‹ Variétés orientales historiques, géographiques, scientifiquesChapitre 65 sur 86 · UN LIVRE D'ABD-EL-KAD£R · texte numérisé non relu

UN LIVRE D'ABD-EL-KAD£R

venir, tous les progrès essentiellement matériels de notre époque.

L^avenir est donc dans la communion des différentes races d*hommes, et dans le perfectionnement de la condition de tous par tous. Cette pensée, partagée par les Orientaux eux-mêmes , a été récemment exprimée par un musulman instruit et éclairé dans les termes suivants : « Que le réseau d'or des sympathies internationales relie une bonne fois les peuples de TOrient aux peuples de TOccident ! La force des circonstances semble avoir déjà rapproché ce moment où les savants de l'Europe chrétienne, par reconnaissance pour la lumière qui leur est venue de l'Orient, devront s'acquitter d'une dette sacrée, en contribuant au perfectionnement de l'éducation des Orientaux. Les uns et les autres, nous avons bien mérité de l'humanité. Si, d'un côté, Dieu a permis à l'Europe d'atteindre les dernières limites de l'intelligence humaine; d'un autre côté, en Asie, la raison humaine ne s'est jamais révoltée contre Dieu. De toutes nos grandeurs antiques, c'est la seule qui nous soit restée intacte. La persévérance et l'énergie que les Orientaux mettent à cultiver cette vertu peuvent donner la mesure de ce dont l'Orient sera capable, lorsque les savants et les intelligences de l'Europe chrétienne nous auront ouvert leurs trésors scientifiques * . »

Nous n'en doutons pas, le niveau entre la fam^ille eu-

^ Lettre de Ferroukh-khan, ambassadeur de Perse à Paris, à la Société orientale, le 28 mars 1857. {Remie de VOrient, \. Y, p. 3ao.>

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ropéenne et la famille sémitique s'établira un jour. Mais, dans les circonstances actuelles, on ne peut prévoir un pareil résultat qu'à la condition d'un mélange complet de ces deux familles; car il est aujourd'hui suffisamment démontré que chaque race, en particulier, ne peut guère sortir de l'orbite toute spéciale de sa civilisation sans la coopération d'une autre "race également assujettie aux mêmes conditions. Sans le commerce intime, sans une alliance étroite et durable entre les Européens et les Arabes, ces derniers resteront perpétuellement nomades et incivilisables. La lecture du livre d'Abd-el-Kader en est la preuve. L'expérience des affaires, la résidence de nos villes, le contact de nos habitants, toutes ces circonstances et d'autres encore, qui eussent dû changer sa manière de voir, ont à peine modifié son esprit. Il y a vingt ans, il eût raisonné comme il raisonne aujourd'hui ; le style seul de son livre ne se fût point alors ressenti, comme à présent, de la brume de nos climats.

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