‹ Variétes philosophiques [microform]Chapitre 38 sur 41 · Voir ci-dessus, pp. 224 et sqq · texte numérisé non relu

Voir ci-dessus, pp. 224 et sqq

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gTMsière.Elle dislinguait sans doute.bien qu'obscurément la Substance - impérissable, constante et nécessaire de la Forme phénoménale - éphémère, diverse et coutingenle. Mais, dans celte conception vague, l'esprit ne pénétrait pas au delà de l'idée de la iwas^e substantielle, ilnesai- Bissait point celle de Vêtement substanliel. On se voyait conduit dès lors à faire dériver l'activité, de l'inertie l'es prit, de la matière ; c'est-à- dire à faire engendrer la \orce par un moyen mécanique, à l'inslar des chercheurs du mouvement perpétuel. MM. Litlré et Ch. Robin, disons-le en passant, qui n'ont pas encore rejeté ces langes ontologiqnes, ne se doutent pas, non plus que ceux qui, à leur suite, font résulter la vie et le moi du concours de particules organiques, ces philosophes ne se doutent pas qu'ils foulent aux pieds les premiers principes de la mécanique rationnelle ! Les machines ne créent pas les forces, ô messieurs de l'école positiviste, elles peuvent seulement servir à les composer et à les appliquer ; tous les mécaniciens, tous les physiciens, tous les chimistes savent cela aujourd hui, et vous seuls l'ignorez, vous qui vous posez pourtant en législateurs et régents des sciences positives I

Revenons à notre sujet. La substance absolue ou Dieu «Sstdans chaque phénomène et le constitue tout entierdonc tout phénomène, tout objet particulier est Dieu ; et voilà \g panthéisme formulé.

Mais ce n'est là qu'un panthéisme rudimentaire, c'est le panthéisme matérialiste ; or il en est encore un autre, et celui-ci vaut mieux, nous le ferons voir tout à l'heure. -^ Comme l'a fortement exprimé M. Grandet (qui est un des rares, très rares métaphysiciens de notre époque ayant itnè claire notion de cett^ vérité), la substance, en tant que niasse, ne peut être véritablement cause, autrement dit le prtmum movens ; l'activité essentielle et le moi ne peuvent

LE PANTHÉISME

appartenir à la matière, au composé, au multiple ; de tels attributs ne sauraient avoir pour sujet que Vêtre nécessaire, le Ego stim qui sum, l'être qui ne peut être ni créé ni

anéanti, Têtre simple, immatériel et personnel Tout

cela est très vrai, et tout cela avait été aperçu parles vieux onlologistes grecs. Ceux-ci avaientdit : Le principe, la cause et l'élément de toutes choses, c'est le ro ov ; et, ajoutaientils, le rô ov, c'est le ro ev. Et maintenant qu'est-ce que le ro ev, qu'est-ce que ce Un absolue

C'est ici que Téquivoque des mots a montré encore tout le mal dont elle est capable.

Par cet un, que les ontologisles originaux concevaient bien autrement, leurs copistes entendirent une individualité singulière, et de celte personne individuelle ils firent un moteur universel unique, et ils le placèrent au-dessus et en dehors du monde, sa création. Tel est le monothéisme spiritualiste, tel est le monothéisme de M. Grandet; et cette conception est une méprise énorme.

Oui, M. Grandet, ainsi que vous le remarquez avec sagacité et profondeur , c'est seulement de VUn , c'est seulement d'une personne, c'est seulement ab ideis et voluntale entis necessario existentis, que peut naître toute impulsion première amenant un changement quelconque dans les choses établies au sein du temps et de l'espace. Mais cet un, cet être simple, cet ens necessario êxisiens, n'est pas seul, unique, singulier, individuellement parlant, ne vous y trompez pas ! Non, car il est en nombre infini, en nombre sans limite ; il remplit tout de ses multiples ; il est l'élément infinitésimal jie la substance, l'atome absolu, h monade, suivant l'expression de Leibniz, le centre de force, comme s'exprimait à son tour Faraday, naguère encore ; il est la force simple dont toute parcelle de matière est intégralement formée, d'après la philosophie

de nos physiciens du jour. El maintenant ce principe n'est autre que le voûç, le vwç ourojtpxDîç dpxYj r^ç ncwewç d'Ânaxagore ; de telle sorte que tout est Dieu ; mais ce n'esl plus l'illusoire matière, qui est ce Dieu, c'est Tesprit, c'est Tâme, c'est le moi, se répétant à Tinfini et comprenant tout.

Osl là le panthéisme spiritualiste ou pampstcbissie (ytâv ; ^x^)^ qui ««^ le nôtre ; ce en quoi nous sommes foncièrement d'accord avec saint Paul, saint Jean, saint Thomas, et les théologiens réputés les plus orthodoxes, ce qui nous console à peine de nous trouver en désaccord avec le 1res éminent métaphysicien, auteur de la Philosophie de la Révélation \

1. C©tlô doctrine a trouvé najjuère un brillant adepte dans le D' Auguste FoHiL, professeur à FUniversfté de Zurich. J'extrais le passage suivant de son mémoire Aptrçu de psyfhologie comparée, qu'il a publié dans Vannée Psychologique de MM . Beâunis et Binet pour 1895 :

« En résumé, je constate que les idées de Wundt, qui admet une causalité continue dans la série psychique, sont absolument insoutenables, et je me rallie avec quelques réserves de détail aux conceptions de Leibniz, de Durand (de Gros), etc., c'est-à-dire à un monisme qui est à la fois un pampsychisme, un panatoraisme et un panthéisme, et qui est aussi peu « matérialiste » que « spiritualiste ». Seul il rend compte des faits psychiques et des faits physiques. » (N« de la %• éd.)

CRÉATION ET FINALITÉ

Nô|xoç ô TTflévTMv Bao-t^eùç ©vwTwv T6 xaè àOavâruv...

PiNOARE, Fragm.y éd. Boiss., p. 294.

94. Les croyances de la théologie démonologique qui, à la faveur de l'équivoque du mol Dieu, ont envahi la théologie ontologique et en ont obscurci et alléi^é si profondément les principes, sont aujourd'hui encore un obstacle au développement des sciences naturelles.

Le monothéisme vulgaire, devenu celui de nos philosophes, est en effet le produit d'une méprise des plus bizarres. Cette méprise, je l'ai déjà fait remarquer ailleurs*, c'est de réaliser, d'individualiser et de personnifier le concept métaphysique de la substance pure ; c'est de transformer la notion à mie commune étoffe, d'une unique espèce d'éléments premiers , dont toutes choses seraient faites, en un personnage singulier, en un suprême arbitre solitaire, créateur, législateur et gouverneur tout puissant de l'univers, et relevant seulement de son bon plaisir. C'est au nom d'une telle conception, c'est-à-dire d'une telle confusion d'idées passée à l'élat de dogme, que nos soi-disant théistes se flattent d'expliquer l'origine des êtres par un mot : la Création !

Repoussés par cette doctrine, les prétendus athées s'en écartent à tel point qu'ils versent à leur tour sur la pente

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