‹ Variétés orientales historiques, géographiques, scientifiquesChapitre 76 sur 86 · CONSONNE AVEC VOYELLE · texte numérisé non relu

CONSONNE AVEC VOYELLE

kora. .karai. kérè. kourou. kiri. Icara.

soro. sarai. sève. sourou. sira. sara.

sfiiwa.

"^^^^ ^«^° i^*»"*^ rama. youmou. yama/

tinî. tana. kana. rama. youmou. yama?

aromiah. arotcliâ. arotcKa. arocha. arokiva. mana. Syllabes groupées SPÉCIMEN DE L'ÉCRITURE INDIENNE

usitée au Japon .

DES BIBLIOTHÈQUES DE LONDRES ET d'OXFORD. 289

au Japon, est prisée à un haut degré : je veux parler de la calligraphie. Le recueil des cent poètes présente, en effet, les plus beaux modèles d'écriture que je connaisse. J'en ai calqué plusieurs pages , qui pourront au besoin donner une idée de Toriginal.

Mais revenons aux dictionnaires japonais.

A part la valeur historique qu'ont les grands glossaires dont nous venons de parler, ils présentent un intérêt inappréciable pour la philologie. Toutefois, avant de les considérer sous ce nouveau point de vue, il me paraît nécessaire de dire quelques mots de la langue japonaise et de ses affinités avec les idiomes parlés par les nations voisines du Nippon.

La langue japonaise, que des linguistes allemands, pour plus de commodité, ont classée parmi les isolirenden Sprachen^ constitue, avec le loutchouan, une famille linguistique absolument étrangère quant au fond à la famille chinoise. C'est ainsi que les radicaux des deux langues n'offrent entre eux que de très-rares ressemblances, et que la construction grammaticale est habituellement inverse.

n y a quelques années , à l'époque oh la philologie orientale se bornait à la comparaison des mots , quelques savants, sous prétexte de découvrir les affinités de leurs racines avec celles de diverses langues du globe, Rlaproth entre autres, essayèrent de trouver des rapports entre les mots japonais et ceux de plusieurs idiomes des deux mondes. Un très-petit nombre de ces rapprochements présenterait à la rigueur quelques ressemblances. On pourrait ainsi identifier, jusqu'à un certain point, les mots suivants :

TARl£T£S ORIENTALES. 19

JAPOIIAIS: «

Kouro

« noir »

Ko

n HU »

NaU9U

« élé»

Siro

« blanc »

Onago

femme

Falsi * abeille »

Youkou " a^ler, promener

j^l « arbre »

OutsoukausHU « beau , joli »

OAou ** beaucoup »

5i^o « blanc »

Mougi Yoi. yokl

« blé »

« bon »

No

Ké

Inou fro

N ehamp »

H chant »

M cheveu »

« chien »

M couleur »

S^zouk-^ Ko

« doux »

« enfant, fils »

Fosi, hosï

« étoile »

Jké

« lac, étang »

Té

main »

Asa

« matin >►

Daké

« montagne »

Fana, hatia

« nez >*

Kawa

i\ peau »

Toki

« temps «

Founé

« vaisseau »

Kotoha

« parole »,

cour ABAISOVS :

item (en turc).

ko (en tchérémissc).

ko (en mongol).

iui50tt (en mongol).

sir (en iamoiède).

jtri (en kamtchakdal).

f&umagnago (« mère », en nw*

riannais).

wa/ii (en siryèn).

» yaboukou (en mongol), iti (en karaavasse).

ouêchoukotOeng (en mongel)* <$ia (en samoîède)* sira (en koîbale).

5iro « jaune » (en mongol), fro^oiiat (en mongol), yo (en madjiar).

eyou,y€g(en turc), nour (en tchérémissc).

outchoun (en mandcboo).

itei (en samoîède).

pinou (en swomi).

^cAIra (en mandchou).

tsir (en mongol).

sycBskid (en sîryèn).

0^0 (en yakout).

o^ott^en ouîgour).

oglou (en turc), ousika (en mandchou).

crAc (en swomi).

tenka (en aSno)

tkré (en samoîède).

oii (en siryèn).

dag (en turc).

naTia (en esthonien).

kabou (en aïno).

kaïvachta (en samoîède).

^i^ran (en yakoul).

fenhé (en swomi).

2123 « écrire, de.cription * ' (en hébreu) (!)

On aurait tort, cependant, de tirer de trop grandes conséquences de ces ressemblances. Les idiomes des familles les plus éloignées offrent des rapprochements de ce genre, quand on compare d'un bout à Tautre leur vocabulaire : on ne saurait néanmoins en conclure que ces langues ont puisé leurs mots à une source commune. Le hasard a bien pu donner à certaines racines monosyllal)iques semblables le même sens dans deux langues ou familles de langues distinctes. LV bîme qui, aux yeux de Guillaume de Humboldt, sépare la famille indo-européenne de la famille sémitique, n'empêche pas qu'il ne se rencontre certaines coïncidences frappantes entre les radicaux de Tune et de l'autre. L'onomatopée pourrait souvent aussi expliquer les rapports des mots empruntés à des peuples éloignés et sans parenté appréciable.

