LKS DEUX CELLULES DU CENTRE NERVEUX
Fig. 1. (')
(1) A, cellule « sensitive » ; A', cellule « motrice » ; B. organe périphérique de sensation ; B', organe périphérique de voUtion motrice (muscle) ; AB, tube alTérent ou sensitif ; AA'. tube commissural, à action centrifuge ou niotrice par rapport à la cellule A, et à action centripète ou sensitive par rapport à la cellule A'. Les flèches indiquent le sens de propagation de l'action nerveuse.
35. La note qui précède ayant été lue à la Société médico-psychologique (séance du 2o nov. 1867), un membre, M. le docteur J. Fournet, en fit la critique dans une improvisation très remarquable dont je crois devoir reproduire ici les principaux passages :
«... La découverte microscopique de deux cellules cérébrales primitives, l'une sensitive, l'autre volitive, semble compromettre sérieusement, nous dit M. Durand, le principe fondamental de Ifi physiologie psychologique^ c'est-à-
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porement sensiiives, il n'y en a pas davantage de purement volitives: toutes sont des points d'aflércnce et d'cfférence, toutes sont sif^ge de sensation et de volilion motrice tout à la fois ; il est facile de le démontrer.
Sans doute, s'il faut en croire les dissections microscopiques de M. JacubowUch et de «juel([ues autres, le tube atTérent se termine cenlralement dans une cellule, et c'est une autre cellule centrale qui sert de point de départ au tube eiïérent; mais un détail capital vient compléter cette disposition et Téclairer : un troisième tube unit entre elles les deux cellules. Or, il est évident que ce tube commissural joue le rùle de tube elTérent oif moteur par rapporta Ja cellule dite sensi/ivp, et celui de tube allèrent ou sensitif par rapport à la cellule dite motrice ; car c'est par lui que les sensations excitées dans la première réagissent sur la seconde pour y déterminer les actes de volition. Chacune des deux cellules est donc à la lois active et passive, réceptive et émissive, c'est-à-dire sensilive et volitive; mais, également pourvues toutes deux de ces deux modes d'énergie, chacune n'entre en relation avec la périphérie que par un seul : l'une, par la sensibilité, c'est ce qui l'a fait appeler sensilive ; l'autre, par la volonté ou motricité, c'est ce qui Fa fait appeler niotrice.
La figure schématique suivante complétera ma démonstration.
En résumé,la différence naturelle quiafaitdistinguerles cellules centrales du système nerveux de la vie animale en cellules delà sensibilité et cellules de la volonté, est une dilTérence tout extrinsèque, portant, non pas sur la nature des propriétés psychiques de ces centres nerveux divers, mais sur les connexions physiologiques qu'ils ont avec le monde extérieur par ces propriétés.
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(1; x\, cellule « seiisitive » ; A', cellule « motrice » : li. organe périphérique de sensation ; Ji', organe périphérique de volition motrice (muscle) ; AB, tube airérent ou sensitif ; AA', tube commissural, à action centrifugée ou motrice par rapport à la cellule A, et à action centripète ou sensitive par rapport à la cellule A'. Les lléches indiquent le sens de propagation de Taction nerveuse.
35. La note qui précède ayant été lue à la Société médico-psychologique (séance du 25 nov. 1867), un membre, M. le docteur J. Fournct, en fit la critique dans une improvisation très remarquable dont je crois devoir reproduire ici les principaux passages :
(( ... La découverte microscopique de deux cellules cérébrales primitives, l'une sensilive, l'autre volitive, semble compiomellie sérieuscmenl, nous dit M. Durand, le principe fondamental de h phf/sioiogie p.si/c/ioiof/içue, c'est-à-
dire Tiradi visible uniié de la conscience humaine, reçu jusqu'ici comme axiome.
» Un même centre cérébral, une seule et même cellule, ajoute M. Durand, autorisait Tunité psychologique, l'indivisibilité du mot, du moi conscient et du moi voulant.
iiMais,dumoment que ces deux pouvoirsde Fâmeontleur siège séparé dans deux cellules distinctes, «les éléments intrinsèques du moi se trouvent séparés par un intervalle matériel ».
» Préoccupé de « l'embarras sérieux » que peut causer cet antagonisme au moins apparent de Tanalomie et de la psychologie, M. Durand cherche à le faire cesser, et il en a trouvé deux moyens : le premier, dans une différence radicale et méconnue, dit-il, entre le caractère sensitif des nerfs et le caractère sensitif des cellules centrales : les nerfs n*ont qu'une sensibilité tout objective ou de communication avec le monde extérieur ; les cellules centrales ont seules la sensibilité subjective qui résulte de la présence du pouvoir intime psychique. En d'autres termes, les cellules centrales sont siège des propriétés psychiques. C'est rexpression de notre futur collègue : les libres nerveuses sont siège de propriétés et de connexions physiologiques.
» Le second moyen qu'a M. Durand de faire cesser Fantagonisme de l'anatomie et de la psychologie, et de sauver le grand principe de Funitédu mot de la dualité psychique dont le menace la dualité anatomique des cellules sensitives et volitives, ce second moyen consiste dans une fibre intermédiaire et commune aux deux cellules, fibre que l'anatomie microscopique aurait aussi découverte.
>ï C'est celte fibre commissurale qui réiablirait Funilc compromise de Fâme humaine.
M Voilà, messieurs, en citations lextuelles,mais abrégées, la note de M. Durand.