‹ Variétés orientales historiques, géographiques, scientifiquesChapitre 63 sur 86 · UN LITRS D*ABD-E1>KADER · texte numérisé non relu

UN LITRS D*ABD-E1>KADER

phète de l'islam, dans Abd-el-Kader, fils deMah'i-ed- Din, rien de moins qu'un rationaliste, un libre penseur! Cette opinion préconçue du caractère de Témir, à la lecture des premières pages de son livre ne tarde point à se dissiper, et Ton s'aperçoit bientôt qu'un combat s'engage dans cette intelligence si heureusement douée de pressentiments profonds, d'aperçus ingénieux et variés, Abd-el-Rader a vécu au désert ; il y a formé son esprit et son cœur, U a contemplé une nature sévère et imposante. Le jour, il a porté sa vue sur un horizon sans bornes ; la nuit, il a plongé ses regards sur la voûte étoilée , cherchant à en sonder les insondables profon» deurs. Son âme s'est émue à ce grand spectacle de la nature, où l'homme se trouve abandonné à ses seuls pensers en présence de la création^ t^ Abd-el-Kader, aujourd'hui philosophe, était hier poëte. Il était poëte, non comme le furent ces chantres de la Grèce ou de Rome, ces madhoukas de l'Inde brahmanique qui vivifiaient et matérialisaient toutes leurs sensations; ces poë» tes épiques qui créaient à Tenvi des myriades de petits dieux pour peupler leur Olympe et faire scintiller leurs vers d'un éclat emprunté ; mais poëte à la manière de Job, de David ou de Salomon, le cœur palpitant sur la grande scène de la nature , de ce ferme sentiment dq monothéisme qui caractérise les vrais Sémites, et qui a imprimé sur toute leur race , comme un sceau éternel et ineffaçable, l'idée seule admissible d'un Dieu unique, sans enfants, sans égal, sans associé, mais, en revanche, du Dieu qui a dit : Que la lumière soit ! et la lumière fut, — du Dieu qui est Celui qui Est.

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