La nature grammaticale d'une langue, au contraire, présente des garanties généralement assez sûres au philologue qui cherche à grouper les éléments épars de sa science. «On citerait beaucoup de langues qui « ont renouvelé leur vocabulaire , dit M. Renan , mais «bien peu de langues qui aient corrigé leur gram- « maire. » Dans les idiomes désignés sous le nom collectif de tartares ou de touraniens , les vocabulaires ne présentent, pour la plupart, qu'un nombre fort restreint d'affinités, tandis que la grammaire se signale toujours et partout par des procédés identiques de syntaxe ou de phraséologie.

Ceci admis, avec Abel Rémusat, le japonais, isolé par Klaproth de toutes les familles linguistiques, vient

prendre place parmi les langues tartares , à côté du mandchou, du mongol, du tibétain. Par sa construction phraséologique rigoureusement inverse, il se distingue du chinois et s'allie intimement aux langues que je viens de citer. Il s'unit également à celles-ci par l'emploi des postpositions comme seuls agents de la déclinaison ; par la place qu'occupe invariablement le qualificatif avant l'objet qualifié , le génitif avant le nominatif, le régime avant le verbe. La formation des comparatifs par la seule addition d'une particule ablative ayant le sens du latin nexn ou de l'anglais o/h>m» à l'objet comparé, sans que l'adjectif, porté à un degré supérieur, modifie en quoi que ce soit sa forme primitive; l'intercalation de la négation entre la racine verbale et la désinence de la conjugaison, — ou autrement dit l'existence d'une conjugaison pour le négitiî, s'adjoignant à des radicaux dès lors invariables;— la construction du verbe enfin, à l'aide d'un auxiliaire unique joint à toutes les racines de la langue susceptibles de prendre une acception verbale : tels sont les points de contact les plus saillants qui donnent, âmes yeux, à la langue japonaise des titres incontestables de parenté avec la famille tartare.

On ne saurait cependant placer le japonais aussi près d'aucune langue tartare que le sont vis-à-vis l'un de l'autre le mandchou et le mongol, par exemple, malgré leurs différences. La langue ancienne respire une gW' cieuse simplicité, et, si l'on voulait me permettre cette expression, une sorte de fraîcheur qui semble éternellement refusée aux idiomes touraniens de l'Asie cen-

traie. Ces caractères, il est bon de l'ajouter, paraissent d'autant plus frappants qu'on se reporte à une époque plus reculée. Le phonétisme de la langue yamato, en* outre, diffère assez sensiblement du phonétisme tartare. Les agrégations de consonnes y sont extrêmement rares, et la seule consonne finale des syllabes et des mots est une sorte d'n nasal qui a dû se prononcer distinctement ng dans l'antiquité. Le k, le t, et quelques autres consonnes que l'on rencontre à la fin des syllabes dans les transcriptions latines de mots japonais, sont toujours accompagnés d'un son ou bref, dont il est nécessaire de tenir compte ; et ce serait à tort que l'on prétendrait que les Japonais ont écrit nakou, tatsoUy tsoukourou, parce que l'écriture syllabique ne permettait pas d'écrire nak, tat, tsoukr, la désinence de ces mots renfermant un ou bref d'une valeur incontestable en certains endroits. Les consonnes aspirées manquent absolument, et Vh ne s'y rencontre que dans certaines provinces où il se confond avec Vf, comme dans le mot castillan hermoso. Les chuintantes ch et tch ne se remarquent que dans quelques parties du Japon, et jusqu'à présent il reste des doutes sur leur archaïsme. Enfin la présence de plusieurs voyelles* consécutives est très-rare, leur rapprochement ne pouvant se produire' d'ordinaire qu'en intercalant entre elles une voyelle transformée en consonne, w pour ou, y pour t.

Plusieurs époques successives de développement se distinguent dans l'histoire de la philologie japonaise. La première époque est celle de la langue de yamato ou yamato kotoba. Cet antique idiome, pur de tout mé-

204 LB8 DOCUMINTS JAPOKAIS

lange étranger, se signale surtout par l'absence des labiales, par la stabilité des voyelles, par l'emploi ri« goqreuz des terminaisons grammaticales, et par l'usage de nombreuses particules destinées à se joindre aux différents mots de la grammaire pour en fortifier, pour en préciser la valeur, et souvent aussi pour ajouter à rbarmonie des phrases. La célèbre anthologie intitulée Man-yô-iicû «Recueil des dix-mille feuilles» est rédigée dans ce style. Je n'ai pu trouver nulle part ce précieux ouvrage; mais, par des citations que j'en ai rencontrées , il m'a été possible de recueillir quelques faits curieux sur la langue de yamato , et surtout un assez grand nombre de mots archaïques dont j'ai enrichi mon dictionnaire.

