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CHAPITRE IX

LES CIMETIÈRES DE VAUGIRARD. — LE CIMETIERE MAUPEOU. — LE CIMETIÈRE DE L’ÉGLISE SAINT-LAMBERT. — LE CIMETIÈRE DE LA RUE DE SÈVRES OU RUE LECOURBE. — LES INHUMES DE LA VIEILLE ÉGLISE Y SONT TRANSPORTES. — LA SEPULTURE DE LABBÉ GROULT. — LES RESTES DES INVALIDES.

Dans la lettre de création de la paroisse de Vaugirard, signée de Foulque, Evêque de Paris, et datée du 23 février i3q2, on voit que l’une des conséquences de cette érection était l’ouverture, dans la localité, d’un cimetière pour la sépulture des habitants, dont l’inhumation, auparavant, se faisait dans la paroisse d’Issy. L’abbé Gaudreau. sans citer cette conséquence, assure qu’un petit champ de repos fut installé, dès l'origine de la paroisse, devant l’église, c’est-à-dire à l’emplacement où se rencontrent aujourd'hui les rues de Vaugirard, de Saint-Lambert, et Dcsnouettes.La choseest possible encore que nous n’en rencontrâmes aucune trace. Nous savons, cependant, par le mémoire du curé de Langle, cité ailleurs, que, vers l’année i65q, la fabrique de Vaugirard avait vendu à M. de Maupeou, un ancien cimetière de cette paroisse, situé sur la partie de la localité appartenant à la seigneurie de Gre-

nellc Le plan si curieux, joint au mémoire dont il s’agit, relatif au procès intenté par Saint-Etienne-du-Mont, plan daté de 17.34, montre l’emplacement de cette nécropole, placée en bordure du chemin de Vaugirard et allant jusqu’au sentier Bloinct, c’est-à-dire à droite en sortant de Paris, et à peu près en face du chemin de la Procession. Elle serait approximativement bornée, aujourd’hui, par les rues de Vaugirard, Cambronne, Blomet et l’impasse du Soleil-d’Or, ou peut-être un peu au delà de la rue Cambronne, mais toujours en bordure de la rue de Vaugirard.

Cet échange, entre la fabriquede Vaugirard et M. de Maupcou, donna lieu à un procès qui durait encore en 1661 ; nous en trouvons les détails dans un :

Mémoire pour Vaugirard relatif à la main-mise parle sieurde Maupcou sur le cimetière decette commune, qu'il a joint à une maison qu’il possédait.

Ce document, à son début, explique exactement 1’alTaire :

Monsieur de Maupeou, maître des comptes, ayant acquis une maison proche d’un cimetière, il désira avoir ledit cimetière et promit d’en bailler un autre en lieu commode, de pareille grandeur, de faire fouiller les terres, enlever les ossemens et les terres du cimetière qu’il désiroit avoir, ensemble la croix et table d’autel qui y estoient et lestransporter dans le nouveau cimetière qu’il devoitdonner, et qu’il nepourroit enclore ny fermer le cimetière ancien qu’il n’en eust donné un autreet qu’il n’eust satisfaict à ce que dessus.

La maison acquise par M. de Maupeou était située en bordure de la rue de Vaugirard, et touchait au sentier Blomet par plusieurs corps de logis et jardins. Elle était mitoyenne au cimetière, côté d’Issy, dans lequel il avait fait édifier une cha-

1. Dans la déclaration de Jehan Philippe et Poya de la Salle, marguilliers de la fabrique de Notre-Dame de Vaugirard, du 10 juin 1608, au terrier de Sainte-Geneviève, on trouve l’indication concernant la possession de terre, par la fabrique, autour de ce cimetière, alors en plein exercice : « Item, ung quartier et demy assis au dessoubz du Cimetière de Vaugirard, tenant à Jehan Fusault, aboutissant au chemin de Paris. » [Archives Nationales. S i8t3.)

pelle domestique placée sous la surveillance ducuré de Vaugirard.

Sans savoir si, exactement, la maison avait etc acquise avant le cimetière ou le cimetière avant la maison, nous signalons l'acte du 28 juillet 1669, par lequel M. de Maupeou achète de Alexandre Martineau, écuyer, sieur de Brouville, demeurant à Paris, rue Coquillère, une maison consistant en plusieurs corps d’hôtel, deux cours, un grand jardin, un autre petit à côté de la basse-cour, un grand enclos, tenant à la grande rue de Vaugirard, au grand chemin (Blomet) et, d’autre part, au cimetière. Tenant aussi au nommé Blambiche, marchand linger, au Palais, et à Gilbert de la Ville, procureur au Parlement. L’acquéreur est qualifié dans l’acte: messire Charles de Maupeou, conseiller du Roi en son conseil et maître ordinaire en sa Chambre des comptes, demeurant à Paris, rue des Bons-Enfants, paroisse Saint-Eustache b

Le mémoire du curé de Langle nous apprend que le contrat d’échange avait été passé par le sieur Levesque, notaire, et aussi que le sieur de Maupeou avait, de ce fait, occasionné toutes sortes d’ennuis à la commune.il commença d’abord par supprimer un chemin qui était fort utile aux habitants de Vaugirard pour se rendre dans les champs, et qu’il incorpora à sa propriété. Puis, il s’empara purement et simplement du cimetière convoité en le faisant enclore dans son jardin.

En dépit d’une requête à lui signifiée le 26 mai 1660, dit encore le mémoire, il passa outre aux revendications :

U a parachevé de faire enclore le dit cimetière, a faict abattre la croix qui estoit dedans et faict oster la table d'autel, afait faire des trous et desrigolles, et tout cet hyver a faict travailler à une chapelle, le tout de son autorité privée, sans permis-

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