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Archives de la Seine. Domaine. Carton 458, dossier i3i

2. Dictionnaire historique, topographique et militaire de tous les environs de Paris, par M. P. S* A... (Saint-Albin), 1816, p. 566.

calité, sauf ceux qui seraient reconnus hors d’état de le faire, devraient verser sur-le-champ, entre les mains de M. Jolivet, receveur des Contributions, le huitième du montant de leurs taxes foncières, personnelles et mobilières réunies. Les assistants déclaraient que ces avances étaient faites pour sauver la commune « des dangers d’une exécution militaire », sauf par eux à se pourvoir devant le gouvernement, soit pour être remboursés de leurs avances, soit pour que celles-ci fussent imputées sur les contributions de l’année. Le maire se chargea de remettre à l'autorité supérieure l’adresse rédigée séance tenante, et qui était signée des principaux habitants de Vaugirard: les sieurs Desrucs, Fondary, Dunepart, Cadot, Derecq, Courbet, Ustag, Gombert, Alban, Maillet, Manon, femme Marais, Bourgain, Langlet, Dorange, Barré, Conard, Laidié, Briban, Thibaut, Fauveau, Jolivet, Hébert, Bellamy, Monnet '.

Il nous faut également enregistrer les sentiments de condoléances de la municipalité de Vaugirard, à l’occasion de l’assassinatduduc deBerri, par Louvel, le i3 février 1820, envoyés par une lettre du Maire, flétrissant « l’épouvantable forfait qui a ravi à la France un prince qui étoit appelé à de hautes destinées ».

Nous trouvons aussi, vers cette époque, la décision du conseil municipal de cette localité, du 23 avril 1821, votant, malgré la pauvreté de ses finances, une somme de 200 francs pour concourir à l’acquisition du domaine de Chambord. On sait que ce célèbre château, construit sous François Ier, fut acheté par souscription, en 1821, et offert au duc de Bordeaux qui prit, de ce fait, le titre de comte de Chambord1 2.

On rencontre également, aux Archives de la Seine , des états nominatifs des blessés et combattants des trois journées de juillet i83o, appartenant à la commune de Vaugirard. Nous y voyons que la croix fut décernée aux citoyens Roux-Lafleur, rue du Haut-Transit; Connoissant, grande rue Vaugirard, 28; Grognet, même rue, nu iq3; Jammes, sans adresse; Maugé, boulevard des Paillassons; Turquet, rue de l’École; Prudhomme, grande rue, n° 89. La médaille avait été remise à Daban, grande rue nu 1 55 ; et à Morlan et Lépine, sans adresses connues.

Il va sans dire que beaucoup de combattants sollicitèrent des récompenses, en vantant, avec aussi peu de modestie que possible, leur courage et leurs exploits. A titre de curiosité, et entre beaucoup, nous reproduisons ci-dessous une lettre dans ce sens adressée au roi par un habitant de Vaugirard :

Au Roi. Sire. Le soussigné, Mathieu Raganeau, fabricant de produits chimiques, ose exposer à votre Majesté que, dans les journées des 27, 28 et 29 juillet, il a donné des preuves non équivoques de son courage et de son dévouement. Il a participé à la prise de l’Hôtel de Ville, de la caserne Babylone. Il a soutenu le feu au Louvre avec une intrépidité qui a été remarquée par tous ceux qui s’y trouvaient. Ses services n’ont pas été moins empressés dans la commune de Vaugirard où il réside, et il s’est constamment rendu fort utile au camp provisoire et à la mairie. Ni les fatigues excessives qu’il a éprouvées dans ces mémorables journées, ni le coup de feu qu’il a reçu à la cuisse, n’ont ralenti son zèle un seul moment. En conséquence, il supplie votre Majesté de vouloir bien lui accorder une médaille avec autorisation de la porter. Cette faveur à laquelle il attache le plus grand prix, sera pour lui la récompense la plus flatteuse de son zèle. Il est, avec le plus profond respect, Sire, de votre Majesté, le très humble et très dévoué sujet. Signé : Raganeau, rue de la Procession, 24, à Vaugirard.

Ce 28 août i83o l.

Nous terminerons la relation de ces menus faits politiques en signalant deux manifestations de la Municipalité de Vaugirard en faveur de la royauté ;

Le 29 décembre 1 838, elle recevait, avec des sentiments de reconnaissance chaudement exprimés, la somme de 5o francs pour être distribuée à 5o indigents, à l’occasion de la naissance de S. A. R. le comte de Paris.

A l’occasion de l’attentat du 16 avril 1846, commis contre Louis-Philippe, le Conseil municipal avait voté une adresse de réprobation, à laquelle M. de Rambuteau répondit de la façon suivante :

Paris, le 29 juin 1846. Monsieur le Sous-Préfet. Je vous prie d’informer M. le Maire de Vaugirard que M. le Ministre de l’Intérieur a mis sous les yeux du Roi, l’adresse du Conseil Municipal de cette commune à l’occasion de l’odieux attentat commis sur sa personne, et que Sa Majesté l’a chargé de dire combien elle est sensible aux témoignages de respect, d’affection et de sympathie qui y sont exprimés. Agréez, etc.

Le Pair de France, Préfet. Signé : de Rambuteau '.

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