La seconde époque se signale par l'introduction de mots chinois dans la langue japonaise, où ils pénétrèrent en foule avec la doctrine de Confucius et les écrits de son École. Dès lors, la langue japonaise perd son antique simplicité, son phonétisme brillant et sonore, pour s'enrichir, il est vrai, d'un courant considérable d'idées nouvelles.

La troisième époque date de la seconde moitié du sixième siècle , c'est-à-dire des prédications du bouddhisme au Japon. Avec la foi de Çakya-mouni, les bonzes répandirent des mots indiens qui se conservèrent jusqu'à nos jours parmi le peuple , et surtout dans les couvents et les pagodes. Une écriture dérivée du dévafiégarij et ressemblant assez au caractère landza^ tendit à se propager en même temps au Japon , mais son usage ne parait pas s'être étendu au-delà de quelques livres religieux.

DES BIBLIOTHÈQUES DE LONDRES Ef D'OXFORD. 395

Enfin ies Européens^ et surtout les Hollandais, par leurs rapports commerciaux avec les habitants de Naga-saki , ont contribué â ajouter à la langue japonaise un troisième élément étranger. Quelques mats , tels que tabakOy kapitan^ etc., trahissent au premier coup d'oeil leur origine occidentale.

Telle qu'on la parle aujourd'hui, la langue japonaise est un composé de mots indigènes et d'une quantité innombrable de mots, de locutions et d'idiotismes chinois. La littérature elle-même a été envahie par l'élément étranger; et, à part quelques drames ou poésies rédigés dans la langue antique de yamato, il y a bien peu de livres japonais où les expressions et Ifis caractères idéographiques de la Chiné ne soient répandus en profusion. De là vient que l'intelligence des monuments écrits du Nippon est absolument refusée à quiconque ne possède pas certaines notions sur l'écriture figurative du Céleste-Empire; ce qui ne veut pas dire toutefois que les sinologues soient à même d'interpréter quoi que ce soit des ouvrages japonais sans s'adonner à de nouvelles études.

Les dictionnaires japonais-chinois et chinois-japonais présentent, à part l'explication réciproque des mots des deux langues, un autre genre d'intérêt pour la philologie , qui m'a paru digne de la plus sérieuse attention. Je veux parler de la notation phonétique des sons propres aux signes figuratifs de la Chine.

Î96 LES DOCUMBIITS JAPONAIS

La prononciation que nous attachons habituellement en Europe aux signes chinois, d'ailleurs assez défeo tueuse, ne saurait répondre longtemps aux exigences de la philologie et de la linguistique comparées. Les caractères les plus essentiels du phonétisme chinois j sont effacés , et la nature même des sons y est altérée de la manière la plus regrettable.

Or il arrive que les Japonais nous ont consenré, dans leurs lexiques, la prononciation qu'avaient les signes chinois sous trois dynasties, sous les Han (de 202 avant notre ère à 264 de Jésus-Christ), sous les Ou (de â20à 264 de Jésus-Christ), et sous les Tang (de 648 à 906}. Ces prononciations, si on les compare à celles des mots chinois dans le Kouang-toung et dans le Fouh-kièn, offrent de singulières similitudes , qui sollicitent le philologue à considérer ces deux dialectes de la langue chinoise comme ayant conservé de nombreux caractères d'archaïsme effacés dans le kouân-hoa, dans le dialecte de Nanking et dans le dialecte de Péking. Cette présomption devient une certitude, lorsqu'on étend les comparaisons à la prononciation des mots chinois en Corée et dans l'Annam. Avec de tels instruments de travail , dont la portée n'avait pas été signalée jusqu'à présent, on est en droit d'espérer que désormais il sera possible de retrouver les anciennes prononciations des signes figuratifs; et, grâce au secours des vocabulaires des Japonais, on pourra étendre le nombre de ces restitutions à la totalité des monosyllabes chinois.

J'ai relevé plusieurs tableaux synoptiques de ces prononciations, à l'aide desquels je me propose de rédiger

un mémoire qui élucidera, jeTespère, l'utile et trèsintéressante question du phonétisme comparé des dialectes chinois.

Parmi les sources, purement lexicographiques auxquelles il m'a été donné de puiser, je dois mentionner surtout trois ouvrages : le premier appartient à la Société royale asiatique et est intitulé : Sin-ra^man-zô^ôsi-kaî. C'est un très-fort volume grand in-S', qui renferme un vocabulaire accompagné de cartes de Yéso, de Ohosaka, du Nippon, de Péking, et d'une suite de documents encyclopédiques sur le Japon. Le vocabulaire comprend approximativement 16,000 mots ou locutions expliquées par des équivalents en caractères chinois tant cursifs que réguliers. Les mots japonais, disposés suivant l'ordre du syllabaire , y sont écrits en . fira-kana; et lorsque ces mots sont de provenance chinoise, leur synonymie purement japonaise figure en lettres kata-kana , à côté de leur valeur en signes idéographiques de forme carrée.

