Archives Nationales. Q
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Si Ion jette les veux sur .2 carte dite des Crasses, que nous annexons a ce volume, on se rendra compte que les mmenses territoires entourant Vaugirard qu'ils fussent dans lacensive de Sairt-Germair-des-Pres ou dans celle de Saintedeneriève. comportaient de nombreuses remises de gibier destinées a alimenter les plaisirs du Roi *. La cane dont il s’agit avait e:e entreprise pour répondrean besoin, sans doute sam r taire, mais aussi reel. qu'avaient les grands seigneurs da dix- huitième siecle de montrer a leurs invités le terrain de leurs exploits cynégétiques. Cette carte, qu'il faut considérer comme un chef-d’œuvre, a Versailles pour centre et se develappe sur un rayon de 14 lieues. Un amateur éclairé, M. Napoléon Ney, a pu ainsi résumer l'impression qu'il avait conservée de ce document :
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Commencée en 1764. la carte des Chasses fut achevée en
Q- iic.
1807. Les principaux graveurs qui y travaillèrent, sous les ordres de Berthier père, chef des Ingénieurs des camps et armées, furent Alexandre Berthier, Guillaume Delahaye, Tardieu, Brunesau, Pardoux, Doudan Bouclet, Giraldon, Laie, Hérault et Alacquet. Elle fut achevée par Alexandre Berthier fils, d’après l’ordre de Napoléon Ier*.
Dans le plan des douze cantons composant la capitainerie de la Varenne du Louvre, on voit que le douzième canton est celui de la plaine de Grenelle. Il était ainsi circonscrit :
De Paris aux Molinots suivant le grand chemin de Paris à Sève. — Des Molinots à la rivière de Seine. — Le long de la rivière de Seine jusqu'à Paris. — De la rivière de Seine le long de Paris jusqu'au grand chemin de Paris à Sève.
Une mention indique que ce canton était réservé uniquement pour le Roi, sans aucune permission. Il ne comprenait, on s’en rendra compte, que la partie du village de Vaugirard située entre la rue de Sèvres et la rivière. L’autre partie, c’est-àdire celle située entre le chemin de Sèvres et celui du Petit- Montrouge à Chàtillon, appartenait au onzième canton, dit plaine de Montrouge et de Vanves, et était ainsi circonscrite :
De Paris à la croisée du chemin du Petit-Montrouge à Chàtillon avec celui de la croix d’Arcueil à Vanvre. — De la dite croisée à Issy. — D’Issy à Paris. — Le long de Paris, du chemin de Chàtillon à celui de Paris à Versailles.
Quelques mots disent que ce canton était réservé pour le Roi et pour les permissions qu’il voudrait donner de temps à autre1 2.
Il existe encore un document fort intéressant du dix-huitième siècle, figurant les chasses de la région de Vaugirard. Il
1. Revue de Géographie, numéro de novembre 1897, article de M. Gabriel Marcel. — Correspondance historique, janvier 1899, article de M. Edgar Mareuse. — Histoire de la carte d' Etat-Major , par Napoléon Ney, Paris, Delagrave, 1877, p. 11.
a. Bibliothèque Nationale. Cartes et plans. Pf. 2q (21).
est intitulé : « Plan du château, seigneurie et canton de chasse de Vanvre appartenant à S. A. S. Monseigneur le prince de Condé ».
On y lit la légende suivante :
Le canton de chasse de S. A. S. Monseigneur le Prince de Condé est contenu entre et compris, le boulevard neuf à quatre rangs d’arbres, celui à deux rangs d’arbres, partie de la route d'Orléans, le chemin de Chatillon, la voye de Bagneux à Vanvres, la grande rue d’issy, la ruelle tenante au Parc de Vanvres, le sentier passant près du moulin de Vaugirard derrière les murs dudit Vaugirard, jusques et compris le corps de garde du Boulevard.
Ce canton de chasse Comprenait, en somme, toutes les dépendances du village de Vaugirard situées à gauche de la grande rue en sortant de Paris. Il longeait le canton de chasse de Montrouge, qui appartenait à M. le duc de la Vallière, englobait le village de Vanves et le château, longeait parallèlement le chemin de Vaugirard, à gauche, comme nous venons de le dire, et revenait aboutir aux portes de Paris, c’est-à-dire au Boulevard Neuf.
Le canton de chasse du prince de Conti, Hguré également sur le même plan, se composait de toutes les dépendances du village de Vaugirard situées à droite de la grande rue en sortant de Paris. Il longeait donc la grande rue de Vaugirard, englobait partie du village d’issy, où le prince de Conti avait son château, et suivait la Seine, qui lui servait délimités depuis Issy jusqu’à l'Ecole Militaire.
On trouve, dans le canton du prince de Condé, beaucoup plus détaillé sur cette carte, que celui du prince de Conti, puisqu’il fait l’objet du plan, les réserves de chasse suivantes : de la Voie de Vanves, des Plantes, de la Justice, du Milieu, de Beurre.
C’était probablement pour lui servir de rendez-vous cynégé-
tique que Louis-François-Joseph de Bourbon-Conti possédait, en 1779, la Maison Blanche, dont nous avons parlé plus haut. Elle se trouvait approximativement, en effet, au milieu de son canton.
Dans le plan qui fut dressé, après arpentage, des terrains à acquérir parle Roi pour former l’Ecole Militaire, plan daté du 24 mai 1761, on voit, dans le chantier des Hautes-Berges, la remise Brion, non loin de la Seine;dansle chantier de la Fosse-Xibeuf, la remise des Bons-Hommes; dans le chantier de la Recoquillière, la remise de Vaugirard, en bordure du chemin de la Maison Blanche à Vaugirard1 2.
En plus des dégâts causés aux cultures par le gibier dévastateur, qui trouvait un gîte sacré et inviolable dans les remises, il fallait encore compter la gène apportée à la propriété privée par les exigences des fonctionnaires attachés aux chasses royales. Messirejean Duleaud’Allemans, prêtre, curé de Saint-Sulpice, possédait une maison entourée d'un terrain enclos de murs, à Vaugirard, qui était la dernière du village, au lieu dit la Grotte, sur le grand chemin de Vaugirard à Issy. Ayant sollicité l’autorisation de démolir un mur de son enclos pour le reconstruire plus loin, il fut obligé de demander l’autorisation au bailli et capitaine des chasses de la Varenne du Louvre, en raison des remises situées dans les environs. La permission ne lui fut accordée, le 12 juin 1762, qu’après constatation que sa demande « ne pouvait être nuisible, ni préjudiciable aux plaisirs des chasses de Sa Majesté ».
La requête avait pour but, en outre, de rendre carrossable un chemin conduisant à la maison et qui, jusque-là, n’était fréquenté que par des carriers -.