Saint-Médard, par M. Charles Manneville, 1906, p
2. Le Cimetière Sainte-Catherine, par M. Charles Manneville, Bulletin de la Société de la Montagne Sainte-Geneviève, année 1909, p. 343.
C'est là, en effet, que Jean Valjean est enterré vivant dans la bière de la sœur Crucifixion, amenée du couvent de Picpus, et c’est de la terre de cette nécropole que Fauchelevent le tire avec tant de peine.
Ce dernier indique qu’il s’agit : « d’un ancien cimetière qui est en dehors des règlements, qui n’a pas l’uniforme, et qui va prendre sa retraite ».
Et il ajoute : « Les religieuses d’ici ont un privilège, c’est d’être portées à ce cimetière-là à la tombée de la nuit. Il y a un arrêté de la Préfecture exprès pour elles... »
Plus loin, Victor Hugo précise le tableau :
« Le cimetière de Vaugirard faisait exception parmi les cimetières de Paris. Il avait ses usages particuliers de même qu’il avait sa porte cochère et sa porte bâtarde que, dans le quartier, les vieilles gens, tenaces aux vieux mots, appelaient la porte cavalière et la porte piétonne. Les bernardines-bénédictines du Petit-Picpus avaient obtenu, nous l'avons dit, d’y être enterrées dans un coin à part et le soir, ce terrain ayant jadis appartenu à leur communauté. Les fossoyeurs, ayant de cette façon dans le cimetière un service du soir l’été et de nuit l’hiver, y étaient astreints à une discipline particulière. Les portes des cimetières de Paris se fermaient à cette époque au coucher du soleil, et, ceci étant une mesure d’ordre municipal, le cimetière Vaugirard y était soumis comme les autres. La porte cavalière et la porte piétonne étaient deux grilles contiguës, accostées d’un pavillon bâti par l’architecte Perronnet et habité par le portier du cimetière. Ces grilles tournaient donc inexorablement sur leurs gonds à l’instant où le soleil disparaissait derrière le dôme des Invalides... Ce cimetière, avec ses originalités en dehors de la règle, gênait la symétrie administrative. On l’a supprimé peu après i83o. Le cimetière Montparnasse lui a succédé, et a hérité de ce fameux cabaret mitoyen au cimetière Vaugirard qui était surmonté d’un coing peint sur une planche, et qui faisait angle, d’un côté sur les tables des buveurs, de l’autre sur les tombeaux, avec cette enseigne : Au bon Coing.
« Le cimetière Vaugirard était ce qu’on pourrait appeler un cimetière fané. Il tombait en désuétude. La moisissure l’envahissait, les fleurs le quittaient. Les bourgeois se souciaient peu d’être enterrés à Vaugirard, cela sentait le pauvre. Le Père-Lachaise, à la bonne heure ! Être enterré au Père-Lachaise, c’est comme avoir des meubles en acajou. L’élégance se reconnait là. Le cimetière Vaugirard était un enclos vénérable, planté en ancien jardin français. Des allées droites, des buis, des thuias, des houx, des vieilles tombes sous des vieux ifs, l’herbe très haute. Le soir y était tragique. Il y avait là des lignes très lugubres *. »
Tout cela est fort amusant mais quelque peu romanesque. Et d’abord on verra dans ce volume même, que le terrain du dit cimetière avait été vendu, non pas par les Bernardines-Bénédictines de Picpus, mais par les dames de Saint-Thomas-de- Villeneuve, qui étaient et sont encore des Augustines, en 1784, à la fabrique de
1. Les Misérables, pàr Victor Hugo. Œuvres complètes, Paris, Hetzel et A. Quantin, t. VI, livre VIII, pp. 407, 438, 439, 440.
5io
Saint-Sulpice. 11 n’est pas moins curieux de constater que, pour les besoins de la cause, on ne pouvait enterrer les religieuses que le soir ? Ce qui avait nécessité la création d’un service de nuit pour les fossoyeurs? Et qu’il y avait pour cela un arrêté de la Préfecture ? Voilà, sans doute, un arrêté que les archivistes auraient beaucoup de peine à retrouver ! Mais la scène du père Fauchelevent est si pathétique que l’on ne voudrait pas, au risque de ce petit croc-en-jambe à la réalité, qu’elle n’ait pas été écrite.
