Archives Nationales. L
Et encore ceci, dans un état des biens de l’abbaye en
A Vaugirard, haute, moyenne et basse justice et 40 livres de menus cens, une maison et une garenne.
A Issy, les deux parts de la haute, moyenne et basse justice, cinq arpens de vigne et environ 60 livres parisis de cens et rentes. La dixme des grains et vins, tant à Vaugirard qu’lssy et pressoirs bannaux aux dits lieux 1.
Pour l’année 1621, on trouve l’indication suivante dans un dénombrement, comme possessions de l’abbaye de Saint- Germain-des-Prés à Vaugirard :
i° Un manoir et pourpris, corps d’hostel, chapelle, masures, granges, étables, bergeries, cour, puits, jardin, garenne derrière, où il y a un colombier et une guette aussi à pied, qui souloit être un moulin à vent. Tous ces lieux contiennent environ i5 arpents et sont de petits revenus;
20 Une autre maison avec appartenances, sur la grande rue et près de l'église de Vaugirard, en laquelle sont deux pressoirs banniers, l’un à arbre, l’autre à roue, tout contenant deux arpents, rapportant 5 livres par an;
3° Trois arpents de vigne en une pièce au lieu dit le Rends l'abbé ;
4° Dix-huit arpents de terre labourable, produisant par an 8 setiers de grain esteil, et sont fort maigres. Quelques rentes foncières sur les immeubles de l’endroit et îo livres de cens sur le Village2.
Dom Bouillart signale également que Pierre II, dit de Courpalay, élu abbé en i3o3, agrandit le domaine de l’abbaye à Vaugirard, en faisant l’acquisition de plusieurs biens, en 1 323, au prix de deux cents livres, à deux gentilshommes, Jean Oudard et Henri Verlegrand, héritiers de Guiard de Vaugeville, leur oncle3.
Au moment de la Révolution, la déclaration des biens et
1. Les Dépendances de l'Abbaye de Saint-Germain-des-Prés, par D. Anger, t. 111, PP- 174-175.
2. Archives Nationales. S. 2976. Et : les Dépendances de l'Abbaye de Saint-Germaindes-Prés, par D. Anger, Paris, Poussielgue, 1906, t. I,r, p. 112.
3. Histoire de l'Abbaye Royale de Saint-Germain-des-Prés , par Jacques Bouillart, 1724, p. 149.
revenus de l’abbaye royale de Saint-Germain-des-Prés, du 27 février 1790, fait connaître que la seigneurie d’Issy et Vaugirard rapportait 5.663 livres 18 sous 4 deniers. L’ensemble des revenus de l’abbaye atteignait 2 22.692 livres 5 sous 5 deniers '.
Voici une autre interprétation de la valeur des biens et revenus de cette seigneurie, dans la déclaration de 1790:
Diocèse de Paris, hors la Ville. Prévôté et vicomté de Paris. Terre et seigneurie d’Issy et Vaugirard, fisc royal, donné par le Roi Childebert Ier, l’an 558;
i° La haute, moyenne et basse justice;
2° Les cens, rentes et Iods et ventes de la dite seigneurie, et la mouvance du fief de Vaugirard et du petit fief de 3 arpens, dit la Gentillesse, mouvant de la dite seigneurie, montant, année commune, d’après l’estimation des dix dernières années ; ci : 4.000 livres ;
3° La Terre seigneuriale d’Issy et Vaugirard consistant en bâtiments, cours et granges, auditoire et geôle, le tout contenant six arpens, plus 46 arpents et demi de terres labourables, et six de prés, et toutes les dixmes louées au sieur Allard, laboureur, par bail devant Lefèvre, notaire à Paris, le 1 1 janvier; ci : 1.608 livres 1 3 s. 4 d. 1 2.
A cette époque, la dite seigneurie possédait encore en biens propres, à Vaugirard, quatorze arpents de terrains, ci-devant en carrières, fouillés en partie et minés en d’autres, dont la surface inégale, montueuse et dépourvue de terre rendait le sol inculte Cela résulte d’une estimation faite le 8 janvier 1791, par les experts Destriche, nommé par la Municipalité de Paris, et Vilmorin, nommé par l’Assemblée Nationale. Ce terrain des bénédictins, exploité jadis par l’Ecole Militaire, tenait du levant à M'le du Harnois; du couchant, à la rue des Vignes ; du midi, au sieur Fossé, Mlre Carrier; et du nord, au chemin derrière les propriétés de MM. Grognet père ;
1. Histoire de Paris, par l’abbé Lebeuf, édition Cocheris, t. III, additions, p. 74.
2. Les Dépendances de l'Abbaye de Saint-Germain-des-Prés, par D. Anger, 1909, t. 111, p. 207.
Touglet, pâtissier; Fondary; Vve Aubert; Bellavoine, etc. N’étant d’aucun produit, il fut estimé, à raison de 120 livres l’arpent, à la somme totale de 1.680 livres. La Ville de Paris en fit l’acquisition en vertu du décret de l’Assemblée Nationale du 6 mai 1 791 1 .
La puissante abbaye avait aussi des droits sur la rivière de S eine, au-devant de Vaugirard, soit pour la récolte sur les îles, soit pour les droits de pèche et de passage.
Voici le texte d’une sentence provisionnelle contre le curé de Vaugirard, pour le profit des îles dans la Seine, datée du 3 mars iq55 :
Sentence donnée au Châtelet de Paris, le 3i mars 1455, par laquelle appert que contestation mue entre Me Raoul Mauprouvé, curé de Vaugirard, demandeur, d’une part, et les Abbé et Religieux de Saint-Germain des Prez, défendeurs, d’autre part, les quelles parties réclament la provision et dépouille de certaines isles situées dans la Rivière de Seine, plus amplement déclarées dans leur plaidoyé; veu tout ce qui étoit a voir et considérer sur les lettres connues à ce sujet; a été dit que les dits defendeurs auront et dépouilleront par provision et sans préjudice des droits et procès d’icelles parties, les isles dont question est entr'elles pendant, et durant le procès d’entre les d. parties en bailleront toutefois par iceux défendeurs bonne et seure caution de la valleur d’icelles dépouilles, nonobstant chose proposée par le d. demandeur, tous despens réservés en deffinitive2.
On trouvera dans nos pièces justificatives le bail du port de Grenelle, concédé par les dits religieux, le i5 mars iSoy, à Maître Mathieu Macheco, seigneur de Passy-les-Paris, moyennant cent sols de rentes viagères à payer à l’abbaye :
C’est à scavoir tout le droit que les dits religieux, abbé et couvent du dit Saint-Germain ont et peuvent avoir à quelque titre, cause, raison et moyens que ce soit et puisse être au port et passage étant en la rivière de Seine en leur haulte justice, moyenne et basse, nommé le port de Grenelle, entre le dit Grenelle et Pacy.