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Archives Nationales. D VI 45, n

plus saine conception de leur devoir. Il fut convenu que cinq barils de poudre, le sixième ayant été déjà distribué aux gardes nationaux, et celui contenant les projectiles, seraient remis à la Municipalité de Paris, laquelle, de son côté, dans sa séance du 22 juin de cette année, consentait en échange, d’envoyer cent cartouches « pour l’armement des citoyens de Vaugirard1 ».

On retrouve, au mois de septembre suivant, une autre histoire de poudre qui pourrait bien n’être que la suite de la précédente. Dans sa séance du 29 de ce mois, le Directoire du Département de Paris donnait l’ordre à M. Viguier de Curny de faire enlever trois barils de poudre destinés à la marine et dont la Municipalité de Vaugirard était dépositaire. Ces barils devaient être remis le 24 septembre à M. Savard, adjudant général de la gendarmerie nationale.

En dépit d’une missive de paix et de conciliation, adresée aux habitants de la localité par le Directoire, qui s’en remettait à eux pour l’exécution d’un ordre donné au nom de la loi, ceux-ci voulurent s’opposer par la force à l’enlèvement des munitions. En même temps, cependant, qu’il adressait cette missive, et comme s’il avait peu de confiance dans son efficacité, le Directoire chargeait le Maire de Paris de la faire appuyer de forces suffisantes pour que le dernier mot restât à l’autorité2.

Dans une lettre fort intéressante, datée du 3o septembre suivant, adressée par Bailly à Lafayette, on voit que l’ordre fut donné d’envoyer un détachement de cavalerie ou d’infan-

1. Tableaux de la Révolution française, par Adolphe Schmidt, Leipzig, 1867, t. I, p. 37. Et Les Actes de la Commune de Paris pendant la Révolution, par Sigismond Lacroix, 2* série, t. V, p. 148.

2. Les Actes de la Commune de Paris pendant la Révolution , par Sigismond Lacroix, 2* série, t. VI, pp. 517, 5 18, 52i.

terie qui devait se tenir à quelque distance de Vaugirard, et n’être mis en mouvement, par M. Viguier de Curny, que lorsque les moyens de conciliation seraient épuisés1.

Lors de la mémorable journée du 10 août 1792, la localité fut le théâtre de l’arrestation de trente-quatre personnes, dont vingt-six gardes du roi qui s’étaient évadés de l’Ecole militaire. Ce coup de filet avait été opéré par les patrouilles de la Garde Nationale de Vaugirard, sur le territoire même de la commune ; les prisonniers, après interrogatoire à la Municipalité, furent conduits sous escorte à la section de la Croix-Rouge qui les envoya à l’Abbaye. Beaucoup devaient y être massacrés au mois de septembre suivant.

On trouvera aux Archives Nationales , le procès-verbal de cette arrestation, avec les noms des prisonniers, qu’il n’est pas intéressant pour nous de reproduire. Une mention écrite sur cette pièce indique que le citoyen Claude-Antoine Fleury, peintre, n’ayant jamais été garde du roi, et « ne faisant que se promener quand on l’a arrêté », a été remis en liberté2.

M. de Cléry, valet de chambre de Louis XVI, attaché au service du Dauphin, a raconté son arrestation à Vaugirard, le 10 août 1792: Après la prise du château des Tuileries, il se trouvait dans une maison amie avec Mme de Rambaut, femme de chambre du Dauphin. Cette dame habitant une maison sise sur la route de Versailles, il fut convenu que Cléry l’accompagnerait jusque là et gagnerait ensuite un petit village situé à cinq lieues de Paris, où étaient sa femme et ses enfants. En traversant la plaine de Grenelle, des paysans à cheval les rencontrent et leur crient de loin : « Arrêtez ou la mort. » Prenant Cléry pour un garde du roi, un paysan le

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