HENDRIK HAMEL ET SA CAPTIVITE EN CORÉE
captivité perpétuelle et furent enrôlés dans la garde royale, avec ordre d'accompagner au besoin le général de la milice lorsqu'il entrerait en campagne. Quelque temps après, deux des naufragés hollandais, apprenant l'arrivée de l'ambassadeur de Chine pour réclamer le tribut, se jetèrent sur ses pas, s'efforçant d'obtenir sa protection. Celui-ci les fit appeler en effet dans son palais; mais le roi, effrayé de ce qui pouvait en arriver, acheta par des présents le silence de l'Envoyé du grand khan et obtint de lui les deux malheureux qui bientôt après expiraient dans les cachots. Cet événement mit également en péril la vie de Hamel et de ses compagnons.
Au bout de quelque temps, le roi de Corée vint à mourir (1659); mais son fils, que l'empereur de Chine reconnut pour son successeur, ne fit rien pour amélio* rer le sort de ses prisonniers hollandais. Afin d'éviter qu'ils vinssent à se rencontrer avec les envoyés du grand khan, ils furent éloignés de la capitale et relégués dans la province de Tsyœn-la, qu'ils avaient déjà habitée. Là, ils furent de nouveau en butte aux plus odieuses exactions, si bien qu'ils résolurent à leur tour de tenter à tout prix une évasion, se disant que lors même qu'elle ne réussirait point et qu'elle causerait leur mort, comme cela avait eu lieu pour plusieurs de leurs compagnons d'infortune, du moins ils seraient délivrés d'une vie trop cruelle pour la supporter plus longtemps. A force de ruse, et grâce à une somme d'argent assez élevée qu'ils étaient parvenus à former en secret, ils parvinrent à acheter une barque,