HENDRUL UAMEL ET SA CAPTIVITÉ EN CORÉE
des voiles et des cordages à l'aide desquels, le 4 septembre 1666, ils s'engagèrent à tout hasard, sans carte et sans boussole, sur la mer du Japon ', dans l'espoir de parvenir à débarquer sur un point quelconque de ce dernier pays. Le vent leur étant favorable, ils abordèrent en effet dans une des îles de l'archipel japonais, oîi on leur facilita les moyens de se rendre à Nagasaki. Arrivés dans cette localité, Hamel et ses courageux compagnons furent présentés au chef de la factorerie hollandaise, qui leur fit l'accueil le plus amical, s'enquit de leur histoire et les envoya à Batavia, d'où ils partirent pour Amsterdam sur un des navires de la Compagnie. Après avoir essuyé de nouvelles tempêtes, ils revirent enfin leur chère patrie le 20 juillet 1668, après une captivité de treize ans et vingt-huit jours dans le royaume de Corée, oii ils avaient dû abandonner huit de leurs compatriotes, sans espérance de les revoir jamais, et sans savoir ce que coûterait à ces infortunés leur audacieuse évasion.
Le récit du naufrage du Sperber et de la captivité de son équipage a été composé par Hendrik Hamel, sur le journal qji'il avait tenu de son voyage *. Le style simple et naïf de l'auteur, le charme des détails que l'on rencontre dans sa relation et dans la description de la Corée qu'il y a jointe, et, avant tout, le caractère de
X La mer da Japon, où régnent les terribles typhons, est excessivement dangereuse pour la navigation.
* Cette relation a été publiée primitiTement sous ce titre : 1. Journal yaa de ongelukkige Toyagie Ttn't jacht De Sperber gedestineerd na Tajowan, in*t Jaar 1S5S. Rotterdam, 1668.
VARIÉTÉS OltlENTALES. 11