Le second vocabulaire dépend de la collection du Musée britannique; il porte le titre de So-zH-ro-fa-in. Le japonais, servant d'interprétation aux signes chinois qu'il suit , détermine l'ordre syllabique de Virofa dans ce curieux dictionnaire qui est rangé d'ailleurs d'après les systèmes des rubriques ordinairement en usage dans les lexiques japonais. Le livre est daté de 1685, et se compose de trois petits volumes in-8°.

Le troisième vocabulaire, enfin, est conservé à VEast- India House, et s'intitule : Zo-boû seU-yô syou-daî-zen. C'est un volume in-4*', disposé sous diverses rubriques

3U8 LES DOCUMENTS JAFONAIS

suivant Tordre habituel, avec des synonymies chiaoises analogues à celles du premier des lexiques dont je Tiens de parler.

Dans un mémoire publié en 1858, dans le recueil de la Société asiatique, j'ai essayé de fournir des éclaircissements sur la disposition des dictionnaires japonais et sur la. manière suivant laquelle on peut en faire usage. Je me bornerai donc à mentionner ici la nature des mots que j'ai pu leur emprunter, et surtout ce que j'ai dû rechercher ailleurs. Ces dictionnaires, fort étendus, il est vrai, et souvent même rédigés avec un soin et une érudition dignes des plus grands éloges , ne renferment cependant pas tous les mots que les Européens adonnés à l'étude des sciences et de la littérature des Japonais auraient besoin d'y rencontrer. De ce nombre sont les expressions qui se rattachent à la religion et à la philosophie, à l'histoire et à la géographie, aux sciences exactes, naturelles et médicales, aux arts, à l'industrie et au commerce. Grâce aux nombreux matériaux que j'ai pu recueillir, je me suis trouvé à même de composer plusieurs vocabulaires spéciaux ou techniques, que j'ai fondus dans le corps de mon dictionnaire. Je vais faire connaître rapidement la nature de ces importantes additions, en parcourant l'une après l'autre les principales sections que les lexicographes japonais ont adoptées pour le classement des mots de leur langue.

La nomenclature géographique du Japon, bien qu'assez étendue dans les vocabulaires indigènes , est cependant loin d'y être complète. J'ai relevé en caractères

DES BIBLIOTHiOUES D« LONDRES ET D'OXFORD. 299

chinois et japonais la plus grande partie des noms que j'ai rencontrés sur plusieurs belles cartes originales de la collection du Musée britannique , et je les ai réunis à un petit glossaire de géographie japonaise que j'avais entrepris à Paris avant la mission que vous avez bien voulu me confier.

Les cartes géographiques japonaises du Musée britannique dont j'ai surtout fait usage sont les suivantes :

N» 4 . — Nippon hok daï-yé-dzou. Grande carte illustrée de l'empire japonais. Une longue feuille double coloriée.

Les noms en caractères chinois kiaUchou. On y rencontre un index des noms de province, et une table des distances pour la navigation. L'orientation y est indiquée d'une manière inexacte.

N* 2. — Dat'Nippon-no dzou-kan. Carte du grand empire du Japon. Une feuille sans date.

Cette carte est écrite eu caractères chinois cursifs , et parait ancienne.

N* 3. — Kyâ daî-yé dzou. Grande carte illustrée de la ville Myako. 1686. Une très-grande feuille coloriée.

En chinois et en fira-kana. Elle forme en quelque sorte le pendant de la earte n° 4, et renferme plusieurs index*

N* 4. — Yédo go'daï-yé'dzou. Grande carte impériale illustrée de la ville de Yédo. 1689. Une très-grande feuille coloriée.

Magnifique carte en caractères cbino's et en kata-kanaj, avec

300 LES DOCDMENTS JAPOHAIS

Tues des monuments publics en leur lieu et place, armoiries, armes, etc. Cette carte renferme plusieurs précieux indei^ aTee transcriptions en fira-kana, des noms écrits en chinois.

N* 5. — ZôM-Yéd(hn(hdzou. Plan de la ville de Yédo, enrichi d'additions.

Date de la 9' année de Fère impériale Yen-fô ( 1687). Une feuille.

N* 6. — Z&-b6 Oho-saka-no^zou. Plan de la ville d'Ohosaka, enrichi d'additions. Sans date. Une feuille.

On trouve sur cette carte, outre un tableau des distances, Pusage de signes de conveotion analogues à ceux qu^on emploie sur nos cartes pour indiquer et distinguer les villes, les villages, les bourgs, les hameaux, etc.

N* 7. — Oho-saka daî-yé-dzou. Grande carte illustrée de la ville d'Ohosaka. Datée de la douzième année de Tère impériale Gen-rok (1699). Une grande feuille.

Caractères chinois. Index des distances.

N» 8. — Fi'tsiou Naga-saki-nchdzou. Plan de la ville de Nagasaki , dans la province de Fizen. 1778. Une feuille.

