Archives Nationales. Wlb 387, dossier 899, i" partie
scandale aux pères et aux mères, aux maris, aux femmes et aux filles ». Il avait, ajoute ce document, déshonoré la fille d’un citoyen de Vaugirard et ensuite abandonné la mère et l’enfant après transaction.
Bourdeaux possédait, en effet, des mœurs déplorables, et la preuve nous en est donnée par le certificat suivant émanant d’une localité dans laquelle il avait exercé le sacerdoce :
Nous soussignés, maire et officiers municipaux de la commune de Tremblay, certifions à tous qu’il appartiendra que le nommé Bourdeaux, ancien vicaire et curé actuellement de Vaugirard, n’est sorti de cette paroisse que pour la mauvaise vie qu’il menoit et pour le scandale de ses moeurs. En foy de quoy nous avons signé au dit Tremblay, le 18 octobre 1793 *.
Les juges du Tribunal révolutionnaire ne lui surent pas gré de son serment constitutionnel, ne lui tinrent pas compte de son abjuration, et ne se souvinrent que des injures adressées à Robespierre et à Marat. Peut-être, aussi, rougirent-ils de sa déplorable conduite, eux que le rouge, pourtant, n’émotionnait guère? Quoi qu’il en soit, il fut condamné à mort et exécuté le 27 prairial an II (i5 juin 1794)1 2.
Dix ans après sa mort, ses héritiers demandèrent des renseignements sur sa succession au receveur du Domaine, qui répondit :
Je soussigné, Receveur du Domaine national des x er et 2e arrondissemens de Paris, certifie qu'il n’a été fait aucune recette ni dépense dans mon Bureau pour le compte de la succession de Gilbert Bourdeaux, ex-curé de Vaugirard, qui dcmeuroit rue des Lombards n° 17, et qui a péri révolutionnairement. En foi de quoi j’ai signé le présent. Paris le 5 ventôse an 12 (22 février 1804). Signé : de Villeneuve3.