‹ VaugirardChapitre 43 sur 244 · Archives Nationales. S · texte numérisé non relu

Archives Nationales. S

12 livres. La pièce est signée de messire Antoine Rousselle, prêtre, bachelier en théologie, curé de Vaugirard, de Jeanfrançois Bazire, marchand de vin, et de Claude Martin Bellavoine, marchand épicier, marguilliers en charge1.

Vingt-cinq années après cette déclaration, les charges de la fabrique étaient quelque peu modifiées, ainsi qu’on peut le constater dans le registre des dépenses de Saint-Lambert pour l’année 1781.

Sur ce même registre certains revenus nous paraissent intéressants à noter, se rattachant à plusieurs personnages dont on rencontrera les noms au cours de ce travail. On y lit notamment :

La ferme des Chaises, louée aux sieur et dame Pottier, par bail de 1779, pour prix et somme de 400 livres. Mme la princesse de Monaco doit une rente de 43 livres sur les marais de la rue St-Dominique où est bâti l'hôtel de la princesse, échue au ier octobre de chaque année. Doit M. le marquis de Feutière, comme ayant acquis les biens de Mme de Cousevans : i° 2 livres 10 sols pour chacun an sur sa maison aujourd’hui démolie, et 20 5o livres pour un demi-arpent appartenant à la fabrique, confondu dans la grande pièce qu’il vient de louer en marais. La Communauté des Robertins doit sur sa maison derrière l’église, 6 livres. M. le curé de St-Sulpice doit sur la grande maison, dite anciennement la Grotte , la somme de 2 livres i5 sols 3 deniers. L’Hôtel des Invalides doit sur plusieurs pièces de terre confondües dans son avenue, 8 livres 4 sols 5 deniers. M. le duc de Praslin doit sur sa maison occupée par Mlle Dangeville, 6 sols 3 deniers. Il y a titre nouvel du 28 febvrier 1774. Mlle Dangeville doit 3 années de rente sur sa maison, à raison de 6 sols 3 deniers, soit 18 sols 9 deniers. Mlle Dangeville habite rue de Bourgogne, à Paris2. Le sieur Fondary doit sur sa maison sise à Vaugirard, comme ayant acquis les biens de sa mère, 1 livre 5 sols. Les héritiers de M. de Vaudétard, à Issy, doivent sur un demi-arpent de terre à Issy, 1 livre 5 sols : s’adresser à M. Bargue, procureur fiscal, qui paie pour eux3.

1. Archives Nationales. S. 35g5. Dans les cartons S. 3 5g5 à 3599 on trouve aussi de nombreuses pièces concernant les biens de la fabrique Saint-Lambert : des titres de pièces de terre et de maisons à charge de fondations, des concessions et donations, depuis 1 35 1 jusqu’au dix-huitième siècle; des baux de terre appartenant à la fabrique, de i655 à 1775, des baux du seizième siècle, des sentences condamnant des particuliers à passer titre nouvel au profit de la fabrique, etc.

2. Sur le registre de 1750, cette maison est indiquée comme ayant appartenu à Mme la marquise de Brassac.

S. Archives Nationales. S. 3597-3599.

En ce qui concerne les marguilliers de Saint-Lambert, et particulièrement le marguillier comptable, dont les fonctions étaient fort importantes, nous trouvons en tète du registre de 1781, dont nous venons de parler, le règlement concernant leur élection et les obligations de leurs charges. En voici le texte :

Il est réglé qu'à l’avenir il n’y aura que deux marguilliers de l’œuvre, le marguillier ou administrateur de la Confrairiedu St-Sacrement ayant une œuvre séparée et son élection se faisant après l’octave du St-Sacrement, afin de pouvoir entrer en fonction le jour de St-Pierre, comme il est d’usage.

L’élection du marguillier de l'œuvre se fera tout les ans le huit décembre, jour et feste de la conception de la sainte Vierge en la maison presbiteralle, issue de la messe paroissialle, afin d’entrer en fonction le premier jour de l’année et fera cette première année la fonction de marguillier de l’œuvre pour la confrairie de Saint- Lambert.