Caractère chinois. On y trouve un tableau des distances.

N» 9. — Naga-saki-^é-dzou. Carte illustrée de la ville de Nagasaki. Sans date. Une longue feuille coloriée.

Cette carte renferme, en caractères chinois et en fira-kana, un nombre peu considérable de noms. On y trouve des costumes d'étrangers et un index des distances qui séparent le Japon des pays voisins.

DES BIBLIOTHiQUES DE LONDRES ET D*OXFORD. 301

Enfin, j'ai commencé un vocabulaire géographique du Nippon-ô-daï-itsi-ran (Annales du Japon), ainsi que le dessin de plusieurs cartes qui m'ont également paru -indispensables pour Tétude de l'histoire.

Les livres et documents relatifs à la religion et à la philosophie des Japonais ne m'ont pas été d'une moindre utilité que les précédents.

Il existe au Japon, ainsi que j'ai déjà eu occasion de le dire, une littérature bouddhique extrêmement riche; mais l'interprétation des curieux monuments qui la composent nécessite une étude particulière, d'autant plus difficile que la plupart des dictionnaires japonaischinois et la totalité des vocabulaires japonais-européens omettent, à quelques expressions près, tous les mots de provenance indienne. J'ai donc été heureux de pouvoir recueillir un millier d'expressions japonaises bouddhiques que je suis parvenu généralement à expliquer, grâce aux importants travaux que l'orientalisme doit à deux de ses plus illustres membres, Eugène Burnouf et M. Stanislas Julien. Ces mots , introduits dans mon dictionnaire, faciliteront considérablement la lecture des livres relatifs à la doctrine de Çakya-Mouni, que les moines des innombrables bonzeries japonaises accumulent avec ardeur depuis plus de mille années consécutives.

Les ouvrages bouddhiques que j'ai pu consulter m'ont en outre permis de prendre connaissance d'une écriture indienne d'origine, répandue parmi les bonzes, et employée pour écrire certains textes religieux. Les caractères de cette écriture, que j'ai déjà mentionnés ci-

302 LES DOGUMSNTS JAPONAIS

dessus, sont appelés btm-zi^ et se rapprochent assez, quant à la forme, des lettres usitées au Tibet sous le nom de landza. Gomme ces dernières, ils proviennent de récriture sacrée de llnde ou dévcH/èAgari.

Puisque je suis amené à parler de récriture du Japon, je dois vous signaler une intéressante découverte que j'ai faite dans les précieuses archives de la Société royale asiatique de la Grande-Bretagne. Il s'agit d'un document entièrement écrit en kiéroglypheê japonais. L'existence d'une écriture figurative au Japon, à une époque évidemment antérieure à l'introduction des caractères chinois, est un fait qui mérite une attention toute particulière. Les signes que renferme le document en question semblent, en partie du moins, idéographiques : leur disposition et la répétition assez fréquente de plusieurs d'entre eux semblent indiquer qu'ils pouvaient être lus d'une manière continue. J'ai dessiné avec la plus scrupuleuse exactitude un fac-similé de cette inscription, et je me propose de la publier aussitôt que j'en trouverai le loisir, et que j'aurai pu me procurer certains renseignements qui me manquent sur son histoire et sur celle des caractères qu'elle renferme.

Les documents historiques dont j'ai pris connais* sance, sauf quelques ouvrages de pure chronologie, ne roulent pas sur l'histoire générale du Japon. Ce sont des chroniques, ou bien des monographies de provinces ou de villes. Un de ces ouvrages, qui m'a paru surtout présenter de l'intérêt , est intitulé : Fei-ké mono* gatari «Histoire de la maison deFeï-ké. » Un célèbre

DES BIBLIOTHÈQUES DE LONDRES £T d'OXFORD. 303

y sinologue angla^, M. Medburst, a rendu assez étrim-

gement ce titre ', d'ailleurs facile à expliquer, par ces mots : i^A Discourse on the arrangement of family affairs; a novel with plates (!).» L'ouvrage renferme le récit des guerres et dissensions intestines causées par suite de la rivalité des deux illustres maisons de Feî-ké (ou Taï-ra] et de Gen-si (ou Mina-moto). Ces deux célèbres familles, Tune et l'autre de la race des mikado ou souverains-pontifes du Japon, n'eurent de repos que lorsque celle des 6en-si eut dominé sa rivale et l'eut anéantie. Un seul jour, le vingt-quatrième du troisième mois de l'an 1185, suffit pour ruiner à jamais les espérances des Feï-ké. Attaqués vigoureusement par Yqsi-tsouné, prince de Noto, et abandonnés de leurs alliés, ils se battirent en désespérés. A la fin de la journée, le dernier du nom était tombé sur le champ de bataille.

