Archives Nationales. S
2. Histoire de la Ville et du diocèse de Paris, par l’abbé Lebf.uf. Edition Cocheris (additions), t. Il, p. 620.
Disons que la ferme et le château de Grenelle étaient deux choses distinctes et topographiquement séparées.
Dans le plan de La Caille, qui date de 1714, la ferme est dénommée : Maison et ferme seigneuriale de Sainte-Geneviève. Le domaine, entouré de murs, est de forme rectangulaire, composé d’une maison isolée, séparée par un jardin d’un autre bâtiment en équerre, le tout en bordure d’une voie appelée le chemin de la plaine de Grenelle. Ce chemin, qu’il ne faut pas confondre avec la rue de Grenelle, épousait à peu près le tracé que suit aujourd’hui l’avenue de La Motte-Picquet. L’hôtel et la ferme de Sainte-Geneviève devaient se trouver, selon nous, dans l’emplacement occupé par le rectangle formé de la rue de La Cavalerie, des avenues de Suffren et de La Motte-Picquet, à moins qu’ils n’aient été englobés par les constructions ultérieures de l’École Militaire, à quelques pas de là1.
Ce qui prouve que le château et la ferme étaient deux bâtiments différents, c’est qu’ils sont dénommés à part dans la nomenclature de La Caille, et indiqués comme étant situés assez loin l’un de l’autre dans son plan. Il a, en effet, dessiné la ferme et n’a pas eu la place pour reproduire le château, qu’il a simplement qualifié plus bas, vers la Seine, par ces mots : Château de Grenelle.
Voici le texte du document auquel nous venons de faire allusion :
Chasteau de Grenelle, ou ancien hôtel de Craon, relevant de la seigneurie de Grenelle, située plaine de Grenelle.
Plaine de Grenelle, où est situé la maison seigneuriale de cette plaine, qui a haute, moyenne et basse justice relevant de l’abbaye de Saint-Geneviève où l’on
1. Dans un acte de vente de terres, du 3o octobre 1820, on lit que le nommé Ginoux était, à cette date, propriétaire de la ferme de Grenelle. (Bibliothèque historique de laVille de Paris. Manuscrit, N. A. 173, f° 188.) L’acquisition de Ginoux remontait à la Révolution.
célèbre tous les dimanches et testes la Sainte Messe, et où se font ordinairement les revues et l’exercice du régiment des gardes-françaises1.
Nous avons indiqué que la seigneurie de Grenelle rentrait dans le cadre de ce livre en raison de ceux de ses territoires situés dans la localité de Vaugirard. Il n’en saurait être de même des bâtiments proprement dits composant le château de Grenelle, aujourd'hui caserne de cavalerie Dupleix, et de ceux de la ferme de Sainte-Geneviève qui, par leur emplacement, appartinrent toujours au sol de Paris ou de ses faubourgs. Dès 1788 ou 1789, en effet, ils étaient, on le sait, englobés dans l’intérieur de l’enceinte des Fermiers généraux. En ce qui regarde la ferme, nous considérons, néanmoins, que ses dépendances, s’avançant jusque dans Vaugirard, nous obligent de relater tout ce qui les concerne.
En 1 76 1 , la seigneurie de Grenelle était intégralement vendue à l’Ecole Militaire, qui venait justement d’être créée :
Adjudication de la Terre de Grenelle. Par semence rendue aux Requêtes du Palais à Paris, Apert le décret de la terre de Grenelle et dépendances acquise par l'École Royale militaire, de Mre Michel-Denis Brion, Prêtre, Docteur en Théologie, et consors, moyennant la somme de 277.860 livres suivant le contrat passé Rêvant Mc Doyen et son confrère, le 20 juin 1751, avoir été adjugé à Mre Louis Formé, Procureur en la Cour lequel a dit et déclaré que l’adjudication ci-dessus a lui faite à la somme de 277.860 livres, d’une maison et ferme appelée de Grenelle, bâtimens, terres, prez, luzernes, marais et autres biens en dépendant, est pour et au profit de Mre Marc-Pierre de Voyer de Paulmy, Comte d’Argenson, ministre et Secrétaire d’État ayant le département de la Guerre, et en cette qualité Surintendant de l’École Royale Militaire, et pour lequel il a enchéri en vertu du pouvoir à luy donné, pour par la dite École Royale militaire jouïre faire et disposer de tous les dits biens, circonstances et dépendances conformément à l’acquisition que le dit Seigneur Comte d’Argenson en avait faite pour la dite École Royale militaire par ledit contrat sus daté, lequel avec ces présentes adjudication et déclaration ne lui servira que d'un seul et même titre d’acquisition.
La dite adjudication ainsi faite à la charge des Cens, rentes, droits et devoirs seigneuriaux qui peuvent être dûs et des charges de Ville et de Police, comme