‹ Variétés orientales historiques, géographiques, scientifiquesChapitre 50 sur 86 · DE M. ARIEL, DE PONDIGIIÉRT · texte numérisé non relu

DE M. ARIEL, DE PONDIGIIÉRT

ont cultivé avec le plus de succès la littérature tamoule. Ce savant jésuite avait non-seulement appris à parler et à écrire correctement le dialecte vulgaire, mais il s'était rendu maître du haut idiome au point de faire l'admiration de tous les écrivains du pays. Son poème du Témbâvani^ « la guirlande ne se flétrissant pas », qui ne compte pas moins de 14,460 vers, c'està-dire à peu près autant que l'Iliade et moitié plus que rÉnéide, renferme, en style oriental, la singulière épopée de saint Joseph, depuis sa naissance jusqu'à son couronnement après la résurrection du Christ. On sait que la poésie épique est fort goûtée des Indiens : aussi Beschi fut-il bientôt appelé à la cour du nabab de Trichnapally pour être son premier ministre. Les honneurs ne l'empêchèrent point de poursuivre sa carrière littéraire, et il continua au milieu des grands à s'adonner à la culture des lettres tamoules et à ses travaux apostoliques. Deux ans après la chute du nabab, il mourut à Mannârpâdou, petite localité du sud de l'Hindoustan, en face de l'île de Ceylan, laissant un nom

du télinga et surtout du tamoul. Parmi ses ouvrages, nous citerons :

A. — Tembâvani. Épopée de Joseph, époax de Marie. Édition tamoale, imprimcé à Pondichéry par les missionnaires, en 1851 ; in-12 (Gollect. Ariel, C 75).

B. — Grammaire tamoale. (Déjà citée, Toy. ci-dessus, p. 180.)

C. — J. M. J.-A. Grammar (in taniil), by the Révérend Falher C. J. Bescbi, Jesuit Missionary in thekingdom ofMadura. De l'imprimerie de C. Guerre; in-fol. min. (Collect. Ariel, A. 1.)

Cet ouvrage est entièrement imprimé en caractères tamouls.

D. — Fabula de ethniconim magistro, Paramartacuru dicto, a P. Josepho Gonsuntio Bescbio, S. J., tamulica lingua scripta et ab ipso auctore in latinam versa. Pudicherii, 18^5 ; in-12.

188 LÀ CIBLIOTUÈQUB TAMOULB

vénéré dans toute la presqu'île et digne de Testime des savants européens.

Pour renseignement de la langue télinga se trouve un recueil d'historiettes amusantes', accompagnées d'une traduction anglaise et d'une explication littérale de tous les mots renfermés dans chaque morceau. On me permettra de donner quelques spécimens de ces historiettes , qui rappellent un peu les contes et bons mots du poëte persan Râani.

Une personne qui souffrait du mal de dents alla un jour trouver un médecin pour lui demander quelque remède. Le médecin lui ayant demandé ce qu'il avait mangé : — Du pain brûlé, répondit-il. — Comme le docteur lui appliquait un remède sur les yeux , le malade lui demanda quel rapport il y avait entre un mal de dents et les yeux. — Vous avez avant tout besoin d'un remède pour les yeux, repartit le médecin, car si vous aviez bien vu, vous n'auriez pas mangé du pain brûlé.

Un roi vit en songe toutes ses dents tomber. Il questionna, en conséquence, un astrologue, qui lui dit : — « Tous vos enfants et tous vos parents mourront devant vos yeux. » — Le roi, irrité, Gt emprisonner l'astrologue, et en Ct venir un autre, à qui il demanda de nouveau Tcxplication de sou songe. — Il signifie, répondit le second astrologue, que Votre Majesté survivra à ses enfants et à tous ses parente. Le roi fut content de cette manière de parler^ et lui fit un présent.