Le second ouvrage historique que j'ai à mentionner porte pour titre : Daî-fei-M, «Histoire de la grande paix*. » Ce titre paraîtrait assez paradoxal, puisque le livre parle de guerre presque d'un bout à l'autre, si on n'ajoutait que, pour suppléer à la pensée de l'auteur, il faut le traduire par «Histoire de la grande paix

» Dans le ms. intitulé : Catalogus van eene japansche Verzameling, 1 vol. in-C*, précédé d'une préface par Overmer Fischer et accompagné d'une version anglaise par M. Medhurst, ainsi que de nombreuses additions par ce savant.

* Le savant M. Medhursl n'a pas saisi le sens de ce titre , en le traduisant par : « A record of peaceful times. » Ce serait comme si un étranger s'avisait d'appeler une Histoire de Napoléon I", se terminant par « la paix de 1815 » : « Histoiredes temps depaix (1). »

finalement recouvrée.» Cet ouvrage, fort estimé au Japon, renferme le récit très-détaillé des événements qui ont signalé la tourmente politique du règne de Daî-goU et le morcellement de Tempire par suite de la création de deux gouvernements , désignés sous les noms de cour du Nord {fok-Uyô) çt de cour du Sud (nanrUyé) '. J'aurais entrepris la traduction au moins de quelque livres de cet ouvrage , si un tel travail n'était prématuré. Nous sommes encore trop peu au courant des hommes et des choses de l'extrême Orient pour qu'il nous soit donné de suivre facilement et avec tout l'intérêt désirable des chroniques de la nature du Datfeï'ki. Je ne renonce cependant point à traduire un jour quelques fragments de cet ouvrage pour en donner une idée aux orientalistes.

Les sciences naturelles , surtout la médecine et la phytologie, sont cultivées avec beaucoup d'ardeur au Japon. On rencontre, dans cet empire, non-seulement une foule d'ouvrages consignant les observations des indigènes, mais encore des traductions des principaux écrits européens traitant de ces matières, La plupart des préjugés et des idées superficielles de !a science chinoise y ont fait place aux théories fortes et sérieuses de la science occidentale; et, à des doctrines sans ave-

' L'ensemble des événements développés dans le Daï-fei'^ ^ compris entre les années 1320 et 1393.

. DBS BIBUOTHBQUES DE LONDRES ET D'OXFORD. 305

nir, a succédé un enseignement solide et progressif. C'est ainsi que pour la botanique, par exemple, les naturalistes japonais les plus éclairés ont mis de côté la classification si défectueuse des anciens Pen-tsao, et ont adopté le système incomparablement supérieur de Linné. On m'a môme affirmé que la Méthode naturelle de Jussieu était connue au Japon, et que plusieurs bo« tanistes d'Owari avaient classé leur herbier dans Tordre des Gênera plantarum d'Endlicher. Cette assertion n'aurait du reste rien d'étonnant de la part des naturalistes d'Owari, car plusieurs d'entre eux ont étudié la physiologie végétale aux leçons de M. von Siebold, et la Société botanique qu'ils ont fondée ne néglige rien pour se tenir aussi bien que possible au courant des principales publications européennes de nature à les intéresser.

Ce qui a le plus contribué à arrêter les progrès de la botanique chinoise et japonaise^ ce qui nous a empêché de connaître d'une manière satisfaisante les nombreuses espèces de la flore de Textrême Orient, c'est surtout la difficulté qu'on a éprouvée jusqu'à présent à établir une concordance entre la nomenclature usitée dans ces contrées et dans les nôtres. Il m'a donc paru extrêmement désirable de rechercher les moyens de combler cette lacune; et un des résultats les plus immédiats de la mission que vous avez bien voulu me confier aura été de dresser une longue liste de synonymies qui me permettent d'affecter, dans mon dictionnaire, une place aussi large qu'utile à la terminologie botanique.

Voici les procédés qu'il m'a fallu employer pour pars

▼ARIÊTtS ORIENTALES. 20

306 LIS SOCUHfiVTS JATORAIS

venir à ce but. J'ai recherché avec sofai les coDectio» de plantes sèches consenrées dans les dépôts publics et particuliers où il m'a été possible d'avoir accès, elj'ai relevé ponctuellement la liste de toas les végétaux qui se trouvaient accompagnés des noms japonais on chinois. J'ai relevé de même les noms indigènes des plantes reproduites dans plusieurs recueils imprimés et manuscrits qui, par la finesse du dessin et la précisioo du coloris , m'ont paru présenter les garanties Toolues d'exactitude. Élève d'un illustre botaniste français, dont la science regrettera longtemps la perte , Adrien de Jussieu, j'ai conservé le souvenir d'mt assez gnmd nombre de plantes et de leur dénomination linnéeime. Je me suis donc trouvé à même d'établir ainsi une liste étendue de synonymies japonaises-latines par rezamen des échantillons et des peintures. Le conCburs de plusieurs hommes spéciaux, et notamment celui du docteur Bennett, botaniste aussi aimable qu'éclairé, m'a permis d'étendre le nombre de mes identifications et de confirmer les synonymies que j'avais établies par moi-même. J'ose donc espérer que le vocabulaire de botanique japonaise dont j'ai rencontré les principaux éléments en Angleterre, et que je compte publier trèsprochamement sous le titre de CtUalogus plantarvmin Japonia sponte noâcerMum, répondra, dans une certaine mesure , aux vœux des savants qui réclament depuis longtemps un vocabulaire botanique des flores de la Chine et des lies de l'extrême Orient.

