‹ Variétes philosophiques [microform]Chapitre 3 sur 41 · A PROPOS D UN RAPPORT ACADÉMIQUE DU DOCTEUR PIDOUX · texte numérisé non relu

A PROPOS D UN RAPPORT ACADÉMIQUE DU DOCTEUR PIDOUX

Arsac (Aveyron), juin 1900.

L'iosiirrection à laquelle l'esprit humain est en proie est la lutte contre l'ascendant des idées générales et d'une philosophie qui soit la régulatrice des sciences particulières.

E. LiTTRÉ (A. Comte et la Philosophie Positive, p. 560).

1. Le Positivisme a beau mettre la Métaphysique à la porte de la science, elle y rentre par toutes les fenêtres.

C'est qu'il en est de la métaphysique comme de la prose : le savant en fait sans le savoir et môme malgré soi ; il ne lui est loisible de s'en abstenir, il n'a d'autre choix qu'entre la bonne et la mauvaise. Appliquons-nous donc à faire de la bonne et saine métaphysique scientifiqye ; c'est elle qui ordonne l'économie de toute science spéciale, qui définit son objet et son but, qui lui trace son programme, qui

^ 1. Rapport sur le concours de 1868 pour le prix Civrieux, décerné par l'Académie Impériale de Médecine.

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précise eUffermil ses notions fondamenlales; c'est elle, en un mot, qui lui apporte la méthode, autrement dit Tordre et la lumière, l'unité et la vie. Et d'ailleurs, je le répète, bannir de la culture scientifique cette métaphysique positive pouvant seule faire couler une sève abondante et riche dans toutes les branches du savoir,c'est livrer Tarbre à lenvabissement du galimatias philosophique, gui parasite qui l'infeste, le dessèche et Fétoufife.

El ceci est si vrai que le Positivisme lui-même, lui qui demande la suppression radicale, pure et simple, de la métaphysique, métaphysique à son tonr et à force. Il métaphysique en psychologie et en morale, et plus encore en physiologie et en médecine ; et certes au très grand préjudice de ces études, dont il trouble et fausse le langage, dont il obscurcit et dénature les principes en leur imposant ses formules dogmatiques,un vrai grimoire plus inintelligible, plus irrationnel et plus puéril que celui des scolastiques eux-mêmes, sans en avoir les profondeurs. J'étais seul jusqu'à ce jour à dénoncer cette dangereuse invasion de la métaphysique positiviste, et je n'avais guère réussi à me faire écouter. Le célèbre Virchow, qui n'est pas précisément un métaphysicien de la vieille roche, vient à son tour dévoiler à notre physiologie française la nouvelle lèpre philosophique dont elle se laisse dévorer ; espérons pour elle que la voix retentissante du physiologiste de Berlin sera entendue *.

Sans se dire disciples d'Auguste Comte, et môme en répudiant cette qualification, la plupart de nos physiologistes et médecins penseurs tiennent pour avéré que la méta-

1. Voir, dans la Gazette Hebdomculaire du. 21 août 1868, la verle riposte de M. Virchow à M. Robin, oà les doctrines positivistes sont appréciées à leur juste valeur. Voir encore une charge à fond contre le positivisme par an autre savant très positif, M. Huxley, dans la, Revue des cours mienli^ques, numéro du 30 octobre 1869.

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physique a fait son temps, qu'elle n'a rien à démêler avec la science, et que le seul service qu'elle ait à lui rendre est de s'en tenir soigneusement à l'écart. J'ai été surpris cependant de trou ver une pareille profession de foi sous Ja plume du rédacteur en chef des Archives générales de Médecine, dans un remarquable article sur un débat récent entre MM. Robin et Virchow ». L'influence du dogmatisme positiviste s'étend ainsi au loin, bien au delà du cercle des adeptes, et jusque sur les meilleursesprits.il en est résulté que le litre de métaphysicien est devenu, parmi nos savants, presque comme une flétrissure, comme une sorte de brevet d'incapacité ou môme d'ineptie scientifique, ce qui met assez mal à son aise pour traiter les questions d'ordre métaphysique. C'est ce qui fait qu'avant de discuter l'œuvre de M. Pidoux j'ai cru devoir pt^endre mes précautions ; j'ai jugé indispensable de commencer par soumettre à l'appréciation réfléchie des hommes de sciencequi me feront Thonneurde me lire, les divers molifs sur lesquels le Saint-Office positiviste se fonde pour mettre toute spéculation métaphysique à l'index.