Confrérie de Saint-Lambert. Page 88, ligne 20. — L’image de cette confrérie, estampe mesurant o m. 3q6 sur o m. 278, représente l’Évêque, percé d’une lance, aux pieds des autels. Autour sont des médaillons représentant des scènes de sa vie. On y voit les armoiries du conseiller royal Louis Baussan, à qui l’estampe est dédiée. Cette image est à la Bibliothèque nationale. Est. Re 1 3, page 146 *.
Conspiration du camp de Grenelle (La). Voir, dans ces additions : Soleil d'or (la maison du).
Curés de Saint-Lambert de Vaugirard. Page 124, ligne 10. — Jean hier, 1346. Pierre Prouet, 1 3 5 9. Jean Garde, 1370. Jean Demeville, 1384. Jean Neveu, 1426. Isambert Morel, 1427. Radulphe Mauprouvé, 1447. Jean de Montholon, 1460. Jean Resart, 1488. Hugues Lepage, i5og. Pierre Lefebure ou Lefèvre, 1 5 1 3 . Louis Lasocré ou Lasserre, 1537. Alexandre Gouirot, 1547. Ives Rivière, 1 56 1 . Guillaume Gaillard, 1567. Ponce Manille, 1576. Nicolas Tavernier, i58o. Pierre Poussemotte, 1 633 . Pierre Coppin, 1639. Pierre Regnier, 1660. Charles Lefebure, 1662. Georges Guérin, 1680. Faron Leclerc, 1 685. Denis Huon, 1697. Guillaume-René Delangle ou de Langle, 1713. Henry de Langre, 1718? Antoine Rousselle, 1747. Gilbert-Jacques Martinant de Préneuf, 1788. Pierre Bernard, 1791. Gilbert Bourdeaux, 1793. Étienne Massé, 1794. Guinet-Bonnet, 1795. Gilbert-Jacques Martinant de Préneuf, 1801. Jean-Pierre Dunepart, 1807. Jean- Baptiste Legrand, 1816. Pierre Couturier, 1817. René Ducôté, 1819. François Jacolet, 1826. Louis Gaudreau, i832. Victor Hersen, 1845. Eugène Guérin, 1 863. François-Xavier Ritouret, 1881. Rivât, 1 8g3. Charles Lémond, 19041 2.
Eaux. Voir, dans ces additions : Réservoirs de Vaugirard.
Église Saint-Lambert. Page 106, ligne 20. — Voici le jugement porté sur la vieille église Saint-Lambert en 1 832, par un document représentant l’opinion moyenne de la population : « L’église de Vaugirard, loin d’offrir rien de remar-
1. Les Images des confréries parisiennes avant la Révolution, par l’abbé Jean Gaston. Société d’iconographie Parisienne, 1910, p. 1 53.
2. Cette nomenclature a été constituée à l’aide de celle dressée par M. Gaudreau, (p. 68), et avec des renseignements fournis par M. l'abbé Jaillet, vicaire actuel de Saint- Lambert. Nous y avons ajouté les curés de la période révolutionnaire.
quable, n’est qu’un bâtiment irrégulier, d’une très petite dimension, absolument dénué de majesté, d'élégance, et même de propreté; on la prendrait plutôt pour une chapelle de village à cent lieues de Paris, que pour l’église paroissiale d’une ville de sept mille âmes, à la porte de la capitale; l’intérieur est parfaitement en rapport avec l’extérieur. Les ornemens, si l’on peut employer ici ce mot, en sont pauvres, noircis et délabrés; en un mot, il y aurait tout à faire pour que Vaugirard possédât une église convenable pour sa situation, son importance et sa situation. » (Almanach municipal et commercial de Vaugirard et de Grenelle , pour i83a, par Delacour, p. 48.)