Afin de bien faire comprendre la nature et l'utilité des synonymies que j'ai relevées, il m'est nécessaire de

DES BIBUOTHiQDES DE LONDRES ET d'OXFORD. 307

dire quelques mots de la nomenclature botanique des Japonais^ et tout d'aborc^des traités de phytologie en usage parmi eux.

Le plus ancien traité d'histoire naturelle répandu au Japon est un ouvrage chinois rédigé par Li Ghi-tchin, de Ki-yang, et publié après sa mort par son fils Li Rien* youèn, en 1596 de notre ère, sous le titre de Pentsao-kang-mouh (en jap. Hon-zô-kô-mok). Le but principal de cet ouvrage était de faire connaître les produits des trois règnes, dans Tintérèt des sciences médicales. Le titre seul de ce livre rappelle combien Tétude de la botanique remonte à une haute date chez les Chinois. Les mots Pen-tsao (en jap. Hon'ZÔ)y qu'on traduit aujourd'hui librement par «Histoire naturelle», formaient le titre d'un ouvrage longtemps célèbre en Chine et attribué à l'empereur Chin-noung, souverain semi-historique, dont on porte Tavénement à 3,218 ans avant notre ère.

Le Pen-tsao de Li Chi-tchin ccnnprend quinze sec^ tiens. Les trois premières sont consacrées à l'eau, au feu et à la terre; la quatrième aux métaux et aux pierres; la cinquième et les suivantes jusqu'à la neuvième aux plantes; la dixième aux insectes; la onzième aoz animaux à écailles (dragons, crocodiles, serpents, poissons , etc.) ; la douzième aux animaux à carapace et i coquille; la treizième aux oiseaux; la quatorzième aux quadrupèdes, et enfin la quinzième à l'homme. Les subdivisions tendent à détruire l'idée assez avantageuse qu'on pourrait se former de ce livre, si l'on considérait seulement l'ordre des sections énumérées ci-dessus.

30S LES DOCUMENTS JAFORiJS

Dans la partie botanique, par exemple, les plantes sont classées : 1* en plantes proprement dites ou herbacées; 2* en céréales ou graminées ; 3^ en plantes d'ornement (y compris les cucurbitacées , les végétaux aquatiquesy etc.) ; 4* en arbres à fruits et arbustes, en arbres ou végétaux ligneux, etc.

Telle est la méthode naturelle qui s'est maintenue , autant que je sache, sans conteste au Japon jusqu'à l'arrivée des Hollandais. Depuis cette époque, les livres européens, introduits parmi les savants du Nippon, ont contribué à modifier sensiblement leurs idées sur la classification des espèces. Aujourd'hui, comme nous avons déjà eu occasion de le dire, les systèmes admis parmi nous commencent à être adoptés par plusieurs écoles de naturalistes japonais.

La nomenclature botanique japonaise, comme la nôtre, est double, c'est-à-dire que, pour un grand nombre de genres et d'espèces, il y a un nom populaire indépendamment du nom scientifique. A notre terminologie latine, répond là-bas une terminologie chinoise; à nos dénominations vulgaires, correspondent des noms purement japonais, mais auxquels on ne reconnaît pas une valeur technique. Il en est résulté que, pour établir une concordance entre la langue scientifique et la langue commune, les indigènes ont rédigé des vocabulaires bilingues, à l'aide desquels sont fixées les synonymies. Grâce à ces précieux ouvrages, nonseulement nos identifications de noms de plantes japonaises nous fourniront l'intelligence des traités de phytologie publiés au Japon, mais encore elles nous

mettront à même d'aborder, avec les connaissances nécessaires , les innombrables écrits chinois consacrés à rétude et à l'exploitation des trois règnes de la nature.

Je n'ai pas rencontré, à beaucoup près, pour les autres branches de l'histoire naturelle, les mêmes ressources que pour la botanique. J'ose cependant affirmer que les noms d'animaux dont j'ai pu découvrir la synonymie européenne tiendront plus de place dans mon Dictionnaire que dans la plupart des lexiques publiés jusqu'à ce jour, pour les principales langues orientales. Pour l'ichthyologie, par exemple, une source précieuse s'est offerte à moi au Musée britannique. C'est une collection de poissons peints avec une admirable finesse et accompagnés de noms techniques. Je suis parvenu à établir, grâce à cette ressource, mes synonymies îchtfiyologiques par le même procédé dont j'ai parlé plus haut à propos de la botanique; mais je n'ai pas été aussi heureux, une partie des figures ayant paru aux naturalistes qui ont bien voulu m'éclairer de leurs conseils, représenter des espèces nouvelles et par conséquent non encore nommées. Enfin j'ai recueilli, bien que dans une proportion beaucoup moins considérable, des synonymies de noms de mammifères, d'oiseaux, d'insectes, de reptiles, de crustacés, etc.

