‹ VaugirardChapitre 55 sur 244 · Archives Nationales . F7 56q5 (Emigration. Seine · texte numérisé non relu

Archives Nationales . F7 56q5 (Emigration. Seine

2. Souvenirs de l’abbé G. -J. Martinant de Préneuf, curé de Vaugirard, de Sceaux

et de Saint-Leu, publiés par M. G. Vanel, Paris, Perrin, 1908^.294.

BARRIÈRE DE VAUGIRARD, de l’enceinte des Fermiers Generaux D'après l’aquarelle de Palaiseau, exécutée vers t8>9

Nationale, un citoyen se présenta à la barre et déclara déposer sur l’autel de la patrie, au nom de M. Jourdaux (il faut lire Bourdeaux), curé de Vaugirard, la somme de 60 livres en argent pour soulager les malheureuses victimes de la journée du 10. Le Président répondit à l’orateur et lui accorda les honneurs de la séance. L’Assemblée accepta la donation et décréta la mention honorable au procès-verbal1 2.

En même temps que les 60 livres, le citoyen orateur donnait lecture de la lettre ci-après, du curé, dans laquelle ce dernier s’excusait de n’avoir pu déposer lui-même son offrande en raison des travaux de sa charge :

Monsieur le Président, après avoir contribué pour ma part, avec la Commune de ma paroisse, au besoin urgent de la patrie, je viens aujourd’hui, profondément affligé des malheurs de la journée du io, vous prier de recevoir 60 livres en argent qu’il me reste, pour être distribuées ad libitum aux malheureuses victimes souffrantes; je me serois fait un devoir, Monsieur le Président, d’aller moimême déposer celte modique somme sur l’autel de la patrie, et manifester à notre auguste Assemblée une joye particulière sur l’attitude imposante et majestueuse qu’elle vient de déployer : mais sans vicaires, chargé d’une très grande paroisse, accablé de travaux immenses, ma sollicitude pastoralle ne me permet pas de m’éloigner un instant du poste où la providence m’a placé, à moins que le salut de la Patrie ne m’en fit le devoir sacré.

Recevez, je vous prie, Monsieur le Président, l'assurance de tout mon dévouement pour cette même Patrie, pour l’Assemblée Nationale, ainsi que celle du profond respect avec lequel je suis. Monsieur le Président, votre très humble et très obéissant serviteur.

Signé : Bourdeaux, curé constitutionnel de Vaugirard près Paris. Ce jourd’hui 16 aoust l’an quatrième de la Liberté*.

Pendant la mémorable journée dont il vient d’être question, le curé Bourdeaux s’était, assurait-on, conduit avec le plus grand courage et avait donné l’exemple du plus pur civisme. L’attestation en fut faite au Président de l’Assemblée Natio-

1. Archives Parlementaires. Première série, t. XLVIII, p. 284.

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