Fortifications ue 1840. Page 441. ligne 16. — On sait que l’enceinte fortifiée de Paris, exécutée sous le régne de Louis-Philippe, fut décidée par la loi du 3 avril 1841.
En 1846, les propriétaires et habitants de la partie de la rue de Sèvres qui dépendait de la commune d’Issy, se trouvant séparés de leur administration par l’enceinte continue, et se croyant complètement abandonnés aux points de vue de ia voirie et de la viabilité, sollicitèrent d’étre annexés à la commune de Vaugirard. Dans sa délibération du 14 août 1846, le Conseil municipal de cette localité émit un vœu tendant à cette annexion. ( Archives de la Seine. Registre n° 3 des délibérations de Grenelle.)
Fragonard. Page 175, ligne 29. — 11 s’agit, dans cette mention, du fils du célèbre peintre Jean-Honoré Fragonard. Ce fils, Alexandre-Evariste, dont la mère était Marie-Anne Girard, naquit en 1780. Il était également un peintre de talent et l’un des plus célèbres propagateurs de la lithographie. 11 mourut le 10 novembre i85o à l’âge de 70 ans.
Jean-Honoré Fragonard s’était marié dans l’église Saint-Lambert de Vaugirard, le 1 7 juin 1769, avec Marie-Anne Girard. Voici un extrait de son acte de mariage :
L’an 1769, le 17 juin, par permission de M. Chapeau, curé de Saint-Germainl’Auxerrois, de célébrer le présent mariage, vu le consentement du père et de la mère de la future, ont reçu la bénédiction nuptiale de M. Jean-Baptiste-Augustin Granchier, vicaire de Saint-Germain l’Auxerrois, Jean-Honoré Fragonard, peintre de l’Académie Royale, fils majeur de François et de défunte Françoise Petit, ses père et mère, d’une part, et demoiselle Marie-Anne Gérard, fille mineure de Claude et de Marie Gillette, ses père et mère, tous deux domiciliés au Louvre, paroisse de Saint-Germain-l’Auxerrois, ... ont assisté du côté de l’époux, François Fragonard, son père bourgeois de Paris, demeurant au Louvre, François Grognet, de cette paroisse, et du côté de l’épouse, de Jean Gérard, bourgeois de Paris, son frère, et M. Denis-Martial Cochcmer, prêtre de Saint-Germain-l’Auxerrois... Ont signé : Fragonard, Gérard, Cochemer, Fragonard, Grognet, Granchier, A. Roussel, curé1. Registres de la paroisse de Saint-Lambert de Vaugirard, année 1769*.
1. Fragonard, par Virgile Josz, Paris, Mercure de France. MCM1, p. i5o.
L’historien de Fragonard semble dire que le célèbre peintre s’était marié à Vaugirard, attiré par la belle campagne, les champs, les mares ombreuses, les guinguettes faciles et aimables. Peut-être, ajouterons-nous, était-ce aussi sur les instances de l’un de ses témoins, François Grognet, qu’il était venu convoler en justes noces à Saint-Lambert? Les Grognet étaient de vieux habitants de Vaugirard et, en 1793, nous en rencontrons encore un, Charles Grognet, qui est officier municipal. Il se pourrait que la famille Grognet fût le point de soudure entre Fragonard et Vaugirard, comme aussi, en 1834, entre le fils et la maison Poiloup ?
J al, dans une bonne biographie du célèbre peintre, a donné aussi un extrait de son acte de mariage, mais avec une faute concernant François Grognet, qu’il dénomme Gouguet. L’auteur ne nous apprend pas non plus la raison du mariage à Vaugirard. Il dit simplement ceci :
« Fragonard avait environ trente-sept ans, quand, au lieu de conduire sa femme à l’église Saint-Germain-l’Auxerrois, paroisse du Louvre, il la mena au pied de l’autel de Saint-Lambert. 1 »
Ajoutons que l’abbé Gaudreau mentionne simplement la cérémonie, sans commentaires2.