2. Il est un reproche banal qu'on fait communément à la métaphysique, c'est d'ôtre abstraite, c'est de raisonner sur des abstractions ; et, pour le commun des esprits, qui dit abstraction dit illusion. Hâtons-nous d'ajouter à la décharge du positivisme que ce préjugé vulgaire ne lui est pas imputable. Il professe au contraire, et très justement selon moi, que l'abstrait est l'essence qiêmedela science, et que plus est abstrait l'objet d'une science, plus elle est digne de co nom, plus elle est élevée en iaiportanceeten dignité dans la hiérarchie des connaissances humaines. Nous né-

1. Voir les Archives générais de Médecine, numéro de novembre 1868, p. 513.

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gligerons donc de répondre à celte accusation sans portée ponrnous occuper uniquement de celles qui ont été formulées par Aogusle Comte et son école.

On a entendu par métaphysique, depuis Aristole, la science des principes premiers et des causes générales. Si telle est la métaphysique — et Ton ne peut donner un autre sens à ce mot sans sortir des conventions du langage ,

pour la déclarer sans objet il faut nier qu1l existe des principes premiers et des causes générales, ou, tout au moins, qu'ils soient accessibles à la connaissance. El c'est en effet ce que les écrivains positivistes n hésitent pas à nier dans les termes les plus formels. Mais en cela ils ne se mettent pas seulement contre la vérité ; en outre, ils se naeltenlen contradiction flagrante avec eux-mêmes, c'està-dire avec les propositions dont ils font le fondement de toute leur doctrine.

En effet, quelle esl la grande thèse philosophique d'Auguste Comte ? C'est que les sciences se superposent dans un ordre hiérarchique de généralité croissante ; et il admet une généralité suprême couronnant ce système de catégories scientifiques et mettant le sceau à son unité. Citons à ce sujet son disciple et interprète le plus autorisé :

« La philosophie positive >», a écrit M. Littré, « n*est qu'une induction générale faite avec les sciences particulières n ; et il ajoute : « Elle a la même solidité de certitude et la même vertu de développement. » (^4. Comte et la Philosophie Positive, par E, Littré, 2« édit., p. 549.)

Le même écrivain dit ailleurs : « La philosophie positive n'étant que le prolongement des sciences jusqu'au point où elles trouvent leur imité, etc. » (Ouvrage cité, p. 671.) El encore :<( La philosophie positive est l'ensemble du savoir humain disposé suivant un certain ordre qui permet d*en saisir les connexions et t unité, et d'en tirer les direc-

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tions générales pour la partie et pour le tout. » [Ibid. , p. 43.)

A ces citations, qui pourraient suffire, ajoutons encore colle-ci : (« La méthode universelle », c'est toujours M. Littré qui parle, « c'est là en effet le but vers lequel marchent les sciences, instinctivement d'abord, comme leur histoire le prouve, et sans aucune notion claire de l'avenir qui les attend ; mais dorénavant, comme leur histoire le prouve aussi, avec un sentiment croissant de leur universalité. » (Préface au Manuel de Physiologie Ae J. Mueller, édition Jourdan-Littré.)

C'en est assez, je pense, pour attester que, dans la pensée du principal disciple d'Auguste Comte, et actuellement le chef de son école, il existe logiquement une science ou méthode universelle, une « science spéciale des généralités » (suivant une autre expression très heureuse d'A. Comie lui-môme) que le mouvement scientifique serait en voie de réaliser. Mais cette science universelle et finale, ou primordiale, suivant le point de vue *, a forcément son objet propre, un objet adéquat; c'est-à-dire qu'il y a dans les choses quelque chose d'universel, de premier, (le suprême, à quoi une telle connaissance se rapporte el qui en constitue l'objet. Mais en quoi donc cette science de l'universel, du primordial et du final, ainsi définie et ainsi proclamée et prônée par M. Littré, diffère-t-elle donc de la u science des premiers principes », de la métaphysique, qu'il condamne et réprouve comme une conception illusoire contraire à l'esprit de la science et à la raison? Sans doute, en rien ; cela esl évident. Cependant la métaphysique a été condamnée, un peu légèrement peut-être, mais enfin la condamnation a eu lieu; elle a

1. Voir mes Aperçus de Taxinomie générale^ 1 vol. in-8». Paris, 1899,

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éié formelle, publique, solenuelle, et les sentences du positivisme sont sans appel. Autrement, qu'adviendrail-il de sonautorilé ? que deviendrait rinfaillibiïité de Toracle ? Donc la sentence prononcée sera maintenue en face et en dépit des déclarations de principes qui précèdent ; et quand celle malheureuse métaphysique viendra crier à Tinjustice et à fusurpalion, prolestant que la soi-disant philosophie positive Tamise en déchéance pour s'emparer de son héritage, cette philosophie positive, sans se déconcerter, lui adressera cette fin de non-recevoir, froide et moqueuse, par la plume de M. Littré : « Une loi générale des êtres, c'est F équivalent de la pierre philosophale. » [La Philosophie Positive^ !'• année, p. 21.)

