‹ Variétés orientales historiques, géographiques, scientifiquesChapitre 74 sur 86 · EIEN-LOUNG, EMPEREUR MANDCHOU · texte numérisé non relu

EIEN-LOUNG, EMPEREUR MANDCHOU

dans les gorges de leurs montagnes, furent battus et laissèrent les Chinois maîtres du Petit-Ruisseau-d'Or (Siao-Mn-tchouen). Quelques jours après, le général Akoui marcha contre le Grand-Ruisseau-d'Or [Taî-kintchouen) , qui lui opposait d'autant plus de résistance que les Miao-tsze vaincus s*y étaient réfugiés. Après une lutte longue et périlleuse, dans laquelle plusieurs grands officiers perdirent la vie, Akoui se rendit maître du Grand-Ruisseau-d'Or, d'où il envoya un exprès à la cour afin de prévenir l'empereur de l'heureuse issue de la campagne. Rien-loung, en récompense de ces services, lui conféra la plume de paon à deux yeux, le bouton de rubis, le manteau à quatre dragons d'or et le titre de koung (comte de l'empire). Des faveurs du même genre furent accordées aux autres généraux qui s'étaient distingués dans cette affaire; enfin, on décerna les honneurs du triomphe à Akoui , que l'empereur voulut aller recevoir en personne. Quelques jours après , on procédait solennellement à l'exécution des princes et soldats miao-tsze qui avaient été faits prisonniers. Plusieurs d'entre eux furent coupés en morceaux et leurs têtes suspendues dans des cages de fer [avec les noms et les titres qu'ils portaient lors de leur capture.

Rien-loung voulut signaler les dernières années de sa vie par des actes de sagesse et par la plus scrupuleuse pratique des rites. Afin de mieux vaquer aux affaires de son empire , il lui arrivait souvent de se lever au milieu de la nuit, en plein hiver, pour tenir conseil avec ses ministres. « Les missionnaires et les ambassâ-

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deurs européens, dit Abel Rémusat ', qui ont eu quelquefois de ces audiences matinales, ne concevaient pas comment un prince âgé et infirme pouvait en soutenir la fatigue; mais les exercices tartares et les chasses l'y avaient endurci. »

Rien-loung avait souvent exprimé le désir de régner aussi longtemps que son aïeul Kang-hi, et il avait promis de se démettre du trône le jour où il serait parvenu à ce terme. Ce vœu ayant été exaucé , le premier jour de Tannée ping-ching, il annonça publiquement son abdication en faveur de son fils , qui régna à partir de cette époque, sous le titre de Kia-king. Le 7 février 1799, Rien-loung mourut, âgé de quatre-vingt-sept ans, et peu après il reçut le titre posthume de KathUoung Chnn Hoang-ii.

Après Tempereur Rang-hi, son aïeul, Rien-loung est de tous les souverains de la Chine le plus connu en Europe. Il fut le protecteur des lettres^ qu'il cultiw lui-même avec succès. Le plus célèbre des ouvrages de ce prince est intitulé en mandchou : Khan-i arak^ Moukden-i foutchouroun bitkhe , et en chinois, Yurifihi Ching-king-fou, 11 a été traduit en français par le P. Amiot, et publié par de Guignes*. C'est à propos de ce poëme que Voltaire composa une épître à l'cni-

< Nouveaux Mélanges asiatiques, t. II.

> Voici le titre de cette traduction :

Éloge de la ville de Moukden et des ses eeviroBs , traduit en français par le P. Amiot, etpublié par de Guignes. Paris, 1770, in-8^

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