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d'eau. Ils en concluent à une communication souterraine entre les deux mers. L'élévation du terrain dans ces parages rend toutefois assez improbable l'hypothèse de l'union primitive de l'Aral et de la Caspienne. Deux fleuves, les plus grands de l'Asie centrale, viennent y porter le tribut de leurs eaux. Le premier, que nous connaissons généralement sous le nom de laxartes, et que les indigènes appellent Sihoun ou Sir-déria, prend sa source sur le versant du Mingboulak-ta^ (le mont aux mille sources) et va se jeter au nord-est dans l'Aral, par plusieurs embouchures, après un cours de plus de 1,600 kilomètres. Le second, qu'on désigne, comme le précédent, par son ancien nom, l'Oxus, bien qu'on le nomme aujourd'hui Djéïhoun ou Amou-4éria, prend naissance dans le lac Sari-koul, et, après avoir parcouru environ 2,000 kilomètres, se partage en deux grands bras, pour aller se déverser à l'extrémité méridionale du lac d'Aral, *
Aujourd'hui, le lac d'Aral n'est plus autre chose, en réalité, qu'un lac russe. Le périple, déjà parcouru ea 174i, par Mouravine, en a de nouveau été entrepris, par ordre du gouvernement de Saint-Pétersbourg, peu de temps avant la dernière guerre de Crimée, sous la direction du capitaine de la marine impériale Botitakof, et la carte en a été dressée par des ingénieurs hydrographes attachés à l'expédition; de nombreux sondages ont en outre été effectués sur les bords des côtes. Une partie des résultats obtenus en cette occasion ont été consignés dans le bulletin de la Société de géographie de Londres.
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Le capitaine Boatakof ', qui a reOKmté assez haut le cours des deux grands fleuves dont nous venons de parler, les a trouvés presque partout navigables, même pour des embarcations de fort tonnage. Seul l'Oxus lui a paru réclamer quelques travaux de déblayement, du côté du delta qui en forme Tembouchure. Les eaux, au moment de se décharger dans TAral, se séparent et forment plusieurs embranchements, dont Tabord, pour être sans danger, demanderait à être dégagé par le génie maritime^ Cette considération détermina le capitaine JBoutakof à choisir de préférence les bouches du bucartes pour y établir une colonie russe, et cela d'autant plus que les difficultés politiques, presque nulles du côté de ce dernier fleuve, pouvaient n'être pas aussi commodes à lever du côté de TOxus. Déjà l'établissement russe des bords du laxartes compte plusieurs centaines de maiscms bâties par les colons militaires, et une petite flottille, composée de bâtiments construits dans les chantiers de l'Oural, avec des pièces envoyées d'Orembourg à dos de chameau, stationne dans les environs. Les embarcations russes, chargées de marchandises ou
I G*€tait le capitaine Boatakof, aujourd'hui contre-amind, qui commaDdait le Wladimir, Vun des plus beaux bâtiments de la marine impériale, lors de la dernière guerre de Crimée. Quelques semaines après la déclaration de blocus de tous les ports de cette presqu'île par les alliés, la Société de Géographie de Londres reçut la description détaillée du péri^ de la mer d'Aral. Si la complication de la politique européenne n'avait pas absorbé alors tous les esprits en Angleterre, cette communication inattendue aurait fortement préoccupe l'attention du cabinet de Saint-James, qui ne pouvait en méconnftftre la natare et la portée.
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de voyageurs, ont entrepris plusieurs fois de remonter le cours du fleuve et sont parvenues, sans embarras sérieux, jusque dans la région de Rhôkan. Par ce seul fait, la plus grande partie du territoire baigné par le Sir-déria se trouve annexée aux nouvelles provinces tartares de la Sibérie.
Si la domination russe ne s'étend pas sur l'Oxus aux mêmes titres que sur le laxartes, il n'en est cependant pas moins vrai qu'elle pèse déjà d'une manière manifeste sur les tribus riveraines de ce fleuve. Un jour ou l'autre, la Russie s'emparera, par la force de ses armes, des khanats de Khiva et de Boukhàra, au milieu desquels passe l'Oxus, pour se rendre à la mer. Déjà, à une époque encore toute récente, il a été sérieusement question d'une alliance offensive entre la Russie et la Perse, à l'effet de détruire le brigandage des Turkomans et d'anéantir, par la prise de Khiva, la traite des hommes, que les Turkomans poursuivent avec une si infernale activité dans tout le nord du Khorasan. Des difficultés géographiques sérieuses s'opposant à ce que les Russes attaquassent les Rhiviens par le nord, le projet consistait à envoyer par la Caspienne des troupes régulières dans la province de Mazendéram, où elles se seraient réunies à l'armée persane, pour marcher contre les Turkomans.
Une fois établis à Khiva, — et ils s'y établiront au premier jour, — les Russes, maîtres de la plus grande partie du Turkestan, trouveront la route ouverte jusqu'à l'Himalaya. En effet, l'Oxus, que l'infortuné voyageur anglais Âlexander Burnes a trouvé navigable à la hau-
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leur de Boukhâra, peut fournir, non-seulement une excellente voie de communication entre TAral et Bamian, Koundouz ou toute autre localité du nord de rinde; mais encore à relier entre elles les villes capitales de Rhiva, de Boukhâra et de Balkh.
Le peu de détails qui précèdent suffisent, il nous semble, pour montrer les motifs qui ont porté les derniers tzars à tourner leur attention du côté de la petite mer d'Aral, et pourquoi ils ont attaché tant d'importance à la possession d'un lac perdu au milieu d'immenses déserts et presque oublié dans nos géographies.
Cinq États principaux composent ce que nous avons désigné sous le nom de Turkestan. On les distingue communément sous les noms suivants : i® les Kirghiz- Kaïzaks, au nord de la Sibérie occidentale; ^''le khanat de Rhiva, au nord de la province persane du Rhorassan; 3« le khanat de Boukhâra, à l'est du précédent et au nord de Hérat; A"* le khanat de Roundouz; et 5"* le khanat de Khôkand, à Test.
Le pays des Rirghis-Raïzaks domine tous ces États vers le nord, et s'étend sur une superficie de douze cent mille kilomètres carrés. Le nombre de ses habitants dépasse le chiffre de deux millions. Ils sont répartis en trois hordes ou djouz.
Tout le territoire des Rirghis-Raïzaks est couvert de forteresses russes et placé sous l'autorité du Tzar. C'est à peine s'il reste parmi ces nomades le souvenir de leur ancienne dépendance de la Chine. A l'époque où écrivait Levchine, c'est-à-dire en 1832, la grande horde envoyait encore en Chine le tribut appelé yasak^ qui se