M. le marguillier comptable doit veiller sur tous les besoins de l’église et faire exécuter tant par ses confrères que par les officiers de l’église tout ce qui concerne le bon ordre de la paroisse.

Il doit veiller à la conservation des biens et revenus de la fabrique, faire payer les débiteurs pour se mettre en état d’acquitter les charges de l’église et en rendre un compte fidèle et exact.

Il doit, lorsque le cas le requiert, assembler les anciens et les avertir par un petit billet des jours et l’heure de l’assemblée en la maison presbiteralle.

II ne doit faire aucune dépense au-dessus de six livres sans l’avis de M. le curé, marguilliers et anciens assemblés pour l’avantage et le bien de la fabrique.

11 doit veiller à ce que les bedeaux remplissent dignement leur état, et qu'ils entretiennent proprement l’église les jours de dimanche et festes.

Il doit veillera ce que les bedeaux distribuent honnêtement le pain bénit en rendant à chacun l’honneur qui lui est du.

Il doit faire toutes les diligences possibles pour ramasser et percevoir les deniers de fabrique afin d'être en état de rendre son compte le premier jour de mars, s’il n’est empêché par le dimanche au moyen de quoy il sera remis au lundy, en avertissant ses confrères et anciens de vouloir bien s’y trouver.

Enfin, \1. le marguillier comptable aura la précaution d’écrire les quêtes et offrandes de l’année pour en rendre un compte exact le dit jour premier de mars *.

Nous enregistrerons ici un curieux incident de préséance qui

1. Archives Nationales. Livre pour le marguillier comptable de chaque année contenant l’immatricule de tous les revenus et charges de la fabrique. Année 1781, M. Julien Jourdenne, marguillier comptable. S. 3597-3599.

mit aux prises le Lieutenant de la Prévôté d’issy et Vaugirard avec un brigadier de la maréchaussée, à l’occasion d’une procession du Saint Sacrement. La pièce ci-dessous montre avec quelle ténacité les officiers de la justice de Saint-Germaindes-Prés maintenaient leurs droits et prérogatives :

L’an 1784, le jeudy 17e jour de juin, fête de l’octave du Saint-Sacrement, nous Jean-François-Geneviève de La Montagne, avocat au Parlement, lieutenant, juge civil, criminel, de police et de voirie de la Prévôté et châtellenie d’issy et Vaugirard les Paris, Nous étant transportés au dit lieu de Vaugirard, en robe, bonnet et chaperon pour y faire la police dans l’étendue de notre juridiction, et notamment dans les lieux et endroits par où devoit passer la procession, après laquelle nous nous sommes rendus dans l’Église paroissiale du dit lieu pour y suivre la dite procession et y faire observer l’ordre, la décence et la tranquillité qu’exige cette auguste cérémonie de notre religion. Et nous étant placés en attendant qu’elle soit en marche dans le banc seigneurial d’où nous nous serions disposés à la suivre et y prendre notre place, immédiatement derrière le dais, nous aurions été surpris de nous trouver précédés et coupés par le sieur Du Fresnoy, brigadier de la Maréchaussée, résidant au dit Vaugirard, auquel nous aurions observé qu’il ne devoit pas nous précéder et l’aurions engagé de nous laisser la place que nous y devions occuper. A quoy il a fait réponse qu’il ne nous connaissoit point; que lui ayant déclaré qui nous étions, il a toujours continué à tenir la première place pendant toute la marche de la dite procession. Et comme c’est une entreprise faite à nos droits, dont de tous temps nous sommes en possession, nous avons dressé sur le lieu le présent procès-verbal, qui sera communiqué au Procureur fiscal L

Au point de vue du monument lui-mème, et avant la Révolution, les Archives Nationales ne contenaient que fort peu de renseignements. Nous trouvons que l’église Saint-Lambert fut recouverte en partie, en 1782, par Anthiaume, maître couvreur, rue de Sèvres, qui produisit un mémoire de 467 livres.

Le sieur Doullé, maître lustrier, rue de la Tannerie, près le pont Notre-Dame, fournit un lustre d’église du prix de 18 livres, le 16 septembre 1783.

Mennessier, maître horloger, toucha, le Ier mars 1783,

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