‹ VaugirardChapitre 11 sur 244 · Almanach Delacour , i832, p · texte numérisé non relu

Almanach Delacour , i832, p

pièces la première compagnie des ennemis qui se montrerait. Cette ordonnance, datée du 24 mai 1589, portait:

De par les Prévost des Marchans et Eschevins de ceste Ville de Paris. Il est ordonné que les habitans des villages de Venves, Issy, Vaugirard, Montrouge, Gentilly, Arcueil, Baigneux, Fontenay, Clamart, Chastillon et Meudon se mettront en armes pour mettre en pièces les compagnies des ennemis qui se présenteront; ausquels habitans nous donnons tout pouvoir de ce faire;

Et sera le Sieur de La Haye, le jeune, prié de mener et conduire les trouppes qui se lèveront des dietz villages pour l’exécution du présent mandement.

Et pour recongnoistre nos compagnies d’avec celles des ennemis, sera baillé aultant du selle de la ville aux cappitaines et chefz de noz dictes compagnies.

Faict au Bureau de la dicte Ville, le XX 1 1 1 1* jour de may iSSy*.

Comme les habitants des villages limitrophes, ceux de Vaugirard avaient été autorisés, vers le commencement de l’année 1589, par le Bureau delà Ville de Paris, « et attendu la nécessité de ce misérable temps », de renfermer leur localité de murs et de portes afin de s’abriter et de « ne plus être exposez aux foulles et oppressions de toutes sortes de gens d’armes, soldatz, coureurs et aultres ». Il leur avait été aussi permis d’avoir des armes pour leur défense, sous l’obéissance de la Ville, c’est-à-dire du Conseil des Seize, et de lever sur leurs concitoyens, « telles sommes qu’il sera requis et nécessaire selon le roole de la taille2 ».

On sait que le Conseil des Seize prenait son nom des seize personnages qui administraient, pour la Ligue, les seize quartiers de Paris, chacun se chargeant d’un quartier.

C’est très vraisemblablement de cette enceinte dont il est question dans le mémoire daté de 1734, rédigé par le curé de Langle à propos du procès intenté à Vaugirard par Saint-

1. Registre des délibérations du Bureau de la Ville de Paris, t. IX, par François Bonnardot, p. 36q. (M. Bonnardot déclare ne pouvoir donner un sens à l’expression « selle ».)

2. Registre des délibérations du Bureau de la Ville de Paris, t. IX, p. 2g 3, par M. François Bonnardot.

Étienne-du-Mont. On y lit qu’une partie de la seigneurie de Grenelle était jadis « enfermée dans l’enceinte des murailles et des portes de Vaugirard ». L’auteur ajoute que cette enceinte « de portes et de murailles » subsistait encore trente ans avant la rédaction de son mémoire, c’est-à-dire en 1704, et qu’au moment où il l’écrit il en reste « quelques tours et vestiges ». Les portes se voient très distinctement dans le plan joint au mémoire dont il s’agit, que nous analysons plus loin.

Le3i octobre 1589, a*ns^ clue nous l’avons dit plus haut, l’armée du Roi de Navarre investit Paris par le front sud. Elle occupa les villages de Vaugirard, Gentilly, Arcueil, Montrouge et Issy. Cantonnée dans ces localités, elle attaqua les tranchées parisiennes du côté de l’Université et les emporta de vive force dans la matinée du Ier novembre.

Signalons que, durant la Fronde, le pays avait été aussi quelque peu malmené, ainsi qu’en témoigne la relation ciaprès, du lundi onzièmejour de janvier 1649 :

M. Baudequin, bourgeois et l’un des Conseillers de la dite Ville de Paris, a proposé de se servir d’une maison qui est sur le chemin de Vaugirard, où il y a donjon et des fossez, de laquelle les ennemis s’estans emparez, ils pourroient faire des courses qui incommoderoient la garde du fauxbourg Saint-Germain *.

Pour en revenir aux religieux de Saint-Germain-des-Prés, nous dirons qu’ils tiraient de leur droit de seigneurie la faculté de concéder à des tiers la récolte des dîmes leur revenant, et d’en recevoir le paiement, soit en nature, soit en argent. Dans un bail et ferme des dîmes de grains d’Issy et de Vaugirard, passé le samedi dix-neuvième jour de juin 1 5 1 8, devant Cuzon, notaire, on lit que Gérard Gibon, laboureur demeurant à Issy, confesse avoir pris à moisson de grains, pour cette présente

!. Registre de l'Hôtel de Ville de Paris pendant la Fronde, par Le Roix de Linct et Douet d’Aecq, t. 1, p. 1 18.

année, des vénérables religieux, abbé et couvent de Saint- Germain-des-Prés les Paris, toutes les dîmes de grains que les dits seigneurs ont droit de prendre et percevoir, recueillir, recevoir sur les terroirs d’Issy et de Vaugirard, pour en jouir en la manière accoutumée. Cette prise à moisson était faite pour la quantité de 36 setiers de grains, mesure de Paris, et devait être du meilleur grain que le dit preneur recueillerait, et qu’il s’engageait de livrer à ses dépens, en l’hôtel et greniers de la dite abbaye de Saint-Germain-des- Prés, le jour et fête Saint-Martin prochain venant1.

En 1626, le 14 août, un arrêt du Parlement intervenait en faveur des « manans et habitans de Vaugirard », faisant défense aux religieux de Saint-Germain-des-Prés de prendre, lever ou exiger des dits habitants, pour leurs droits de dîmes des terres ensemencées en pois, fèves et autres légumes, plus de 20 deniers par chaque arpent, et pour la dîme des vins, plus de 4 pintes pour chaque muid2.

Lors de l’acquisition, en 1756, des carrières de Vaugirard pour la construction de l’École militaire, il fallut payer à la seigneurie de Saint-Germain-des-Prés le montant de la dîme des terres labourables, sur 23 arpents 18 perches que représentait la superficie acquise. Cette dîme était ainsi calculée, dans le procès-verbal du i5 mai de cette année, signé par Gabriel, architecte du Roi :

Et la dixme sur les 23 arpents 18 perches de terre sur le pied de 4 gerbes par arpent ou 20 sols, a quoy nous estimons les dites 4 gerbes, ce qui fait 23 livres, 7 sols, 7 deniers de revenu, année commune, dont le fond, au denier 20, produit la somme de 463 livres 1 1 sols 8 deniers3.

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