Il faut à la philosophie positiviste, à peine de ne pas être, il lui faut, dis-je, des principes généraux universels, et elle les affirme ; mais, d'autre pari, il lui faut aussi, pour se débarrasser de la métaphysique, que de tels principes ne soient pas, et elle les nie. Voilà donc la métaphysique déboutée: quelques sophismes pompeux, quelques contradictions hardies qui en imposent, el la voix de la plaignante est étouffée.

B. Je n'entreprendrai pas, Dieu m*en garde ! de relever une à une toutes les contradictions de la doctrine positiviste sur le point qui nous occupe ; il me sera permis cependant de m'étonner — si quelque chose peut encore m'étonner— que ce soit précisément dans le matérialisme que se rencontre une sorte d'aversion, de parti pris haineux, contre la doctrine de Tunité de loi dans les choses. € Il n'y a que de la matière d, dit solennellement M. Littré, à la page 21 de sa Philosophie Positive (f '« année), et nous venons de voir qu'une loi générale des êtres est à ses yeux une idée creuse à laquelle il se ne dissimule pas son mé-

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pris. Que les spiritualistes se déclarassent contre ce principe, passe encore, ils seraient conséquents avec leurs prémisses, puisqu'ils professent une dualité irréductible de substances, Tesprit et la matière; mais proclamer qu'il n'est qu'une seule essence, qu'une seule étoffe pour toutes choses, et après cela rejeter comme absurde l'idée d'un caractère général, d'une loi universelle commune à tous les êtres, tous de matière, de la môme matière formés... ô bizarrerie des bizarreries !

Un autre reproche, qui n'est du reste qu'un corollaire de celui que nous venons d'examiner et de peser, c'est que la métaphysique prétend étudier les êtres en général, ou, autrement dit, l'être en soi, l'être pur, l'être considéré abstraction faite des formes spéciales propres aux différentes espèces d'êtres. Ce reproche se résume dans un mot, ontologie ! mot devenu un stigmate aux yeux de tous ceux qui se piquent de science positive, au même titre que celui de métaphysique. Et pourtant, j'en appelle au bon sens des hommes de science : s'il est naturel, s'il est logique de considérer les plantes en général — je prends cet exemple parmi tant d'autres —, de considérer la plante en soi, c'està-dire abstraction faite des caractères propresaux diverses espèces de plantes, et de fonder sur cette considération abstraite une science que nous nommons la botanique organique ou générale ; et si pareillement il est légitime et utile de faire une autre science, appelée zoologie organique ou générale, de l'élude des animaux considérés en général, de l'étude de l'animalité prise en soi ; et enfin si, en troisième lieu, tous les savants sont d'accord, et les Positivistes en tète, pour réunir les animaux et les végétaux dans la conception d'une généralité supérieure qui les dégage de leurs caractères différentiels respectifs de végétalité et d'animalité pour nous les offrir sous la forme commune et pure

d'êtres vivants, devenant Tobjet d'une science nouvelle, la biologie ; je le demande à ces savants: pourquoi serait-il irrallonnel, anliscientifique ; pourquoi, ainsi qu'on Tassure, serail-il absurde de pousser au delà cette série de généralisation croissante ? El, de même que la Biologie se superpose à la Botanique et à la Zoologie et les englobe, pourquoi, au-dessus de la science des êtres vivants, ne s'élèverait-il pas une science embrassant indistinctement les êtres vivants et les autres êtres, une science àm êtres en général^ une Ontologie?

Le Positivisme est trop grand seigneur pour daigner répondre à mes interpellations, que je renouvelle néanmoins avec persévérance dçpuis des années, et qui l'ont toujours trouvé sourd et muet ; mais c'est aux savants que ces observations s'adressent, à ces savants sans prétention philosophique qui ont trouvé commode d'accepter de confiance les solutions de celte école de scientifique apparence, et qui deviennent ainsi les dupes et complices inconscients de ses aberrations.

4. Encore une accusation qui n'est qu'une variante des précédentes, et que chacun répète sur la foi d'Auguste Comte et de ses disciples : a La métaphysique cherche Fmbsolu. i> Or c'est là, dit-on, une entreprise insensée, car Fabsolu n'existe pas, il n'est pas du moins à notre portée, et la science, la science positive, s'entend, ne peut et ne doit avoir allaire qu'au relatif.

