CHAPITRE II
LES CENS ET RENTES DE LA SEIGNEURIE DE VAUGIRARD. — SES BIENS PENDANT LA RÉVOLUTION. — LE DROIT DE PÊCHE ET DE PASSAGE SUR LA RIVIERE DE SEINE. — LES PLANS DE LA SEI- GNEURIE. — LES LIEUX DITS. — LA JUSTICE DE SAINT-GERMAIN- DES-PRÉS. — LE CRIME DU SOLDAT DES GARDES SUISSES. — LE GREFFIER DE VAUGIRARD. — LES DICTONS BURLESQUES.
On se rendra compte des cens et rentes revenant à l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés à l’occasion de sa seigneurie de Vaugirard, en examinant les nombreux documents des Archives Nationales qui en font mention. Citons un cartulaire d’Issy et Vaugirard contenant des baux à titre de cens et rentes, acquisitions, transactions, échanges, faits par MM. de Saint-Germain-des-Prés aux habitants de Vaugirard et d’Issy, depuis l’an 1211 jusqu’en i53o. L’ancien Cueilleret de Vaugirard, de i32Ôà 1 346 ; l’inventaire des titres relatifs à Vaugirard, dans le cartulaire d lssy et Vaugirard, du treizième au seizième siècle; le registre d’ensaisinement de Vaugirard, Issy et Meudon, de i366 à i3yq; le cartulaire de Grenelle relatif à la censive de Saint-Germain-des-Prés; un registre manuscrit contenant les saisines mêlées, cartulaircs et pos-
sessions pour Issy, Meudon et Vaugirard pendant les années idçS à 1401, renferment aussi de nombreux renseignements concernant des mutations de propriétés h
Dans un autre registre censier de Saint-Germain-des-Prés, pour Vaugirard, ou registre cueilleret, cahier de 20 feuillets ne contenant que des indications très sommaires, on lit la mention suivante: « Manuel ou livre censier de cens et rentes dcubs à M. l’abbé de Saint- Germain au lieu de Vaulgirat en i36o-i377- » Et sur la première page: « Ce sont les cens Mons. l’Abbé de Saint-Germain-des-Prez-lez-Paris receus à Vaulgirat le jour Saint-Remy l’an mil trois cent soixante1 2. »
En 1710, les revenus de l’abbaye, pour la seigneurie d’Issy et Vaugirard, produisaient annuellement i.5oo livres3.
Le 3 avril i38o, par acte passé devant les notaires au Châtelet de Paris, les religieux de Saint-Germain-des-Prés donnent en échange à Guillaume de Villeflain, bourgeois de Paris, et à Jacquette sa femme, un fief sis à Montreuil, près Versailles, et reçoivent en contre-échange dix livres de rentes assises sur des maisons situées à Paris, à Saint-Germain et à Vaugirard4.
Pour les biens proprement dits, on lit dans un aveu et dénombrement rendu au Roi par les abbé et religieux de Saint-Germain-des-Prés en i3y3 :
Item, à Valgirart, i hostel, garenne, avec toute justice et XL livres de menus cens.
Item, III pressoirs banniers, et à Valgirart, H, avec les dismes, qui peut valoir IIe livres, et la justice qui vault XL livres5.
1. Archives Nationales. LL. 1070, LL. 1071, LL. 1074, LL. 1076, LL. 1069, LL. io36.