KANG-HI, EMPEREUR MANDCHOU
quelles les plaintes , plusieurs fois réitérées , des membres européens du tribunal des mathématiques ne purent rien obtenir (1722).
L'empire jouissait alors d'une paix profonde : Rang-* hi résolut de se rendre en Tartarie, afin d'y passer une partie de la belle saison. Gomme il se disposait à retourner à la capitale, il voulut terminer son voyage par une partie de chasse dans les environs de Pé-king. Il y gagna une pleurésie, par suite de l'action d'un violent vent du nord. Voyant qu'aucun remède ne pouvait le guérir , et sentant sa mort prochaine , il écrivit son testament, dans lequel il désigna pour son successeur le quatrième de ses fils , qui régna sous le titre de Youngtching. Le 20 décembre 1722, vers huit heures du soir, il rendit le dernier soupir.
Rang-hi fut un des plus grands princes qui gouvernèrent la Chine. Il étendit considérablement l'empire de la dynastie mandchoue du côté de l'ouest, et fit respecter par toute l'Asie la puissance de ses armes. Il fut également protecteur des lettres, et eut le mérite rare, en Chine surtout, de comprendre la valeur des sciences européennes, qu'il chercha à répandre parmi ses sujets. Ce fut par un ordre de Rang-hi, eti date de 1708, que les pères Bouvet, Jartoux et Régis entreprirent de relever, d'après les méthodes européennes , la carte de diverses parties de la Chine, travail qui fut ultérieurement poursuivi, dans d'autres provinces de l'empire, par plusieurs jésuites adjoints à ceux que nous venons de citer. L'industrie reçut également une impulsion jusqu'alors inconnue. Rang-hi fonda une nou-
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velle bibliothèque, appelée Youên-Kièn (le Miroir des Sources), et renfermant tout ce qu'il avait été possible ^ de se procurer d'ouvrages remarquables sur l'histoire, les sciences et la littérature chinoises ; il nomma en outre un comité chargé de traduire en mandchou les livres les plus intéressants de cette précieuse et riche collection. *
Le cadre de cette notice ne nous permet pas de donner la liste de toutes les innovations importantes que la Chine doit à ce monarque éclairé; mais nous ne pouvons nous dispenser de citer quelques-uns des ouvrages rédigés par lui ou publiés avec son concours et sous sa direction. De ce nombre sont les suivants :
1. Ching-yu Koimng-yun (Développement du saint Édit) , comprenant seize maximes composées par l'empereur Rang-hi, vers la fin de la vie de ce prince (entre 1730 et 1735). L'ouvrage forme généralement en chinois quatre volumes in-8» et est accompagné de plusieurs préfaces , dont une de l'empereur Young- Tching.
2. La traduction mandchoue en a été publiée à Péking, par ordre impérial, sous le titre de : Endouringge tatsigiycn neïleme badaramboukka biikhe\