Ceux qui, sur cette question de l'Absolu, se font, ainsi que sur tant d'autres, les crédules échos de l'école positiviste, ont évidemment négligé de se rendre aucun comple de leur jugement. Bref, qu'ils me permettent de le leur déclarer avec toute la franchise qu'on doit à des amis : en

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se prononçant contre l'absolu, point ils ne savent ce qu'ils disent.Qu'est-ce donc que l'Absolu? se le sont-ils demandé ? se sont-ils demandé davantage ce qu'on doit entendre par le Relatif? On donc commence le premier ? où donc le second finil-il, d'après eux ? Deux quantités égales à une troisième sont égales entre elles : est-ce là renonciation d'un principe relatif, ou d'un principe absolu ? Si relatif, relatif à quoi ? à telle ou telle espèce de quantité ? à des longueurs, ou à des largeurs ? à des quantités d'hommes, ou à des quantités de grains de sable ? Non, il s'agit de la quantité en soi, de la quantité pure, de la quantité absolue. Mais l'axiome mathématique qui vient d'être énoncé sera-t-il donc, à cause de cela, une billevesée métaphysique ? Oui, forcément, si l'exclusion du domaine scientifique prononcée contre l'Absolu est une condamnation méritée. Oui, les vérités mathématiques, les vérités de méthode, les vérités de logique sont essentiellement des vérités d'ordre absolu, des vérités métaphysiques, et il faudra réhabiliter la métaphysique ou répudier ces vérités *.

I . Nous trouvons dans le journal la Science Sociale une excellente réfutation de la doctrine des positivistes sur l'Absolu. Cette défense de la saine philosophie est due à la plume aussi spirituelle que judicieuse et savante de M. le colonel Ch. Richard qui, dans cette joute, a pour adversaire M. le docteur Alfred Naquet, ancien agrégé de la Faculté de médecine de Paris. Voici quelques passages de ce travail :

« Qu'est-ce que l'absolu ?

» Depuis Thaïes jusqu'à mon ami Ch. Renouvier, il n'y a jamais eu qu'une manière de le comprendre, ce qui tend bien à prouver qu'il n'y en a pas deux.

» L'absolu est ce qui est de soi, immuable, éternel, c'est-à-dire sans changement, sans condition de temps ni de lieux.

» Il est évident tout d'abord que des attributs de cet ordre ne sauraient convenir à des choses réalisées. Et, en eflet, toute chose réalisée dépend nécessairement d'une cause c'est-à-dire n'est pas de soi ; est susceptible

8. Ce que le Positivisme accuse encore, eï très hautement, dans la métaphysique, c'est Temploi du procédé scienlifique connu sous le nom de méthode a priori ou

i'AératioQ, c'est-à-dire n'est ni immuable ni éternelle, et de plus a sa place marquée dans l'espace et dans le temps.

» L'absolu ne peut donc étr«, s'il existe, qu'une représenta lion de rapports, une loi, une vérité.

» La question est maintenant de savoir s'il existe en cITet.

» Je dis qu'il existe d'une manière certaine, indéniable.

1 Pour le prouver, je choisis un exemple dans l'ordre mathématique, qui a le privilège de fournir des démonstralions d'une nature plus claire et par suite plus faciles à saisir.

» Abandonnons pour le moment ce bon carré de l'hypoténuse, dont j'ai quelquefois abusé, Je le confesse, et adressons-nous à un théorème beaucoup plus simple.

» La question étant purement philosophique, il n'est évidemment pas nécessaire de nous lancer dans les régions peu commodes du calcul infinitésimal.

i» Considérons un modeste cercle, dont tout le monde connaît à peu près la figure.

• D'abord puis-je tracer un cercle? En aucune manière Mais je puis le concevoir et en tracer l'image grossière sur une surface plane tout aussi grossière.

• Ceci fait, je tire, dans ce simulacre de cercle, un simulacre de ligne droite, ne passant pas par le centre, qui d'ailleurs est je ne sais où, et je veux trouver la relation qui existe entre cette ligne appelée corde et le diamètre.

«» Je joins, dans ce but, les deux extrémités de ma ligne au centre, et je forme ainsi un triangle, dont deux côtés sont des rayons du cercle et le troisième la corde dont il s'agit.

» Dans tout triangle nn côté quelconque étant plus petit que la somme des deux autres, il en résulte que ma corde est plus petite que la somme de deux rayons ou un diamètre.

i D'oà Je conclus, en terme général, que, dans un cercle quelconque «ne corde quelconque est plus petite que le diamètre.

» Et je dis que voilà une vérité absolue. En effet, cette vérité est de soi, car bien évidemment personne, ni Jupiter, ni .Téhova, ne l'a créée et mise au monde. Elle est immuable, car elle nest passiiile d'aucune altération. Elle est éternelle, car elle n'a pas eu de commencement et n'aura jamais de lin, dans aucun lieu assignable de Tespace.

