LES MOULINS A VENT. — LES CARRIERES ET LA CONSTRUCTION DE
l’école militaire. — la sablonnière. — le parc de l’école
MILITAIRE A VAUGIRARD. — LES VIGNES, LES PRESSOIRS ET LA DÎME DES VINS. — LA SOURCE d’eàU MINÉRALE. — GUINGUETTES ET VIEILLES ENSEIGNES. — LE CABARET DES BONVIN. — MAISONS NOTOIRES. — LE CHATEAU FRILEUX. — Mlle DE LÉVIS. — LA MAISON DU CARDINAL DE GESVRES. — LE DUC ET LA DUCHESSE DU MAINE. — L’HABITATION DE Mlle DANGEVILLE, DE LA COMÉDIE-FRANÇAISE.
La situation particulière du terroir de Vaugirard, ayant devant lui les immenses plaines de Grenelle, de Vaugirard, et le plateau élevé situé sur les confins de Montrouge, devait être très favorable à l’industrie des moulins à vent. On les trouve groupés, sur les anciens plans, non pas dans le village, mais dans ses dépendances et surtout dans la circonscription territoriale formant plateau, qui serait aujourd’hui limitée par le boulevard de Vaugirard, en entier ; l’avenue du Maine, entre la place de ce nom et la rue de Vanves ; la rue de Vanves, entre l’avenue du Maine et la rue de Gergovie ; la rue Falguière, entre la rue de la Procession et le boulevard Pasteur.
Le plan manuscrit du canton de chasse du prince de Condé, conservé à la Bibliothèque de Ici Ville, et dont nous avons déjà parlé, exécuté au milieu du dix-huitième siècle, indique, dans le territoire que nous venons de délimiter, le moulin Mortier, les deux moulins Châtelain, les deux moulins Loyer, le moulin d’Anson et le moulin de Beurre. D’autres y sont encore indiqués, mais qui n’appartiennent pas à la localité de Vaugirard.
Dans le plan des chasses (1764-1773), annexé à ce volume, sont encore figurés de nombreux moulins sous diverses dénominations : le moulin de la Citadelle, qui serait vraisemblablement aujourd’hui à l’encoignure des rues du Château et Vercingétorix ; le moulin de Beurre, dans la rue qui porte son nom ; le Moulin Vieux, vers les rues de l’Ouest et du Château ; le moulin Neuf, non loin du moulin Vieux.
Le même document indique aussi le moulin de Vanves, toujours sur le territoire de Vaugirard, qui a donné son nom au Chemin-du-Moulin, aujourd’hui rue de Dantzig. Il serait vraisemblablement situé aujourd’hui à la jonction de cette dernière rue et de la rue Robert- Lindet.
Nous avons, d’autre part, décrit assez longuement le moulin de Vaugirard dans le chapitre des Seigneuries, pour n’avoir pas à y revenir ici.
On trouve dans l’acte de vente d’un de ces bâtiments situé au lieu dit les Fourneaux , ce qu’était exactement un moulin à vent au dix-huitième siècle. Pierre Châtelain, meunier, plaine de Montrouge, par contrat passé devant Le Roux, du 26 avril 1774, achète de Jacques-Léonard Morel, ancien contrôleur des Rentes de l’ Hôtel-de-Ville :
...unetour de moulina vent sise à Paris, terroirde Sainte-Geneviève, près Vaugirard, lieu dit les Fourneaux, avec les tournans, travaillans, agrès et ustensiles
servant à la manutention du dit moulin, ensemble le terrain sur lequel le dit moulin est construit, le tout contenant 3o perches à prendre sur le bord du chemin des Fourneaux, moyennant la somme de4.3oo livres.
Ce moulin appartenait au vendeur comme l’ayant acquis, le 27 décembre 1772, de Charles-Joseph Hano, Grand Messager de rUniversité, qui le tenait d’Antoine de Quelon, chevalier, colonel d’infanterie, par acte du 28 février 1759 b
Nous trouvons aussi la précieuse indication qu’en 1672, un moulin à vent qui tournait à Paris, devant la porte du Temple, fut démonté de toutes pièces et reconstruit à Vaugirard, dans la plaine des Gaudelines, c’est-à-dire au chemin de Sèvres, vers le cimetière actuel de la rue Lecourbe. La pièce est intitulée:
Mémoire des ouvrages qu’il convient faire pour la démolition d’un moulin appartenant à Jullien Mané, et le porter de la Porte du Temple de la Ville de Paris et le restablir sur le Terroir de Vaugirard, au lieu dit Gaudelines.
On y lit qu’il faut avoir tous les équipages nécessaires pour le transport, descendre les meules, l’attache, les sommiers, l’assemblage, l’arbre, la volée. Il faut aussi faire une montée neuve pour l’utilité du dit moulin, et ajuster lecharpe qui porte et soutient la queue de la montée, et encore ajuster une petite galerie au deuxième étage, qui doit être faite de bois neuf de trois à quatre pieds de large. Détacher les ailes et le bandeau de toile pour pouvoir les descendre. L’engagement du charpentier fut passé devant le greffier et tabellion de la châtellenie d’Issy et Vaugirard, le i5 août 1672 1 2.
Le plan de J. Quesnel, 1609; une gravure de Mathieu Mérian, 1620; le plan de Gomboust, 1602, montrent plusieurs moulins à vent sur une butte llanquant la Porte du Temple, à