouvais sur le point de mourir, je n'aurais personne à qui je pourrais les confier et les remettre.

C'est pourquoi, avec constance»

chaque jour il songeait à son fils, et de nouveau il formait cette pensée : Si (par bonheur) je retrouvais mon fils, je lui abandonnerais mes richesses, et, tranquille et joyeux, je ne me replongerais plus dans la tristesse.

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Qu'ensuite, ô Bhagavat, cet homme pauvre^ cherchant des vêtements et de la nourriture, arrive enfin à l'endroit où se trouve la demeure de cet homme riche, possesseur de beaucoup de coris (etc.). Que le père de cet homme pauvre se trouve à la porte de sa maison entouré d'une grande foule de Brahmanes, de Kcbattriyas, de Vâicyas et de Coudras, dont il reçoit les hommages, assis sur un grand trône que soutient une estrade ornée d'or et d'argent; qu'il soit occupé à des affaires de centaines de mille de kôtis de coris, éventé par un chasse-mouche, sous un dais dressé sur un terrain jonché de fleurs fraîches, auquel sont suspendues des guirlandes de pierreries, jouissant de tous les avantages de Topulence.

Que cet homme pauvre, ô Bhagavat, voie son propre père assis à la porte de sa maison, au milieu de cet appareil de l'opulence , environné d'une foule nombreuse de gens, occupé aux affaires d'un maître de maison ; et qu'après l'avoir vu, effrayé, agité, inquiet, sentant ses poils se hérisser, hors de lui, il réfléchisse ainsi : C'est le roi ou le ministre du roi que

Honorable du siècle (d Bouddha), dans ce moment le fils pauvre, qui allait de côté et d'autre eu se louant à la journée, arriva (par hasard) à la maison de son père. Il s'arrêta alors et se tint debout à côté de la porte. De loin il aperçut son père assis sur le siège dulion {Sinhâsana) ; un escabeau précieux reposait ses pieds; les Brahmanes, lesKchattriyas^les chefs des marchands, tous enfin Tentouraient avec respect. Un collier de véritables perles, d'une valeur de mille fois dix mille souvamasy lui servait de parure. Une foule d intendants et de serviteurs, ayant en main des chasse-mouches blancs, se tenait à sa gauche et à sa droite. On le recouvrait d'un voile précieux; on faisait flotter (à ses côtés) des bannières ornét'S de fleurs; de l'eau parfumée arrosait le sol ; on répandait (autour de lui) une multitude de fleurs renommées. On avait rangé (près de lui) une foule de choses précieuses, afin qu'il pût en faire des cadeaux.

Avec tous ces ornements magnifiques, il avait un air imposant.

Le pauvre fils, voyant la grande puissance de son père,

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