» Elle a donc tous les caractères de l'absolu ; ce qu'il fallait démontrer. • [la Scimœ Socwle, numéro du l«rmai 1869.)

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méthode de déduclion, et que, dans le langage qui lui est propre, il qualifie de subjective. Il reconnaît cependant que cette méthode a été employée avec succès dans les mathématiques; mais, en dehors de ces sciences, suivant lui, elle ne peut recevoir aucune application légitime. « Un et un font deux », dit M. Littré ; et il ajoute : « Cet axiome (!) mathématique a prospéré, suffisant à produire par une déduction enchaînée l'arithmétique, Talgèbre et tout le calcul. » [La Philosophie Positive, 1'"'' année, p. 15.)

Pourquoi le Positivisme, par une exception unique, lève-t-il son interdit contre la« méthode subjective » en faveur des mathématiques ? C'est que les faits sont là pour l'y contraindre. Il est en effet bien évident que,n'était l'insurmontable difficulté de cet irrécusable témoignage, c'eslà-dire n'était le fait patent de la construction purement rationnelle des mathématiques, et si cette création de la mé- Ihode subjective était encore une œuvre à réaliser, il est, dis-je, bien évident que le positivisme ne manquerait pas de déclarer une telle entreprise antipositives antiscientifique^ et, pour tout dire en un mot, métaphij signe,

u Do toutes les sciences », écrit M. Littré, « la plus simple est la mathématique, et c'est pour cela qu'une déduction prolongée y est possible et définitive. » {La Philosophie Positive y 1'* année, p. 15.) Il y aura lieu d'examiner tout à rheure si, môme au point de vue des prémisses positivistes, il est admissible que la mathématique soit de toutes les sciences la plus simple ; demandons d'abord les raisons qui font attribuer à la science la plus simple le privilège exclusif de la méthode déductive. Or ces raisons n'existent pas ; non, c est parce que les mathématiques seules ont fourni jusqu'à ce jour un exemple incontestable de l'efficacité de cette méthode^ qu'une telle méthode est déclarée uniquement applicable à la science des quantités.

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Pourquoi donc ne serait-elle pas applicable à des sciences moins abstraites, moins simples ?L'algèbre, jusqu'à Vièle cl Descartes,élait regardée comme uniquement applicable aux questions arithmétiques ; ces deux grands mathématiciens firent voir qu'elle peut s'appliquer aussi à une science moins abstraite,moins simple que celle du nombre, à la science de Télendue. C'est donc arbitrairement qu'à priori l'on restreint l'emploi de la méthode déductive aux mathématiques à l'exclusion des sciences plus concrètes. Maînienant, est-on mieux fondé d'ailleurs à prétendre que la géométrie, l'arithmétique et l'algèbre occupent le sommet de l'échelle de la généralité ou simplicité croissante dans la série scientifique? Non, car il y a quelque chose de plus abstrait que « la Mathématique i», j'en appelle du Positivisme au Positivisme lui-môme. N'enseîgne-t-il pas, en effet, qu'une « Méthode universelle » est appelée à couronner la pyramide du savoir humain, à relier entre elles toutes les branches de la connaissance et à les dominer?

Ou la « Méthode universelle » n'est pas universelle, ou elle est supérieure aux mathématiques elles-mêmes, c'està-dire plus abstraite, plus générale, plus simple encore. Et ne sait-on pas d'ailleurs que la Logique, oubliée par A. Comte dans sa classification des sciences , et aussi la Grammaire générale, encore à un plus haut degré, les surpassent déjà sous ce rapport ?

6. Sur quelque question qu'on ait à examiner les jugements de la docirine positiviste, on se trouve engagé dans une complication de contradictions inextricable, au point que l'analyse ne sait comment se retourner dans ce fouillis, par quel bout commencer sa lâche cl dans quel ordre la

poursuivre, pour ne pas produire elle-même une œuvre tout aussi confuse que cette confusion qu'elle entreprend de débrouiller. A l'égard du point dont il s'agit en ce moment, nous nous voyons en présence de quatre ou cinq propositions antagonistes qui se contrarient et s'enchevêtrent de la façon la plus désespérante ; c'est un vrai nœud gordien à délier.

