‹ Variétés orientales historiques, géographiques, scientifiquesChapitre 52 sur 86 · DE M. ARIEL, DE PONDICHÉRY · texte numérisé non relu

DE M. ARIEL, DE PONDICHÉRY

Alors Parvaly, sa femme, se leva, et, s'étant prosternée les mains jointes avec tout le respect qu^elle devait à son divin époux , lui demanda de lui expliquer ce que c'était que la Trinité; d'où provenait cette cause qui crée et qui détruit; comment avait été créé le Bramma, les trois mondes, ainsi que les quatorze mondes; comment s'étaient passés les siècles qui n'étaient plus; comment avait été créé le monde de Devindrin », et par qui les planètes, les éléments, et enOn ces êtres ou machines raisonnables existaient-ils? — Elle le pria instamment de lui expliquer toutes ces choses.

Alors le grand Chivin, regardant son épouse d'un air de contentement, et voulant la satisfaire, lui dit :

<c Écoutez, déesse, Texplication que vous me demandez, et ces mystères que je vais vous expliquer méritent tonte votre attention. Le grand Dieu qui gouverne tout ce que vous voyez est dix millions de fois plus éclatant par sa grandeur et sa puissance que le soleil et toutes les autres planètes ensemble. Il tient son existence de lui-même : il n'a jamais commencé , il ne cessera jamais ; son essence est toute divine, et il ne la tient que de lui. Cet être a produit trois sentiments : le pouvoir, la sagesse et la destruction et sa cause. De ces trois sentiments a été créé le Branima par le premier, qui est le pouvoir, ainsi que Sidrivi^ pour conserver les mondes. Le dieu Fichnou a été créé avec vous par le sentiment de sagesse. Enfln j'ai été créé avec Saravaty pour détruire entièrement le monde , lorsque les siècles auront existé la durée de temps prescrite par le grand Dieu. De cette manière , nous sommes devenus la cause et les maîtres de la création du monde, que nous avons jugé à propos de créer.

« Voulant donc créer un monde, nous formâmes une boule ronde, dont le diamètre était de 100,000,000 de lieues, et nous la plaçâmes sur elle-même , au milieu d un ciel aérien dont la

> En sanscrit : Dévéndra.

• Çridévi.

me flatte infiniment. Cette boule , suspendue sur son proinre équilibre, fait Tadmiration des habitants de ce séjour. De cette atmosphère sortit naturellement le vent , d'où le feu prit son existence. Le feu produisit Teau, et de celle-ci est provenue la terre. C'est ainsi que les cinq éléments ont pris leur origine.

« L'air a fourni un sens : celui qui frappe l'oreille. Le vent en a fourni deux : l'air et le toucher. Le feu en a produit trois : le son» le toucher et la ligure. L'eau en a produit quatre : le son, le toucher, la figure et le goût. Enfin la terre en a produit cinq: le son, le toucher, la figure, le goût et la production* C*est ainsi qu'à nous Trois nous avons possédé avec égalité le pouvoir de créer trois mondes, savoir : le paradis % la terre *, Tenfer ^; et voilà les Trois Mondes qui ont été créés dès le principe. Dans le paradis^ les Dieux font leur séjour étemel; les hommes habitent la terre, et les géants les régions infernales.

« Ensuite ont été créés les quatorze autres mondes, dont sept occupent la partie supérieure , savoir : Boullakom^ Bouverla^ konif Souverlakom^Mahalakom^ DJanalakom, Topaiakom et Satialakom 4; et sept, la partie inférieure, savoir : Attala^ Vu tala^ Souttala^ Rassaatala^ Tataatala^ Maya-atcUa^ Pattalum ^. De la sorte, ces quatorze mondes ont existé.

« Le grand Être a placé aux quatre coins de ces mondes les

' Souargam.

> MatMou(?).

^ Pathallum (le monde des ténèbres).

4 Ces mots, évidemment altérés, répondent au sanscrit Bhoùt' léka « le Monde terrestre », Bouvarlôka « le Monde de FaUnosphère » , Svarlôka «. le Monde céleste » , Mahdlâka « le grand Monde », Bjanaldka « le Monde des hommes », Tapaléka « le Monde de la pénitence », Satyalôha « le Monde de la vérité ».

^ Correctement Atala « sans fond » , Vitala « très-profond », Soutala « bien profond», Radjdtala « qui a un fond de poussière », Nitala « dont le fond est inconnu », Mahdtala « grande profondeur », Pdtdla « le lieu où Ton tombe » (dernier enfer, ha* bité par les serpents ou nagas).

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