Les dictionnaires, et quelques autres ouvrages japonais que j'ai eus entre les mains, m'ont également permis d'enrichir mon travail d'un assez grand nombre de locutions proverbiales et d'idiotismes très-utiles à cod-

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naître, surtout pour Tintelligence de la littérature légère. J'ai seulement eu à regretter que, pour des choses aussi difficiles à comprendre que le sont les adages ou autres formules populaires, les lexicographes indigènes soient presque toujours excessivement sobres d'explications.

Il est temps de me résumer. J'aurais sans doute encore beaucoup à dire, si je devais parler de toutes les sources oh j'ai puisé des faits qui, bien que souvent isolés, n'en étaient pas moins précieux pour moi. L'étendue déjà considérable de ce Rapport m'oblige à remettre à une autre occasion ce que j'avais à mentionner des riches documents que j'ai pu compulser. Je me bornerai donc à ajouter quelques observations sur mon Dictionnaire, considéré dans ses rapports avec les lexiques indigènes.

Au point de vue du nombre des mots ou locutions qu'ils renferment, les principaux lexiques japonaischinois parvenus jusqu'à nous peuvent être classés ainsi qu'il suit :

fVa-kan won^seki Syd-gen-zi-ké , 25,000 mots.

Te-fiki sets-yô-iiou da'ùzen, 25,000 »

Sin-ra man^yô-zô'^i'kaï, 16,000 »

Bomi'kan seU-yô^tsoU'bô'ZÔ^ 15,000 »

DES BIBUOTHÈQUES DE UDNDRBS ET D'OXFORD. 3.11

Mon Dictionnaire , qui n'était guère composé primitivement que des mots renfermés dans le Syà^en-zi-kô , contiendra, aussitôt que j'aurai achevé d'y fusionner mes nouvelles acquisitions, environ 45,000 articles, pour lesquels 30 à 35,000 forment le matériel proprement dit du langage. Le reste appartient à la religion, à la géographie, à l'histoire, aux sciences naturelles, atix arts, à l'industrie, etc.

Je vous demanderais la permission. Monsieur le Ministre, de vous faire observer que ces chiffres l'emportent notablement sur ceux qui pourraient résulter du recensement des plus considérables vocabulaires rédigés il y a plusieurs siècles par les Jésuites portugais et espagnols au Japon, si la méthode suivant laquelle j'ai composé nK)n Dictionnaire ne me dispensait d'établir ce parallèle^ Pour plusieurs graves raisons (entre autres à cause de l'absence des signes idéographiques), j'ose affirmer que les vocabulaires rédigés par les Pères Jésuites ne fournissent atteunement les moyens d'étudier la littérature japonaise ^ et qu'avec leur seul secours nul orientaliste ne parviendra à comprendre et à traduire la moindre page d'un livre rédigé au Nippon.

Le seul vocabulaire japonais dont il soit possible de faire usage jusqu'à présent, celui que M. Gochkiévitch a publié en russe, et que l'Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg a bien voulu soumettre officiellement à mon jugement pour le concours Demidoff, ne renferme qu'environ 18,000 mots. Le Vocabulary de M. Medhurst ae contenait que 6,500 mots, et encore le choix en était-il souvent des plus médio-

3fd LES D0CUMBNT8 JAPONAIS^ BTG.

cres. On sait d'ailleurs qu'à Texception de trois ou quatre orientalistes en Europe qui se sont formés, pour leur propre usage, un dictionnaire d'après les sources originales, les moyens d'étude ont absolumeirt fait défaut à tous ceux qui ont tenté d'aborder Tinter^ prétation des textes japonais, voire même à Rlaproth, à Abel-Rémusat, etc.

Je n'ajouterai plus qu'un mot, sur lequel je ne saurais trop insister. Il est une condition rigoureusement indispensable pour qu'un Dictionnaire japonais réponde aux besoins de la science , et conduise sûrement à l'intelligence des textes : il faut qu'il soit rédigé d'après les sources originales, et renferme, — sinon les caractères syllabiques japonais dont on peut se passer, — du moins les signes idéographiques dont la présence est DE LA PLUS ABSOLUE N^CESSni. G'cst en m'appuyaut sur ce principe que je compte faire paraître le Dictionnaire auquel j'ai déjà consacré près de sept années de recherches pénibles et laborieuses.

J'espère, Monsieur le Ministre, vous avoir suffisamment démontré l'importance des acquisitions que je dois au voyage que j'ai entrepris sous les auspices du Ministre de l'Instruction publique et des Cultes, et les fruits qui en résulteront pour la science, si je parviens à achever heureusement mon œuvre et à la mettre entre les mains des orientalistes désireux de s'initier aux sciences , aux lettres et aux arts de la nation la plus avancée du monde asiatique.

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, ete.

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