‹ Variétés orientales historiques, géographiques, scientifiquesChapitre 75 sur 86 · KIEN-LOUNG, EMPEREUR AIANDCUOU · texte numérisé non relu

KIEN-LOUNG, EMPEREUR AIANDCUOU

pereur Khien-loung, épître qui commence par ces vers :

Reçois mes compliments, charmant roi de la Chine; Ton trône est donc placé sur la double colline ! On sait^ dans TOccident, que, malgré mes travers, J'ai toujours fort aimé les rois qui font des vers. O toi que sur le trône un feu céleste enflamme... Dis-moi si ce grand art dont nous sommes épris Est aussi difficile à Péking qu'à Paris.

Voltaire parle encore de Kien-loung dans plusieurs de ses œuvres, notamment dans une lettre sur ce prince qu'il adressa à un de ses contemporains les plus mal renseignés sur la Chine , M. de Pauw.

Outre réloge de Moukden , on cite encore de Kienloung une pièce de vers Sur le Thé; — une autre Sur la Soumission des Miao-tsze; un écrit Sur la conquête du pays des Œleutes ' ; un Abrégé de r histoire des Min g, intitulé YU'tchi Kang-kien^ etc.

Le recueil complet des poésies de Rien-loung a été publié à Pé-king, en 24 volumes in-32.

Enfin il faut mentionner le Khan-i arakha nonggime toktoboukha mandchou gisoun-i boulekou bitkhe, ou Miroir de la langue mandchoue, reyu et augmenté par Tempereur, en 6 vol. gr. in-8» (!'• éd., Pé-king, 1708; 2« édit. mandchoue-chinoise, 1772). C'est un grand et magnifique dictionnaire mandchou, divisé par ordre de matières et enrichi de suppléments contenant un grand nombre de mot^ inventés par Rien-loung pour faciliter la

■ Il existe une traduction de ces trois écrits par le père Amiot.

28i KIEN-LOUIIG, EMPEREUR MANDCHOU.

traduction des livres chinois dans sa langue maternelle, et qu'il s'efforça toute sa vie de maintenir au niveau de la langue essentiellement littéraire de la Chine '.

' On a fait usage ponr la composition de celte notice des ouvrages suivants : Ping-tlng Itang-kin-ichouen fang-lioh (Histoire de la conquête des deux Ruisseauind^Or, du pays des Miao-tsze); 177&. — Ping-Vmg kln-icMùuen fàn-Uoh (Abrégé historique de la conquête du Huisseau-d*Or) (de la soumission des Miao-tsze). — /^n^ Miao-ki'lioh (Abrégé bistorique de la pacification des Miaotsze); 1797. — Mémoires toncemant les Chinois, par ItîS missionnaires de Péking, 1. 1. UI, VL VIII, IX, X, in 4*. — Nouveaux Méimp asiatiques, par Abel Rémusat, t. II. — Voltaire, Épitre à rmpereur de la Chine; Lettres à M, de Pauw sur l'empereur fialoung, etc. — Verzeichniss der chinesischen und mandschuischa Bûcher (von Berlin), par J. Klaproth.

assimilé d'une édition manàckoue de l-Eloje de M)ukden,par Ken-bun^

[BAPPORT A SON EXCELLENCE LE MINISTRE D*£TAT SUR UNE MISSION SCIENTI- FIQUE EN ANGLETERRE, DANS L'INTÉRÊT DES ÉTUDES JAPONAISES, ET POUR LA PUBLICATION D'UN DICTIONNAIRE JAP0NAIS-FRANÇAIS-AN6LAIS '.]

Monsieur le Ministre ,

Par arrêté du 6 septembre 1858, M. le Ministre de rinstruction publique a bien voulu me charger d'une mission scientifique ayant pour but de rechercher en Angleterre les documents japonais susceptibles de nous fournir des renseignements nouveaux sur TArchipel du Japon, et principalement ceux qui étaient de nature à contribuer à la rédaction d'un Dictionnaire japonaisfrançais-anglais, d'après les sources originales.

Je me suis empressé de me rendre à son honorable invitation, et, à deux reprises différentes, j'ai compulsé, avec tout le soin nécessaire , les documents importants qui étaient de nature à m'éclairer, et que renfermaient, à Londres, les dépôts du British Muséum, de l'Asiatic Society, del'East-India-Gompany'sHouse, duRing's Collège, et à Oxford, la célèbre Bibliothèque Bodleienne.

» Imprimé avec autorisai ion de S. Exe. le Ministre d'État.

â86 LES DOCUMENTS JAPONAIS

Depuis mon retour en France , je me suis occupé à mettre en ordre les nombreux matériaux que j'ai recueillis. Aujourd'hui que ce travail touche à sa fin, je vais essayer de vous faire connaître brièvement quelles sont les sources auxquelles j'ai pu recourir, et quels sont en résumé les résultats de la mission qui m'a été confiée.