Un personnage qui avait obtenu une promotion considéra-

< Pleasant stories, for the use of English and Teloogoo studeuts, by C. Hayagreva Sastree. Jfocfras^Yepery Mission Press, 1839; in-S''.

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ble, voyant un de ses amis qui venait le féliciter, lui dit : « Qui êtes-vous? et pourquoi êtes-vous venu? » — Celui-ci ^ étonné^ lui répondit : « Ne me connaissez* vous pas? Je suis votre vieil ami ; je vieus vous faire des compliments de condoléance, car j'ai appris que vous aviez perdu la vue. »

Un autre recueil de contes' traduits du tamoul et accompagné d'un vocabulaire peut également être employé pour se familiariser avec les textes en langue telougou.

Citons aussi, pour Tétude de la langue kondh, un volume composé par le capitaine Frye , de Tarmée de Madras, et dans lequel on trouve, outre Talphabet, des leçons de lecture progressive publiées en kondh et en anglais.

Enfin on trouvera dans la même série le poëme moral, religieux et satirique de Vémana*, accompagné d'une traduction anglaise de M. Brown , employé civil

« Select Tamil Taies with free translations in EngUsh and Teloogoo^ to which are added a Vocabulary (from good manuscripts), in Eoglish and Teloogoo, and a choice number of D' Marshman's Dialogues in English and Tamil. By W. M. Narrainsawmy . ifocfreu, American Mission Press, 1839 ; in -8*".

Ajoutons, comme renseignements de bibliographie indienne, les petits opuscules suivants, qui sontsans doute fort rares aujourd'hui ;

1. A primer, and progressive reading lessons, in tbe Kondh Language, with an Englisb translation, by captalo Frte. Cuttaek^ Orissa Mission Press, 1851 ; in-8S

2. Catechism in Nâga. Achyen Min nya*pra'n; by M. Brorson. Jaijmr, American Baptist Mission Press, 1839; in-24 de 15 pp.

' Vémana vadyamoulmi. Tbe verses of Yémana, moral, religious and satirical. Translated by Charles Philip Brown. if oc^ro^, 1829; in-8».

190 LA BIBUOTHÈQUE TAMOULE

de la ville de Madras. Cet ouvrage telougou, composé de sentences cadencées, ne manque pas d'un certain intérêt, et son style, très-coloré et souvent original, est parfois d'une certaine ampleur. Quelques vers pris au début et dans le cours de ce poème ne seront peut-être pas inutiles pour donner une idée de la composition de Vémana :

1. Le yogi' nommé Vémana a fait son apparition dans le monde. Prosterne-toi devant lui , ô homme vertueux ! Tandis que tu le salueras, il t'accordera la subsistance et la perfection. Écoute, ô Véma, cher au Seigneur de tous,

2. Quand je m'écrie : « Parle, ô Dieu! » pourquoi ne parlestu-pas? Oh ! parle-moi dans ta toute-puissance! Parle, ô Père, assurément je reconnaîtrai ta voix !

6. Tandis qu'il dirige sa vue vers toi^ ô Dieu ! il oublie sa personnalité. Tandis qu'il dirige sa vue vers sa personnalité, c'est toi qu'il oublie. Comment l'homme appïendra-t-il à se connaître et à te connaître?

18. La vérité et le mensonge, le Grand-Esprit seul les connaît : seule Teau connaît réellement les sinuosités du sol ; seule la mère connaît la source de la vie de son fils.

43. La lampe remplie d'huile flambe convenablement; la lumière privée d'huile expire. De même , lorsque le corps s'est anéanti, nos pensées s'éteignent avec lui.

Ce poëme est également d'un grand intérêt pour Tétude de la philosophie indienne , et les points principaux de la doctrine brahmanique y sont énoncés. On y trouve notamment ces passages sur Dieu et la fin de l'homme :

< Le mot yogi, qu'on explique d'ordinaire par « ermite », vient de youga « union », et désigne celui qui est uni à la divinité par le moyen de la méditation, appelée yôgam.

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