‹ VaugirardChapitre 201 sur 244 · Aperçu rétrospectif , etc., loc. cit., p · texte numérisé non relu

Aperçu rétrospectif , etc., loc. cit., p

. Archives de la Seine. Carton de Vaugirard. i5K.

Un domaine de 3 ha. 3i a. 24 ca. se trouvait entre la Chaussée du Maine et le boulevard de Vaugirard, dont une grande partie fut prise en 1 838, pour la ligne du chemin de fer de Paris à Versailles. D’autres parcelles devinrent les rues du Cotentin et Vandamme. Lors de l’annexion, cette administration possédait encore à Vaugirard plus de 35. 000 mètres de terrain, qu’elle vendit après avoir ouvert la rue Neuve- Brezin, devenue rue Niepce,etla rue Pernety prolongée *.

La construction de l’enceinte de Louis-Philippe 11e fut pas sans amener quelques perturbations à Vaugirard. La nouvelle zone imposait, en effet, de telles servitudes aux terrains et marais en bordure, que ceux-ci devenaient pour ainsi dire inaliénables. Les habitants eurent aussi cette crainte, qui devait se réaliser vingt ans plus tard, de voir la ville de Paris prendre un jour les fortifications pour limites, et d’être ainsi incorporés à la capitale et frappés de droits d’octroi qu’ils ne payaient pas jusque-là. Dans la séance du 5 novembre 1840,1e Conseil municipal de Vaugirard prenait donc une délibération demandant aux Chambres d’introduire dans la loi une clause portant l’expertise des propriétés avec indemnités compensatrices ; et un article disant qu’aucun changement ne serait apporté à la circonscription de l’octroi de Paris1 2.

Ces mêmes habitants eurent encore l’occasion de protester, lors de la mise en adjudication du 23e lot de l’enceinte, situé sur leur localité. Un arrêté du Préfet de la Seine, du 11 avril 1842, autorisait les sieurs Séguin frères, entrepreneurs, d’extraire les moellons dont ils auraient besoin dans des terrains situés à Vaugirard, au lieu dit les Hautes Mays.

Le Conseil municipal s’assembla le 10 mai 1842 et

1. Le Domaine des hospices de Paris, par M. Amêdêe Bonde, 1906, pp. 257 et 259.

prit une délibération demandant au Préfet de rapporter son arrêté :

Considérant, disait la délibération, qu’il serait désastreux pour la commune de Vaugirard que des carrières vinssent à être ouvertes dans la localité désignée par MM. Seguin, attendu que cette localité donnant immédiatement sur la route du Transit, près des murs de Vaugirard, est de nature, par sa position, à recevoir des constructions et à donner une grande extension et un grand développement à la commune, qui ne peut acquérir que de ce côté *.

Le 26 octobre 1840, un autre lot, situé entre la route royale n° 20 et le Moulin de Vaugirard, avait été adjugé à la Société Lemarié, Cornu et Laplanche2.

Il nous faut ajouter que l’enceinte de Louis-Philippe respecta complètement l’intégrité du territoire de Vaugirard, ne le divisa pas en deux parties, et le laissa entièrement intramuros. Ce qui permit, lors de l’annexion de 1859, d’incorporer toute la commune à Paris.

L’ordonnance de la Prévôté d’Issy et Vaugirard, du 8 mars 1737, nous apprend que le roi accorda aux habitants de Vaugirard le pavage de la grande rue de leur commune. Cette gracieuseté n’était, à la vérité, qu’une demi-mesure car les rues avoisinantes qui y aboutissaient, restant à l’état de chemins, ne devaient pas manquer, dans un court délai, d’annuler l’effet de ce pavage par le déversement de leurs terres et immondices. Aussi bien, les habitants, dans une réunion qu'ils tinrent le 3 mars de cette année, résolurent-ils de profiter de la confection de la principale chaussée pour améliorer les autres voies, et offrirent-ils de se charger eux-mêmes du travail en utilisant les pierresrestant disponibles. L’ordonnanceprécitée eutdoncpour but d’homologuer cette délibération des habitants de Vaugirard ,

Archives de la Seine. Registre n° 2 des délibérations du Conseil Municipal de Vaugirard.

2. Bibliothèque historique de la Ville. Manuscrit N. A. 28-29, f* 20.

et de prescrire à tous particuliers, journaliers, marchands, carriers et autres travailleurs de la commune, d’y concourir avec pioches, pics, bâches, brouettes, pelles, chevaux, voitures et hommes pour les conduire. Et ce à peine d'y être contraints par les voies de droit1.

Une affiche du 9 décembre 1780 nous fait connaître également qu’à la requête de Louis-Claude Picard, avocat en Parlement, Prévôt de la Prévôté et châtellenie d’Issy et Vaugirard, les mêmes habitants furent chargés, dans les vingt-quatre heures, de faire enlever au-devant de leurs portes, les boues et immondices obstruant : « l’égout recevant les eaux de la Grande-Rue de Vaugirard, qui étoit engorgé ». Sinon, la chose serait faite à leurs frais à la diligence du Procureur fiscal2.

On trouvera dans nos annexes la liste complète des voies publiques de Vaugirard au moment de l’annexion. A cette nomenclature, établie d’après le plan de 1869, nous joignons la situation actuelle de ces voies depuis qu’elles sont devenues parisiennes, c’est-à-dire leurs noms nouveaux, leurs tenants et aboutissants3.

Dans le premier quart du dix-neuvième siècle, la viabilité des rues de Vaugirard n’était pas sans laisser quelque peu à désirer, si nous en croyons une pétition du 21 mars 1 835 demandant le pavage de la rue de Sèvres pour obvier à l’envahissement de la boue et des fondrières :

Le voyageur, trompé par l’apparence d’une belle route tracée par la nature sur une largeur de 18 mètres, ne reculera plus d’effroi à son arrivée au cimetière; là, le piéton s’arrête, les voitures de luxe et de commerce trouvent une barrière qu’ils ne peuvent franchir.

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