Archives Nationales. L
demi de vigne situés près de Vauboitron, dans la plaine, faisant partie de la censive de l’abbaye1 2.
Ce fut en l’année 1266 que les bénédictins de Saint- Germain qui, on vient de le voir, étaient déjà possesseurs de biens à Vauboitron, s’y établirent d’une façon plus définitive. Jacques Bouillart, religieux de la congrégation de Saint-Maur, historien de l’abbaye, raconte ainsi la construction d’une maison de campagne ou de retraite à Vaugirard, pour les moines du couvent :
Les premiers soins de l’abbé Gérard furent employez au rétablissement des fermes de l’abbaye. 11 commença par bâtir une maison à Valboitron, maintenant appelé de son nom Vaugirard, et la destina pour servir de maison de campagne à ses religieux après leurs maladies et dans les autres besoins. Et de peur qu’ils n’en prissent occasion de se dissiper et de se relâcher dans leurs observances, il y fit construire des lieux réguliers avec une chapelle dédiée à saint Vincent ; afin qu’ils puissent y célébrer les divins offices, et observer à peu près les mêmes exercices que dans l’abbaye. Ces bâtiments ont subsisté pendant quelques siècles ; mais à la fin ils sont tombez en ruine, et il n’en est resté que la chapelle, qui a été abattue sur la fin du dix-septième siècle*.
Il faut retenir de ces lignes, écrites en 1724, que Gérard de Moret, abbé de Saint-Germain-des-Prés, substitua, à cette époque, au nom de Valboitron, son nom de Val Gérard, qui devint bientôt Vaugirard.
Voici encore, à l’actif de l’abbaye, l’indication d’une acquisition territoriale : au mois de mars 1 2 83 , par acte devant l’official de Paris, Girard de Parme, clerc, et Eustachie, sa femme, vendent pour six livres parisis à Raimond, abbé, et au couvent de Saint-Germain-des-Prés, trois arpents de terre en deux pièces, situés à Vaugirard, dans la censive de la dite
1. Notes de M. Fernand Bournoti, d’après une pièce des Archives Nationales. LL. 1070, f* 320.
2. Histoire de l'Abbaye Royale de Saint-Germain-des-Prés, par Jacques 'Bouillart, 1724, p. i3o.
abbaye. Le document est scellé d’un cachet de cire représentant la tète d’un abbé mitré1.
Trente-six années après la fondation de l’abbé Gérard de Moret, c’est-à-dire en 1292, on trouve l’aliénation, par bail, de la maison, du domaine et justice de Vaugirard, faite en vertu des lettres du 12 janvier de cette année, par les religieux de Saint-Germain-des-Prés, à « Rauf de Clermont, conestable de France », pendant son vivant seulement, au prix de trente livres parisis par année.
La pièce est scellée d’un grand sceau de cire représentant un cavalier armé d’une épée2.
Nous ne saurions dire si le domaine loué à vie dont il est ici question, doit se confondre avec la maison de retraite fondée par Gérard de Moret. Au dire de Jacques Bouillart, cet abbé avait restauré les fermes de l’abbaye, fait édifier une maison destinée à ses religieux, construit des lieux réguliers et fait élever une chapelle. 11 se pourrait donc fort bien que tout cet ensemble fût le meme que celui dont il est question dans l’aliénation de 1292, qui vise « la maison de Valgirard avec les terres, les vignes, les issues, toutes les appartenances d’icelle, ensemble la justice de la dite ville de Valgirard ». Ce sont ces dépendances que nous verrons plus loin tomber, pour l’exploitation, entre les mains de simples cultivateurs.
Voici, d’ailleurs, rencontrée dans un autre fonds, la pièce concernant le bail à vie dont il s’agit :
Nous Raous de Clermont connestables de France et Sires de Neele a tous ceux qui les présentes lettres verront ou oïront, salut, nous faisons sçavoir a tous que nous tenons et avons pris a ferme des Religieuses personnes l’Abbé et