Frères des Écoles chrétiennes. Page 2o5, ligne 14. — On trouvera dans la Semaine des Familles, rn° 35, ier octobre 1888, un travail intitulé : Le Bienheureux de la Salle, fondateur de l'Institut des Frères des Écoles chrétiennes, par Armand Ravelet. Tours, lmp. Alf. Marne, 1888. Cet article est illustré d’une gravure sur bois, d’après Hanotau, 0,12 x 0,75, intitulée : Les Jardins de Vaugirard. La vue montre une belle terrasse ombragée de grands arbres, sur laquelle se promènent des frères de la Doctrine chrétienne. Dans le lointain est une perspective sur Paris. (Cette pièce m’est communiquée par M. Paul Blondel.)
Garde nationale. Page 418, ligne 12. — Au mois de juillet 1 836, M. Gautier, commandant du 6e bataillon de la 2e légion de la Garde nationale de la banlieue de Paris, avait fondé à Vaugirard une école de musique et créé une fanfare composée de vingt jeunes gens, fils de gardes nationaux des communes de Vaugirard, Issy et Grenelle : « qui concourrent à la formation du Bataillon, lesquels étaient instruits par un maître capable, dévoué et désintéressé3 ».
L’ordonnance royale du 10 mai 1846 décida que la Garde nationale de Vaugirard serait détachée du 6e bataillon de la 3e légion de la banlieue de Paris, pour former un batallion communal prenant le n° 8 dans les rangs de la même légion 4.
1. Dictionnaire de biographie et d'histoire, par Jal, 1872, p. 6o5.
3. Archives de la Seine. Registre des délibérations de Grenelle, t. I (délibération du 2 août 1 836).
4. Archives de la Seine. Registre n° 3 des délibérations de Grenelle. (Délibération du 21 mai 1846).
Gaudreau (cure de Vauoirard et auteur d’une histoire de cette localité). Page 242, ligne 6. — M. Gaudreau quitta la cure de Vaugirard en 1845 pour l’église Saint-Ambroise. Il prit ensuite celle de Saint-Eustache en i853, où il fut nommé Chevalier de la Légion d’honneur. Il devint chanoine de Notre-Dame de Paris. M. l’abbé Jaillet, actuellement vicaire de Saint-Lambert de Vaugirard, a rédigé une intéressante notice sur M. Gaudreau.
Guinguettes. Voir, dans ces additions : Soleil d’or (La maison du).
Guinguettes. Page 371, ligne 8. — Dans une pièce récente de la Comédie Française : Le Ménage de Molière, on constate que la réputation des guinguettes de Vaugirard est parvenue jusqu’à l’auteur, un académicien notoire, M. Maurice Donnay. On lit, en effet, à l’acte IV, scène 7, que le jeune acteur Baron reçoit de deux coquettes un billet lui donnant rendez-vous, pour une partie fine, au Petit Maure, à Vaugirard. On trouvera, d’autre part* dans notre pièce justificative n* 3, l’indication d’une maison portant l’enseigne du Petit More, qui appartenait, en i635, au sieur du Harnois, et qui était contiguë à la maison des seigneurs-patrons, dans la grande rue de Vaugirard.
Guinguettes. Page 382, ligne 8. — On lit l’information suivante dans une feuille du commencement de la Révolution, et qui concerne certainement une guinguette de Vaugirard :
« C’est un symptôme fâcheux dans l’état d'une nation, quand on voit, même au sein de la dernière classe, se jouer avec la honte, et braver tranquillement la flétrissure.
« Mardi dernier, un escroc fut marqué des lettres G. A. L. à la place de Grève, après une séance de deux heures au carcan. Il dialogua longtemps avec l’exécuteur, pour lui prouver que l’horloge de l’hôtel de ville retardait; et quand deux heures sonnèrent : « Bravo \ dit-il, camarade, finissons ». Il fut marqué, se rhabilla, ramassa son chapeau plein de liards, fit approcher un fiacre, y monta gaiement, accompagné de trois amis qui l’attendaient en filoutant dans la presse, et dit au cocher : A Vaugirard, au Cadran bleui
« Ce qu’il y eut de pire, c’est que la galerie l’applaudit. » (La Feuille du jour, n° du 4 décembre 1791. Communiqué par M. René Farge.)