Les Dictionnaires japonais , publiés au Japon , sont ordinairement bilingues, c'est-à-dire japonais-chinois. Ceux que j'ai eus entre les mains, au Musée britannique, sont de ce genre. Disposés suivant l'ordre du syllabaire japonais ou i-ro-fa, ils sont destinés avant tout à rappeler aux insulaires les signes de l'écriture idéographique de la Chine qui répondent aux mots de leur langue. Le chinois écrit jouant un rôle considérable dans la littérature du Japon, on comprend combien il est utile aux écrivains indigènes de trouver dans leurs lexiques les équivalents des mots et des locutions des deux langues; et cela, d'autant plus qu'un lettré habile doit savoir employer à propos ime foule d'expressions qui, dans les livres du Céleste-Empire, ont acquis une notoriété historique.

Dans toutes les contrées, en effet, il est une certaine érudition littéraire qui fournit à l'écrivain les moyens de faire valoir, en termes heureux , son talent et ses connaissances. Au Japon, comme en Chine, cette érudition est peut-être plus indispensable que partout ailleurs, et nulle part elle n'est autant appréciée. L'histoire du Japon , remontant à 2,400 ans au moins derrière nous , et celle de la Chine à plus de 2,600 ans avant notre ère , il est évident que , dans ces contrées ,

DES BIBLIOTHÈQUES DE LONDRES ET d'OXFORD. 287

l*érudition locale est extrêmement étendue et que peu de mémoires suffisent pour en contenir les données importantes. C'est là ce qui a motivé la rédaction de vastes lexiques dans lesquels on a condensé le matériel immense de l'érudition sinico-japonaise.

De la sorte , les dictionnaires japonais-chinois renferment non-seulement les locutions habituelles du langage, mais encore des notices historiques sur les hommes et sur les choses. On y trouve, très-brièvement il est vrai, les biographies des personnages qui ont joué un rôle mémorable en Chine et au Japon, tant dans la vie séculière que dans la vie religieuse. Les édifices du culte, les pagodes, les couvents célèbres, y sont Tobjet de mentions particulières, et il n'y a pas jusqu'aux principaux monuments littéraires à qui on n'ait accordé une notice dans ces lexiques.

Je ne doute pas qu'il n'existe au Japon, comme en Chine , des ouvrages spécialement consacrés à la biographie des indigènes; mais jusqu'à présent je n'en ai pas découvert. De tels ouvrages eussent eu d'autant plus d'intérêt que, pour nous guider dans l'étude de la littérature japonaise , il ne serait pas inutile de connaître d'abord les noms et l'histoire de la vie des auteurs les plus célèbres dans chaque genre. Un ouvrage cependant, que j'ai rencontré au Musée britannique, et qui porte le ti(tre de Ft/ak-nin its-zyou'y littéralement :

> Le titre de ce livre, bien qu'en caractères chinois, a été in^ terprélé d'une manière singulière dans un catalogue manuscrit par Overmeer Fischer et H. Medhurst. Au lieu de « Pièces de ver»

«[Ouvrage renfermant] une pièce de vers des cent poètes », nous fournit une précieuse nomenclature des favoris du Parnasse japonais. J*ai relevé la liste complète de ces noms écrits en caractères extrêmement cursifs, aûn de les intercaler au besoin dans mon dictionnaire. Quant aux pièces de poésies que renferme le volume en question, elles se composent ordinairement d'une ou de deux sentences qui ressemblent assez à un quatrain ou à une autre petite pièce du même ordre. Le genre descriptif y domine; mais ce genre, loin d'exclure les pensées ingénieuses et profondes, met en relief celles qui peuvent saisir l'imagination à la vue de la grande nature. La plupart de ces pièces respirent une sorte d'insouciance et de mélancolie qui, autant que j'en puis juger jusqu'à présent , doit être un des caractères particuliers de la poésie japonaise. Une autre observation mérite d'être consignée. Le volume intitulé Fyak-nin its-zyou est imprimé en signes idéographiques extrêmement cursifs, mêlés de syllabes fira-kana, suivant le mode que j'ai expliqué ailleurs, et désigné sous le nom de u sinico-japonais.n A part l'intérêt résultant du choix des pensées et des expressions, le lecteur indigène cherche encore dans les recueils de poésies une qualité dont on ferait peu de cas chez nous, mais qui,

des cent poètes du Japon »>, ce titre a été traduit par : « Une tête pour cent hommes (one head for a hundred men), a book for instruction (!) » Il n*a pas été mieux compris par ceux qui oot inscrit , avec l'aide d'un indigène , la traduction suivante sur l'exemplaire du Musée britannique : « Book of ancient dresses (Livre de vieux habits !); examined by Mr Bewan and A. ToDgCl)»»

Tlétés orientales PI Vl.

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