Nous rappellerons au lecteur qu'entre les dogmes du Positivisme, l'un des premiers et principaux est celui de rantéccdence historique des sciences plus générales, plus abstraites, plus simples, par rapport aux sciences moins générales, moins abstraites, moins simples. « La partie abstraite naît avant la partie concrète », dit A. Comte dans ses Leçons de Philosophie Positive, Ainsi, la mathématique, par exemple, qui serait la science la plus simple, au dire de la docirine, serait aussi de toutes la première née. Il y aurait une foule d'objections de fait à opposer à cette thèse; on pourrait lui objecter, par exemple, que, dans les trois sciences mathématiques, l'algèbre, la plus générale, la plus abstraite et la plus simple, a été précisément constituée la dernière, et bien longtemps après les deux autres : mais nous laisserons ce sujet hors de cause. Ayant posé ce principe dans les termes les plus absolus, dans des termes qui n'admettent ni exception, ni contestation, ni doute, le Positivisme est fort gêné par un tel précédent quand ensuite il lui prend fantaisie de poser deux ou trois autres principes qui vont droit à Fcncontre du premier, sans préjudice de leurs conflits mutuels.

Un de ces autres principes, c'est que la philosophie positive a pour mission de constituer la « méthode universelle », la plus générale des sciences, comme cela résulte du terme lui-môme. Mais comment l'ordre de naissance de cette généralité scientifique suprême, qui n'est

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pas encore née, qui est « le but vei-s lequel tendent toutes les sciences spéciales n (E. LiLtré), c'est-à-dire qui naiira par conséquent la dernière, peutil se concilier avec Fautrc vérité non moins positive de tantécédence historique de la généralité par rapport à la spécialité^

Et, d'aulre part, ne semble-t-il pas évident que la « méthode universelle », pour ne pas arriver trop tard et se trouver inutile, doit se constituer avant la consommation entière des sciences spéciales, puisque sa fonction (quelle autre fonction pourrait-elle avoir?) est de les diriger, d^éclairer leur marche, c'est-à-dire de les amener à leur constitution pleine et définitive?

Et si, pour se produire en son temps, c^est-à-dire pour remplir son rôle logique, a la méthode universelle », ou science abstraite suprême, est forcément tenue de se constituer avant la constitution des sciences spéciales ou (relativement) concrètes, n'esl-il pas clair que ce suprême produit scientifique ne peut sortir que de la spéculation subjective, ainsi qu^il en fut de la mathématique ellemême?

N'oublions pas de répéter ici que ce que le positivisme nous promet sous l'appellation, juste du reste, de méthode universelle, ne peut logiquement être autre chose en réalité que ce que la philosophie avait poursuivi jusque-là sous le nom démonétisé de métaphysique.

7. 11 est encore un crime imaginaire à la charge de la métaphysique; il s'agit ici d'une imputation bien étrange, car sur ce point les sciences les plus positives, les sciences naturelles entre autres, sont solidaires de la science des principes, et condamner celle-ci sur un tel chef, c'est frapper les autres au cœur. Que devient en effet la science

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si la recherche des causes, des origines et des fins, lui est interdite? C'est la suppression de sa raison d'être, c'esl la suppression de la science elle-même.

Et pourtant la philosophie positiviste n'hésite pas à infliger le stigmate métaphysique à toute préoccupation de causalité et de finalité, et cette proscription est poussée au delà de tout ce qu'on pouvait attendre des égarements où l'esprit de système peut jeter des esprits formés aux habitudes scientifiques. La inatière et ses propriétés, le savant n'a pas à considérer autre chose: ainsi le veul le Positivisme.

On me fera peut-être observer que l'analyse de certainés propriétés amène à les réduire à des propriétés plus simples et plus générales, qui deviennent alors des causes à l'égard des premières, et qu'ainsi la philosophie positive, qui sans doute ne songe pas à interdire ce procédé scientifî-' que, n'exclut point en réalité la recherche des causes d'une manière aussi absolue que j'ai semblé le dire. La philosophie positive, dira-t-on encore, condamne la poursuite des causes premières et des fins dernières, c'est-à-dire des causes et des fins absolues; mais c'est lui faire injure de prétendre qu'elle interdit également l'investigation des causes et des fins prochaines dans le domaine des faits relatifs...

Non, répondrai-je, ce n'est pas une injure ; mon imputation n'a rien de calomnieux. Les ouvrages les plus accrédités de l'école sont là pour me donner raison : le Positivisme, au lieu de voir dans la propriété le fait à expliquer, le problème à résoudre, la prend et la tient pour l'explication, pour la solution mômes.

On s'est ri beaucoup des quiddités de la scolastique, de ces qualités occultes qui, telles qu'un deus ex machina, servaient à rendre compte de toute chose sans nécessiter

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aucune recherche, aucune étude. S'agissalMl, je suppose, de pénétrer la nature de la pierre, de savoir quels éléments la constituent, et comment du concours de ces élémenls résultent les propriétés chimiques et pliysiques qu'elle manifeste ou recèle? on ne se mettait pas en peine de laborieuses analyses, un mot, un mot magique en tenait tout Heu : ce qui constitue la pierre ce qu'elle est, disaient tes graves docteurs, c'est la pétrosifé ; et Ton n*en demandait pas davantage. Celte rare philosophie scientifique a été portée sur la scène par Molière (Quare opium facit dormirel— Quia, etc.). et l'on n'aurait jamais cru qu'elle pût en descendre pour rentrer dans le domaine du sérieux ; c'est pourtant ce qui est arrivé, et c'est au Positivisme que nous devons la restauration de cette merveilleuse scolastique

dans toute sa beauté.