Langre (Henry de, curé de Saint-Lambert). Page 100, ligne 1. — Il s’agit vraisemblablement de Guillaume-René de Langle, nommé curé en 1713 (?)
Lapalus (Joseph-Elie-Georges). Page 341, ligne 6. — L’auteur du manuscrit sur Vaugirard, conservé à la Bibliothèque historique de la ville de Paris sous le n° 12671, avait été employé à la mairie du XV' arrondissement. En 1879, appartenait au service central de l’Hôtel de Ville et fut ensuite secrétaire en chef de la mairie du IVe arrondissement de Paris.
Légumes de Vaugirard. Page 367, ligne i5. — Depuis des temps relativement
fort anciens, les légumes produits par le sol de Vaugirard avaient une réputation bien établie. En voici la preuve dans un extrait de la Revue Horticole : < Au seizième siècle, les meilleurs navets étaient ceux d’Orléans, de Maisons, de Vaugirard et d’Aubervflliers. » Les fleurs, les fruits, les légumes dans l’ancien Paris, par G. Gibault.
Maison-Blanche (La). Page j3, ligne 16. Nous ajoutons les renseignements suivants, trouvés aux Archives de la Seine. Collection Lazare, t. XII, n° 2798 : « Un pavillon surmonté d’un belvédère servait de rendez-vous de chasse au prince de Conti. M. Quidor, surintendant de la police, acquit ce pavillon après la Révolution de 1789. Les terrains restant de l’ancienne seigneurie de Grenelle, environ 345 arpents, devinrent propriété nationale et furent vendus par l’État, le 21 messidor, an IV, à M. Ginoux, administrateur des domaines, moyennant 106.700 livres.
« M. Payen, ex-substitut du procureur du roi, et chimiste distingué, chercha dans l’application de ses connaissances spéciales les moyens de rétablir sa fortune gravement compromise. Il fit construire autour de l’ancien rendez-vous de chasse, plusieurs usines, notamment des fabriques d'impression sur indienne, de sel ammoniac, de sulfate de soude, etc. Ces diverses entreprises ayant prospéré, attirèrent dans la localité un grand nombre d’ouvriers. »
Maison de la citoyenne Dutilleul et du chevalier de Maison-Rouge, a Vaugirard. Page 392, ligne 28. — C’est à Vaugirard qu’était située la maison de cette jeune femme de 23 ans, Sophie Dutilleul, qui avait recueilli le célèbre conspirateur royaliste, Gonzze de Rougeville (Le chevalier de Maison-Rouge ), illustré par le fameux roman d’Alexandre Dumas et identifié par le beau livre de G. Lenôtre.
C’est là que, le 3 juin 1793, il avait été une première fois arrêté, blotti au fond d’un placard : « La maison était vaste, flanquée d’un grand jardin et située presque en face de l’église du village. »
Mis en liberté, Rougeville revint habiter Vaugirard, dans la maison de son amie, où malgré les dénonciations faites contre lui à la municipalité de cette commune, il avait jeté les bases de cette extraordinaire conspiration, dite l'affaire de l’œillet, qui faillit délivrer la reine Marie- Antoinette.
Voici le détail de la maison, d’après l'interrogatoire de l’un des accusés, le citoyen Fontaine :
« D. — Connaissez-vous le nom de tous les particuliers qui étaient à dîner chez vous, et surtout d’un chevalier de Saint-Louis?
« R. — J’ai connu un particulier qui m’a été amené par une femme nommée Dutilleul qui a dîné chez moi deux ou trois fois avec ce particulier, lequel [il] m’a dit se nommer de Rougeville, demeurant [chez] elle à Vaugirard, presque vis-à-vis l’églisé, à droite en y allant par les boulevards. »
« D. — La maison où demeure le nommé Rougeville avec la citoyenne Dutilleul est-elle tout entière occupée par eux ?
