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Archives Nationales. LL. 1070, f* 39 v

2. Le fief d’Issy, c’est-à-dire la seigneurie d’Issy et Vaugirard, remonte à la plus haute antiquité, puisqu'il fut le gage donné par Childebert, roi de France, au milieu du sixième siècle, pour l’entretien des religieux de l’Abbave royale de Saint-Germaindes-Prés qu’il venait de fonder. Ce vocable d’Abbaye royale tenait, comme on le sait, à cette fondation faite par un roi de France. Il y ajouta le domaine de la Seine avec le droit de pêche, les iles et autres appartenances dans toute son étendue, depuis « la petite rivière de Sèvre jusqu’au pont de Paris; à quoi il faut ajouter l’oratoire de Saint-Andéol, nommé dans la suite Saint-André-des-Arcs, et son territoire ». (Histoire de l'Abbaye Royale de Saint-Germain-des-Prés, par Dom Jacques Bouillart, *724. P- 4-)

tion du monastère. C’est en cette année 1 336 que tout cet ensemble de constructions, dénommé le clos de Vaugirard, fut entouré d’une muraille haute de dix pieds, en vertu d’un acte passé au mois de décembre, entre Jean IV, dit de Précy, abbé de Saint-Germain, et les habitants d’Issy.

Cette transformation s’était faite dans les conditions suivantes :

Ces habitants ayant eu besoin d’agrandir leur église devenue trop petite, avaient obtenu, pour y procéder, le don d’une maison contiguë appartenant à l’abbaye. Entre autres dédommagements, ils s’étaient alors engagés d’enfermer le clos de Vaugirard et le moulin d’une muraille assez haute pour les protéger1.

On a vu plus haut, dans le dénombrement de i522, qu’il était, en effet, question d’un moulin à vent dans le domaine de Saint-Germain-des-Prés.

Le moulin de Vaugirard est fort connu dans la topographie de la région, et le plan de Roussel, daté de iy3i, le montre dans le vignoble dit : « Le Périchot ». D’après le plan des chasses du prince de Condé, vers le milieu du dix-huitième siècle, dont nous parlerons plus loin, le dit moulin apparaît dans un endroit qui serait approximativement aujourd'hui le carrefour des rues de La Cretelle, de la Grotte, et Olivier-de- Serre. Nous avons, en 1787, une indication intéressante concernant sa mise en vente :

Par contrat devant Margantin, notaire à Paris, du 28 novembre 1787, Fulgence Du Sap, négociant à Paris, rue des Prouvaires, a acquis de Laurent Artot, meunier à Vaugirard, y demeurant, et de Marguerite Bénin, sa femme, un moulin, sis à Vaugirard, dit de Vaugirard ou des Vignes, « posé sur un pied détour, volans, meule, tournans, travaillans et ustensilles, bâtiment à côté consistant en salles

1. Histoire de l'Abbaye Royale de Saint-Germain-des-Prés , loc. cit., p. 1 5a.

VAUGIRARD ai

basses, grenier au-dessus, caves, cours, puits, four, cellier, écurie, chambre audessus, 2 arpens 3/4 de terres en vignes, moyennant la somme de 6.000 livres».

Lequel appartenait aux vendeurs comme l'ayant acquis par acte du 29 juillet 1768 du tuteur de Louise Angélique Beaufils1.

Il est très visiblement indiqué dans le plan des environs de Paris, de Picquet, daté de 1800, où il est situé entre les dernières maisons de Vaugirardet les premières d’Issy, à égale distance du grand chemin de Vaugirard et du chemin de Paris à Vanves, à l’angle d’un chemin non dénommé.

Dans ses Mémoires, le comte Philippe de Ségur raconte un épisode de l'investissement de Paris, en 1814, par les armées prussiennes et à l’occasion duquel il parle de ce moulin. Un jour, étant chef d’état-major de l’armée chargée de défendre Paris sur la rive gauche, il chevauchait à Vaugirard aux côtés du général en chef. Des passants et des soldats leur apprirent la nouvelle de la défaite de Waterloo. Après un échange d’observations sur ce désastre et sur la situation présente, le général lui dit, en désignant le moulin de Vaugirard : « Voyezvous cette hauteur? songez-y; elle pourra bientôt acquérir de l'importance. Ideconnaissez-la bien2... »

Pour en finir, disons que le moulin de Vaugirard était occupé, en 1 832 , par Al. Larbot, fabricant de cordes d’instruments3.

Nous avons parlé plus haut des guerres de la Ligue et de la ruine de la maison et ferme de Saint-Germain-des-Prés. Nous rappellerons, à ce sujet, l’ordonnance du Bureau de la Ville de Paris, portant que les habitants de Vaugirard et des villages voisins devaient prendre les armes pour mettre en

1. Archives de la Seine. Lettres de Ratifications, n° 1 853**.

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