Les auteurs positivistes(voir, entre autres ouvrages, le Bieiiomiaire de Médecine de MM. Littré et Robin) soutiennent que tous les modes d'être de la matière restés jusqu'ici réfractaires à l'analyse, et à ce titre désignés provisoirement comme propriétés premières, sont en réalité irréductibles, et qu'on fait acte de métaphysicien en cherchant à les expliquer, c'est-à-dire aies décomposer, à les ramener à quelque fait plus général et plus simple. On a beau faire remarquera ces philosophes que telle propriété longtemps regardée comme première, comme inexplicable, comme insoluble, a pourtant été expliquée un jour, a été résolue et ramenée à un principe supérieur, d où il appert qu'il est téméraire et irrationnel de préjuger et de poser en principe l'irréductibilité absolue des propriétés non encore réduites ; on a beau leur représenter que, par exemple, il fui un temps où la science, constatant les deux faits, en apparence si contraires, de l'ascension de certains corps et de la descente de certains autres dans les milieux gazeux

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OU liquides, et n'étant pas encore en état de ramener ces deux effets opposés à une même cause, à une explication commune, eût du, pour être fidèle au précepte positiviste, transformer ces deux sortes d'eflels en deux propriétés premières de la matière, ce qui, évidemment pour la science présente, eût été une grossière erreur. On a beau dire tout cela et bien d'autres choses encore, rien n'y fait : le Positivisme s'entête à défendre 77iordicus Tinviolable impénétrabilité de ses propriétés. Malheur à quiconque touche à ce mystère! il est anathématisé comme hérétique de la science, il reçoit le titre flétrissant de métaphysicien.

8. Qu'on n'aille pas croire que j'exagère; ce que j'avance, je n'ai que l'embarras du choix de mes preuves pour l'établir. Citons une page de M. Littré empruntée à une des notes dont il a enrichi son édition du Manuel de Physiologie àe J. Mueller:

(( En physique » déclare l'éminent positiviste, ^^par fin- /luence des idées métaphysiques qui régnaient alors, on admit des fluides hypothétiques : le fluide électrique, le fluide magnétique, le fluide calorique, le fluide lumineux, qui étaient chargés de représenter les phénomènes électriques, magnétiques, caloriques, lumineux, offerts par les corps. Mais qu'étaient de pareils fluides? Et comment en prouver l'existence, puisque leur caractère est de n'en avoir aucun, c'est-à-dire d'être impondérables, intangibles et invisibles ?... Naturellement la biologie, postérieure dans son développement, a hérité de cette manière de philosopher ; et elle aussi a voulu avoir un fluide impondérable, son fluide nerveux. Il est grand temps de se délivrer de cette conception non seulement inutile, mais encore nuisible, et de considérer fétat réel

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des choses, c'est-à-dire les tissus et les phopbiétés. » [Manuel de Physiologie de J. Muéller, édition Lillié; Paris,

11 laut ajouter que i'éther, pas plus que les fluuks spéciaux— desquels d'ailleurs je n'entends pas autrement me porter garant — ,ne trouve grâce devant la philosophie positiviste ; et en effet, « son caractère n'esf-il pas de n'en avoir aucun, c'est-à-dire d'être impondérable, intangible

et invisible ' » ?

Mais, dire/.-vous, la critique philosophique des savants positivistes ne s'en tient pas là ; sans doute, s'ils suppriment les conceptions de I'éther et des impondérables spéciaux, ils ont aussi leur façon de voir, leur hypothèse, pour se rendre compte du mécanisme des phénomènes d'attraction, de caléfaclion et de luminalion, ainsi que du transport des actions nerveuses du centre à la périphérie, de la périphérie au centre. Les physiciens, les physiologistes de l'école positiviste sont gens de trop de savoir et de sens pour ne point se dire que, si de tels phénomènes ont lieu, ils ont lieu par l'effet d'un certain processus qu'il importerait de découvrir; que, dans tous les cas, l'existence de ce processus est certaine, et que ce qui est certain aussi, c'est qu'un tel processus ne peut pas être contraire à la nature des choses et à la nature de la raison, contraire à

1. . Le domaine dans lequel s'accomplil ce mouvement do la lumière se trouve entièrement en dehors de la portée de nos sens. Les ondulations de la lumière ont besoin d'un médium pour se former et se propager; mais nous ne pouvons ni voir, ni touclier, ni goûter, ni sentir ce médium. Quoiqu'il semble être en dehors de toute investigaUon possible. 1 existence en a «é cependant démontrée.