« R. — Oui, ils occupent toute la maison et un [grand] jardin.
« D. — Y a-t-il plusieurs domestiques dans cette maison ?
« R. — Je n'y ai vu la dernière fois qu’une femme pour servir et une autre vieille femme employée au jardin. »
Dans son interrogatoire, du 5 septembre 1793, Sophie Dutilleul donna ainsi son état-civil :
Sophie Lebon, veuve Dutilleul, âgée de 23 ans, née à Paris, sans état, c’est-àdire sans profession.
Elle ne parle et on ne la questionne malheureusement pas sur sa maison de Vaugirird. Elle dit que Rougeville est âgé de 33 ans, et appartenait à la maison militaire de Monsieur.
Il ressort de cet interrogatoire que la modeste fleur, l'oeillet tragique, qui faillit sauver de la dernière infortune la plus infortunée des créatures qu’aient vu les temps modernes et probablement aussi les temps anciens, s’ils étaient intégralement connus, s’épanouit probablement dans le terroir de Vaugirard :
« D. — Lui avez-vous vu préparer quelque fleur et y placer un billet ?
« R. — Non. Il a pu prendre des fleurs dans le jardin, parce qu’il y a des oeillets1. »
Moulin Janséniste. Page 407, ligne 14. — Le placement d’un poteau d’octroi au Moulin Janséniste, à l’entrée de la rue de Vanves, indique que le moulin se trouvait sur les confins du territoire de la commune de Vaugirard, à l’intérieur ou à l'extérieur? probablement à l’extérieur. Il est indiqué sur le plan de 1734 que nous reproduisons, sous le nom de moulin Janséniste, dans le chantier des 3 Cornets ou des Plantes. Sur le plan des chasses, que nous donnons aussi, il y a un moulin non dénommé, à l’endroit où le chemin de Vanves cesse d’appartenir au territoire de Vaugirard. C’est peut-être celui qui nous occupe? En Floréal an III, et à la suite de l’explosion de la poudrerie de Grenelle, une fabrique de poudre avait été installée au Moulin Janséniste {Archives Nationales, F13 846-47). 11 existe encore actuellement avenue du Maine, non loin du commencement de la rue de Vanves, un passage intitulé de la Tour de Vanves. Il se pourrait fort bien qu’il rappelât le moulin Janséniste, quelques fois aussi dénommé moulin des Trois Cornets. Le passage en question faisait partie de l’ancien territoire de Montrouge.
Murs fortifiés de Vaugirard. Page 22, ligne 23. — C’était la Sainte-Union, c’est-à-dire la Ligue elle-même, qui avait, en l’année 1589, autorisé les villages voisins à construire des murs et à courir sus aux pillards, pour se défendre contre ses propres troupes, contre les ligueurs, qui dévastaient impitoyablement les campagnes.
1. Le vrai chevalier de Maison-Rouge, A. D. J. Gonzze de Rougeville, 1761-1814, par G. Lenôtre. Paris, Perrin et Oie, pp. 78 et 3io.
Parc de l’École militaire. Page 358, ligne 17. — En 1791, le sieur Bayard est encore locataire, et demande une indemnité au Bureau de la Ville pour nonjouissance du parc et de ses dépendances. Cette demande, datée du 8 novembre de cette année, est renvoyée au ministère de l’Intérieur. ( Les Actes de la Commune, par Sigismond Lacroix, 2e série, t. Vil, p. 6 1 2-6 1 3.)
Pièces burlesques sur Vaugirard. Page 5o, ligne i5. — On peut encore citer, comme pièce burlesque se rapportant à Vaugirard, ou tout au moins ayant, pour son titre, emprunté le nom de cette localité, celle intitulée :
« Les entretiens amoureux d'un jeusne meusnier de Vaugirard avec la veufve d'un pâtissier du tnesme village. »
Il s’agit d’un entretien banal, en prose, dans lequel, sans qu’il soit question du village, le meunier demande la veuve en mariage :