Archives Nationales. N. Seine J II, n
La construction dont il s’agit, mitoyenne avec la propriété des Théatins, n’était autre que celle appartenant à la Communauté de Saint-Sulpice, dont nous parlerons plus loin.
Nous rappellerons que, dans le contrat de vente de la seigneurie de Grenelle, du io février i753,on lit la mention suivante :
Outre lesquelles terres comprises au dit bail, la dite abbaye a douze arpens et quarante-huit perches de terre actuellement plantées en remises pour les plaisirs du Roi...
Dans le même contrat on trouve encore l’existence, près du lieu dit la Folie, d’une remise à gibier : « faite par les ordres du Roi ». Ft aussi : « une remise de gibier du roi à la Fosse- Nibeuf ». Plus une autre près le fond de Javet '.
Sur le bail du 8 janvier 1722, concernant la location de la ferme de Grenelle, il est stipulé que le preneur ne pourra rien prétendre contre l’abbaye de Sainte-Geneviève, des terres que Sa Majesté a prises pour faire des remises de chasse2.
Nous avons essayé d’identifier, dans le plan des Chasses de 1764, les emplacements de ces remises situées sur le territoire de Vau girard :
La remise de la Maison Blanche serait vraisemblablement à la croisée des rues actuelles de Lourmel et du Théâtre.
La remise des Lilas, vers la croisée des rues Croix-Nivert et Letellier.
La remise de Vaugirard, vers la place du Commerce.
La remise des Voiries, vers la place F aiguière.
La remise du Moulin-de-Beurre, vers la croisée des rues Vercingétorix et de Gergovie.
a. Archives Nationales. Ql 1284-1285.
BARRIERE DES FOURNEAUX, de l’enceinte des Fermiers Generaux D’après l’aquarelle de Palaiseau, exécutée vers «819
La remise des Bons-Hommes, vers la croisée des rues des Usines et Saint-Charles.
La Grande Remise, à l’endroit où se trouve la rue Cauchy.
Disons que, pendant la séance de la Commune de Paris, du 23 janvier 1790, il fut donné lecture d’un mémoire présenté par deux cultivateurs de Vaugirard, qui demandaient à mettre en culture des remises dévastées dans le courant de l’été précédent. L’assemblée arrêta qu’il n’y avait lieu à délibérer1.
Voici, enfin, deuxans après, la ventecomme bien national, de la remise de chasse dite des Bonshommes, déchue de la noble mission de garder le gibier du Roi et transformée en terrain de culture :
L’an 1793, le mardi 26 février, onze heures du matin, devant les administrateurs du Directoire du district du bourg de l’Égalité, en la salle ordinaire où se font les ventes des biens nationaux, en présence de Pierre Burnel, percepteur de la commune,de Charles Grognet, ancien officier municipal, demeurant à Vaugirard, commissaires nommés par la Commune de Vaugirard, il a été mis en adjudication comme bien national, provenant du ci-devant domaine du Roi, une remise de chasse, appelée la remise des Bonshommes, contenant 175 perches de terre, située plaine de Grenelle, tenant de toutes parts aux terres de l’École Militaire. Cette pièce de terre avait été louée, par la municipalité de Vaugirard, au citoyen André, le 8 octobre 1792, laquelle location fut ensuite déclarée nulle. Elle fut adjugée au citoyen Louis-Éléonore-Théodore Triballet, huissier du district du bourg de l’Égalité, demeurant à Sceaux, au prix de i.5oo livres2.
1. Actes de la Commune de Paris pendant la Révolution , par Sigismond Lacroix, 1" série, t. III, p. 526.
2. Bibliothèque historique de la Ville de Paris. Manuscrit N. A. 173, f° 192.