LE TU&KESTAN ET LA TRAITE DES BLANCS
disposé à lui assigner le rang qu'elle occupe dans là géographie politique de l'Asie. Mais si, au contraire, reportant les yeux sur la carte, on examine le système de ses eaux et leur heureuse correspondance avec une sorte de mer ou de grand lac qui baigne l'intérieur du pays, on arrive facilement à conclure que là est la véritable clef de la Chine centrale et de llnde, et que la Russie, une fois maîtresse des déserts de la Tartarie indépendante, ne tardera pas à dicter des lois à toute l'Asie, depuis les terres polaires jusqu'à l'océan Indien.
Arrêtons-nous donc un instant sur la question hydrographique.
Au cœur des steppes du Turkestan, et entre le 43* et le 46* parallèle % se trouve un lac, qui par son étendue considérable a souvent été qualifié du nom de mer : c'est le lac d'Aral *. D forme une sorte de pendant à la mer Caspienne, tant par le goût saumàtre de ses eaux que par sa position continentale et isolée de toute communication avec les autres mers. Les Turkomans qui habitent l'isthme d'Oust-ourt, situé entre l'Aral et la Caspienne, prétendent qu'il y a des endroits dans les steppes où, en se couchant par terre et y appliquant l'oreille, on entend le bouillonnement d'un courant
' Entre le 43^' 42' 41" 2 et le 46"" 44' 42" 2 de latitude boréale, et entre le 68« 18' 47" 7 et le ei"" 46' 4" 48 de longitude orientale (méridien de M. Greenwich), suivant M. E. Lamanski.
» Les Kirghis le désignent dans leur langue par les mots Aral- Tenghiz, « la mer des îles ». La pointe méridionale forme à elle seule une sorte de lac marécageux appelé Laoudan,