> 11 est donc au moins aussi certain que lespace est rempli d un médium au moyen duquel soleil et étoiles répandent leurs rai oniiemenl*. qu'il est certain que Tespace est traversé par cette force, la gravitation, qm relient dans ses limites, non seulement notre système planétaire, mais l'iiiBni de rUnivers. . JoHS Ttndall (/?«»«« des Court $ctenUfiques, t. in, p. 227).

LA MÉTAPHYSIOUE DANS LES SCIENCES IQ

l'évidence mathématique, parexemple... Eh bien! non on se trompe ; le positivisme est bien autrement radical iiue cela! Pour lui, ce qui ne peut se voir, se toucher c, se peser n'existe pas ; et admetlro qu'une réalité puisse être en dehors de ces caractères est pour lui le comble de la tohe métaphysique : sa lo-ique en est révoltée

Newton, à la vérité, a écrit ce qui suit dans une lettre a Bentley : « La supposilion qu'un corps puisse agir à dislance sur un autre à travers le vide, sans aucun intermédiaito qui propage leur action réciproque de l'un à l'autre me paraît tellement absurde que je n'imagine pas que quelqu un jouissant d'une faculté ordinaire de méditer sur les clioses physiques puisse l'admettre '. ., Mais le découvreur de la lot de la gravitation universelle était évidemment un métaphysicien, cl le Positivisme n'au.a aucun égard à son avertissement; il affirme donc bravement que si le soleil attire, éclaire et échauffe la terre à une distance de cent cinqoanle-deux millions de kilomètres, cela s'opère sans aucune nécessité d'intermédiaire, sans que rien se passe dans 1 intervalle qui sépare les deux globes, et uniquement en vertu des />ro/,nV7«- d'attraction, de lumination et de caléaction inhérentes au soleil ! Et de même de l'innervation • I impression excitatrice passe du bout externe du nerf à son bout central en vertu de la propriété du nerf, et voilà tout • en demander davantage, c'est montrer le bout de l'oreille' métaphysique.

Si l'air, toujours en repos, n'eût jamais soufflé sur nos têtes, et qu'un Torricelli ne nous eût pas appris encore à

Zlln •'°''y."'î'5""=' "P"" "notl-er at a dislance fhrough a iZZZ .thouttie médiation of any ihing els., by and through 'vhîch i.""":

n b r "Tu^r, ;«, -"^^^'^-^ '™'" -« '<> -""^-- -^ '" me so Jreai

toTrBentevdl, «'»'"?■ "'" '^" '"" '"'° "' » t^' lettre de Newion a Bentley, dans Uentley's loor/cs, Londres, 1838, t. III, p. 213.)

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peser ce fluide, Fhypolhèse de Fair, l^hypothèse d*un véhicule quelconque portant le son à travers le vide apparent, eût été, également déclarée « inutile et nuisible »», et metaphysique au premier chef; et, en présence du bronze tonnant et grondant au loin dans les espaces, le Positivisme n'eût vu en tout ceci qu'une propriété du métal sonore, la propriété de sonorité, et sa curiosité scientifique se fût tenue pour pleinement satisfaite.

Mais je crains qu'on me suspecte de charger le tableau ; qu'on me permette donc de m'abriler derrière une autre citation authentique. Le passage suivant est extrait du môme Dictionnaire de Médecine {H« édition), ci-dessus

mentionné l

a Calorique, s. m., etc. Cause inconnue de la sensation de chaleur. Selon les uns, c'est un fluide impondérable ; selon les autres, c'est un mouvement vibratoire qui agite les molécules de tous les corps, dont la vitesse est accélérée suivant les circonstances, et qui se communique à distance par Fintermédiaire de Féther, etc. ; suivant d'autres, enfin [c'est évidemment d^eux-mèmes el de leurs adhérents que les auteurs veulent parler], qui n'admettent ni fluides ni éthcr non démontrés [c'est-à-dire non touchés, non pesés], le calorique est une propriété de la matière, qui se fait sentir à distance comme la gravitation. »

Or, hasarderons-nous encore, comment cette propriété procède-t-elle pour réussir à se faire sentir à distance! (Je passe ici, bien entendu, sur l'incori ection lo-ique dont la formule est entachée.) — Raisons de mélaphysicien que tout cela, me répliquera-ton : « Lu science n'a à considérer que la matière et ses propriélrs. »

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