‹ Variétes philosophiques [microform]Chapitre 11 sur 41 · LES DEOX CELLULES DU CENTRE NERVEUX · texte numérisé non relu

LES DEOX CELLULES DU CENTRE NERVEUX

» Elle vous présente deux doctrines également dangereuses : la première est la doctrine anatomique des deux cellules cérébrales,Fune sensitive, Fautre volilive, c'est-à-dire l'une sentant et comprenant,Faulre voulant : cette doctrine croit détruire la psychologie et son grand principe de l'unité de Tâme, c'est-à-dire du moi. La seconde, c'est la doctrine de M. Durand qui croitsauverla psychologie et son principe en reléguant la physiologie dans les nerfs, en établissant la psychologie dans le système de deux cellules, et son trône, son centre, le siège de lunitéde Fâme, dans la fibre commissurale qui unit les deux cellules.

» Remarquons d'abord, messieurs, que ces deux doctrines, Tune qui prétend anéantir, l'autre qui prétend sauver la psychologie, sont tout aussi organiciennes et exclusivement organiciennes Fune que l'autre, par conséquent tout aussi destructives de la vraie psychologie.

» Avec cette différence que la première absorbe résolument Fâme et sa vie dans Fanatomie et la physiologie, tandis que l'autre, indécise entre ces deux courants d'opinions contraires, en lutte aujourd'hui, croit les concilier en réunissant leurs noms dans ces expressions que j'ai soulignées: « physiologie psychologique »,« propriétés psychiques des cellules cérébrales », et croit les réunir et les faire couler dans le même lit en leur donnant pour siège commun la substance nerveuse : à la physiologie, la substance nerveuse des nerfs; à la psychologie, la substance nerveuse des cellules cérébrales et de leur commissure.

» lime semble que M. Durand, envoûtant sauver la psychologie de Charybde et Scylla, c'est-à-dire des deux cellules de l'anatomie moderne, n'a réussi qu'à la faire sombrer entre Charybde et Scylla, sur cet écueil qu'il appelle la commissure des deux cellules. La psychologie de M. Durand, comme celle que je soumettais dernièrement

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sous vos yeux à une analyse précise *, n'est que de la physiologie.

n Pour moi, messieurs, je ne suis ni inquiet, ni embarrassé, pour la vraie psychologie, des découvertes, quelles qu'elles soient, de Tanalomie, par exemple, de ses deux cellules cérébrales.

» Ces deux cellules avec leurcommissure,jc les suppose vraies,quoiquVllcs ne soient encore rien moins que démontrées. Ce ne sont là, dans tous les cas, que les organes de cet être supérieur à Forganisrae, à l'organisme cérébral comme à l'organisme général, dont j'ai eu Thonneur plusieurs fois de démontrer devant vous rexislence subslanliellc, sous le nom d'éire psychique ^ Je vous ai fait voir que cet être n'a rien de chimérique, comme on le prétend de nos jours, et qu'il peut être objet de science, et de science naturelle, et non surnaturelle, tout aussi bien que l'être organique ; car je vous l'aï montré puisant dans la nature des choses les éléments de sa formation, naissant d'une véritable génération qu'on appel le ^rfi/ca^'on, se nourrissant comme Tétre organique sous le nom d'instruction ; ayant aussi ses progrès, son apogée sous le nom de virilité morale, et même ses décadences facultatives, et la in de son empire dans l'aliénation.

» L'unité, l'indivisibilité de cet être que chacun appelle son moi^ son âme, a sa raison d'être dans la substance que nous appelons eaprit, par opposition à la matière. Sou indivisibilité ne saurait jamais consister dans la matière, dans aucune des matières du corps, toutes essentiellement divisibles.

1. n Voyez le numéro de septembre 1867 &Qn Annales mêdico-psycholo» §iqueê. »

2. « Voyez les numéros de mai 1«83, juillet 1804 et septembre 1867 des Annales médico-psychologiques. •

LES DEUX CELLULEâ Dt CENTRE NERVEUX

» Que cet être indivisible et un par excellence ait dans le cerveau, siège plus immédiat de son empire, une unité anatomique correspondante à son unité psychique, comme le souverain de l'État a son trône dans la capitale, je le veux bien ; mais ce n'est pas une raison de confondre le trône avec la personne du souverain, et d'absorber cette personne et sa majesté dans le fauteuil où il siège, dans les qualités ou les défauts de ses serviteurs, comme on le fait sous les expressions de : cellules psychiques ou volitives, de physiologie psychologique^ et Aq propriétés psychiques.

» Quant à cette dualité du système nerveux en fibres et cellules dites sensitives, et en fibres et cellules dites volitives, je vous l'ai présentée sous son vrai jour, dans le discours de septembre 1867, sous l'aspect de deux serviteurs que j'ai appelés : l'un, système de l'information, rautre,système des expressions : le premier, chargé d'informer le maître psychique de ce qui se passe dans notre monde extérieur et dans notre corps lui-même, c'est-à-dire de fournir à Fâme les éléments de ses jugements ; le second, chargé d'exprimer les volontés et d'exécuter les jugements du maître. Ce sont là les deux systèmes fondamentaux de tout organisme, même de l'organisme industriel, l'un afférent, qui présente les matériaux au patron, l'autre efférent, qui répand les produits de l'atelier. Ce sont, dans l'État, les ministres du législatif et de l'exécutif, parfaitement distincts de la personne du souverain... »

36. Les objections de mon très habile et bien sympathique contradicteur ont pour unique fondement une méprise sur le. sens de la doctrine qu'il a cru réfuter, méprise qui peut s'expliquer du reste par le laconisme de ma note. M. Fournet a entendu que je composais une seule

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VAilÉTÉS PHILOSOPHIQUES

unilé des deux centres psychiques représentés anatomiquement par les cellules « sensitive » et « volitive », et que je plaçais le siège de cette unité dans lelubecommissural.

Je n'ai dit, et surtout je n'ai entendu dire, rien de pareil : pour moi, chaque cellule nerveuse est le siège d'une unilé psychique enUére et distincte réunissant essentiellement les deux attributs de sensilivité et de volonté ; car, à mes yeux, Vunité physiologique d'ensemble que nous nommons Vorganisme embrasse une multitude à' unités psychiques élémentaires, une multitude Aemoi, correspondant à ses innombrables centres nerveux. Sans doute, le docteur Fournet est loin d'admeltre ce principe, que je soutiens sous le nom de polyzoïsme, mais il eût été plus à propos de combattre cette doctrine que de me prêter des opinions dont elle est la négation formelle.

C'est encore bien à tort que M. Fournet me reproche d'identifier le cenire psychique avec \q centre nerveux : que de pages n'ai-je pas écrites pour dénoncer Ténormité d'une telle confusion ! sans toutefois professer,avec mon distingué contradicteur, h séparabiiité actuelle de l'esprit et de la matière, ce que je regarde comme une autre erreur capitale.

UNE ERREUR SPIRITUALISTË

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