Deuxième Partie
^ait EuUfr }C Samt ilomme à chaudes larmes, je lui is, Helas ! qu’est devenu l’innocente princesse que J ai rendue orpheline?” ^
Elle est dans ce palais,” me répondit-il, “et bien malade, dans le lit où vous l’avez laissée; mais Homaiouna en prend soin, et je ne doute pas qu’elle ne la rende a la vie. Avec le même zèle la Périse a apaise les amis du feu roi. Quoiqu’elle se soit bien gardee d offenser la vérité, ils commencent à douter de 1 accusation que Calili seul a intentée contre vous * car Gazahidé n’a jamais ouvert la bouche pour s’en p amdre, elle n’a pas même prononcé votre nom.”
Qu a-t-on fait de ce maudit nain?” m’écriai-ie avec feu. J
Paix, paix, mon fils,” dit le derviche; “il faut pardonner si vous voulez qu’Allah vous pardonne. Le nam s est enfui, et l’on n’a pas couru après lui.”
h ^ ^Cld le conduise ! ” repris-je, d’un air humilie. “Qui est en effet aussi méchant que moi? Mais ne pourrais-je pas voir mon père et témoigner ma reconnaissance a Homaïouna?”
“Ormossouf;” me répondit-il, “gouverne le rovaume quoiqu il n’ait point encore voulu prendre le titre de roi; il est trop occupé dans cet instant pour vous voir; et, a vous dire vrai, il ne paraît pas en avoir beaucoup envie. Quant à la Périse, vous la verrez sans doute, puisque vous le désirez; mais reposez-vous, tant d’agitation pourrait vous nuire.” En disant ces mots il s’en retourna à son oratoire.
Je ne demandais pas mieux que d’être laissé à mes réflexions; j avais à concerter le plan qu’il me fallait suivre pour me rendre possesseur d’une couronne qui me mettrait en état d’apaiser où de maîtriser yazahide; car cette charmante princesse était toujours présente à mon esprit. Mais mon sort actuel dépendait d Homaïouna, qui n’était pas si facile à
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B V E II
Histoire du Prince Barkiarokh
tromper que le derviche. Les protestations outrées, les grimaces n’auraient pas réussi avec elle; je n’en fis aucune, je laissai à mes regards le soin de la convaincre, non seulement de mon repentir, mais encore d’un retour de tendresse pour elle. Malgré ses diverses expériences Homaïouna n’était pas défiante, et elle m’aimait. Alsalami parlait vivement en ma faveur, et Ormossouf voulait prendre sa retraite; ainsi il fut décidé entre eux de me proclamer roi du Daghestan. Je ne jugeai pas à propos de feindre que j’en étais fâché; je me contentai de dire à la Périse: “Il faut que je vous répète les mots que la reine de Choucan vous dit dans une semblable occasion, ‘Tout le fardeau de la royauté va tomber sur vous, ma chère Homaïouna.’ ”
Ce propos fit grand plaisir à mon agissante épouse, et je le soutins très bien pour mon intérêt les premiers jours de mon règne. Je lui laissai faire tous les arrangements qu’elle voulût, et même nommer Alsalami pour mon grand visir, quoique le choix fût assez ridicule à mes yeux. Il s’agissait de gagner l’amour et le respect de mes peuples, et c’est à quoi je mis tous mes soins. J’étais sans cesse dans les mosquées, où je faisais de grandes aumônes aux pauvres, et des libéralités excessives aux imans. Je rendais justice presque tous les jours en personne, et ne laissais Alsalami tenir quelquefois ma place que pour plaire à Homaïouna.
Un jour qu’ils étaient tous deux de la meilleure humeur du monde avec moi, je fis tomber le discours sur le chapitre de la destinée, et les laissai s’embarquer, comme à leur ordinaire, dans une longue dissertation sur ce sujet. Après les avoir écoutés quelque temps avec une feinte attention, “Hélas!” m’écriai-je, “qui plus que moi doit croire que nous sommes les esclaves de la destinée ! Mon amour pour