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Archives Nationales. W 338, n

2. On trouvera cette indication dans notre pièce justificative datée du i5 Prairial an III. (Pièce n° i5.)

Berteaux, de figurer la déesse Raison dans la fête qui devait avoir lieu deux jours plus tard en l’honneur des Martyrs de la Liberté. On lui demandait de prononcer un discours approprié à la circonstance, et on poussait la galanterie jusqu’à lui laisser le choix de son costume.

Les Archives Nationales conservent le compte rendu de la cérémonie du 3o brumaire, où l’on peut lire que le cortège se rendit tout d’abord à l’église Saint-Lambert, devenue temple de la Raison, et où furent chantés des hymnes à la Liberté. Après avoir enlevé tous les ornements religieux, signes du fanatisme le plus arriéré, le cortège se mit en marche dans l’ordre suivant :

i° Un détachement de la gendarmerie, avec le bataillon de Vaugirard, l’assemblée populaire, celle de l’agriculture, un groupe de vieillards de l’hôtel des Invalides;

2° Les jeunes citoyennes portant un insigne tricolore;

3° Les jeunes citoyens avec leur drapeau ;

4° Un groupe de musiciens ;

5° Les quatre bustes de Jean-Jacques Rousseau, Brutus, Marat et Le Peletier Saint-Fargeau, portés chacun par deux citoyens ;

6° La Municipalité de Vaugirard avec d’autres Municipalités voisines ;

7° La déesse Raison « sur un brancard triomphal » orné de draperies, représentée par la citoyenne Berteaux, ayant devant elle son enfant adoptif et à ses côtés deux vestales, représentées par les filles des citoyens Michault-Lannoy et Herard ;

8° Les Commissaires du Département de Paris;

9° La Liberté, portée sur un char triomphal, accompagnée de quatre vestales vêtues de blanc. La déesse était représentée par la citoyenne Villeneuve, de la section de Saint-Séve-

rin, rue Zacharie, précédée par un hercule dans son costume, qui était le citoyen Bagueris, greffier de paix de Vaugirard ;

io° La marche était fermée par un détachement de gendarmerie « à la résidence de Vaugirard ».

La mise en scène de ce cortège avait été organisée par le citoyen Étienne-Gabriel Trom, architecte-ingénieur, juge de paix de la commune.

Le défilé suivit les rues de Vaugirard, du Pavé-de-l’Ecole, Neuve-Blomet, de Sèvres jusqu a la barrière, et revint à la place d’Armes, sur laquelle était construit un autel.

L'autel dont il s’agit avait la forme d’un tombeau et était entouré des légendes suivantes :

PEUPLE, MARAT N’EST PLUS, AH ! TROP INJUSTE SORT ! c’est POUR TOI qu’il VIVAIT, c’est POUR TOI qu’il EST MORT 1 QUE LE TYRAN PÉRISSE ET JE MEURS SATISFAIT.

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