PSYCHOLOGIE DE LA SUBCONSCIENCE
IribulioDs, dans Técononiie, de ces moi multiple? doni se compose la subconscience, et vis-à-vis desquels le moi proprement dit n est qu'un primus inter pares ? Quelle est leur psychologie, quelles sont leurs facullés, quelles sont leurs mœurs ? Quelle est leur pathologie ? Quelle doit être leur éducation, leur direction, leur hygiène, leur thérapeutique? A un point de vue moral, que sommesnous pour ces associés, nos semblables dénature, sinon nos égaux, et que devons-nous être pour eux ? Ces questions m'apparaissont comme autant de corollaires inévitables de la thèse du polyzoïsme et du polypsychisme une fois acceptée.
62. Depuis que Baillarger, il y a de cela un demi-siècle, signala le premier « Faulomatisme de l'âme «, une scrutation rigoureuse des faits anciens et des faits nouveaux a établi deux points d'importance capitale pour la psychologie et la psychiatrie :
Premièrement, les moi secondaires anatomiquement et physiologiquement représentés par les centres subordonnés du système cérébro-spinal, exercent une influence continue et décisive sur les étals mentaux du moi proprement dit. C'est en partie et presqu'entièrement par eux que je sens comme je sens ; que je pense comme ie oense • miP^ je suis ce que je suis ; que;> rue détermine dans lel ^u tel sens; que je me conduis de telle sorte et non autrement cependant que je vis dans Tillusion de croire que tout en moi est spontané, et que ce que je veux est librement voulu.
Secondement, ces moi de la sobconsciencene seconlentent pas d'être les souffleurs cachés, les suggesteurs secrets de nos sentiments, de nos souvenirs, de nos pensées, de nos
résolutions ; il y a plus : ils peuvent en certains cas se substituer à la superconscience, la reléguer au second plan, et entrer directement en rapport avec le monde extérieur par le double canal des organes des sens et des organes du mouvement. Le fait est surabondamment attesté par une multitude d'observations devenues classiques i.
Je me permets de soumettre ces simples considérations aux méditations de ceux d'entre nous qui se sentent suffisamment qualifiés pour trancher souverainement lesques- •lions de responsabilité.
La doctrine du polypsychisme ne soulève pas d'ailleurs que des difficultés de médecine légale. Au praticien elle propose le problème, aussi inquiétant qu'inattendu, de savoir si, dans les opérations chirurgicales, Tanesthésie présumée de la superconscience est une garantie suffisante que le fer et le feu n'atteindront pas la sensibilité de la subconscience, et que celle-ci ne souffrira pas d'autant plus peut-être que celle-là aura été mise seule à l'abri de la douleur.
Je m'arrête, mon dessein n'ayant pas été d'offrir ici une véritable élude sur lu psychologie et la morale de la subconscience, mais seulement de signaler à la science ce nouveau champ de recherches, qui me paraît présenter un haut et vaste intérêt.
1. Voir mon ouvrage Le merveilleux scientifique, l vol. in-S», Paris, 1891, pages 244-245 ; et ma brochure Les mystères de la suggestion, Paris,
L'AME DEVANT LA SCIENCE