‹ VaugirardChapitre 62 sur 244 · francs environ · texte numérisé non relu

francs environ

L’Archevêque de Paris fut loin de se montrer favorable à la construction de cette nouvelle église, et au choix de son emplacement. Il s’en ouvrit au Préfet de la Seine, dans une lettre du 3i octobre 1867, lui faisant connaître qu’il lui paraissait, quant à présent, infiniment préférable d’agrandir simplement la chapelle existante. Il ajoutait qu’il prévoyait, dans un avenir prochain, la création d’une seconde paroisse pour le

1. Archives de la Seine. Registre n" 3 des délibérations du Conseil Municipal de

2. Archives de la Seine. Registre n° 4 des délibérations du Conseil Municipal de Vaugirard.

quartier de Plaisance et c était, dans cette prévision, qu’il proposait un atermoiement.

L’avis de Son Eminence eut pour résultat de refroidir le Conseil Municipal de Vaugirard qui, dans sa séance du 23 novembre 1867, lâcha complètement pied, déclarant qu'il n’y avait plus lieu à délibérer sur cette affaire tant que l’Archevêque ne se serait pas prononcé sur la nouvelle paroisse dont il avait annoncé la création.

Entre temps, la fabrique avait pris sur elle de commander des travaux d’agrandissements de la chapelle1. Travaux qu’elle ne put payer et dont elle demanda l’avance à la municipalité. Dans la séance du 4 juin 1 858, l’Assemblée municipale, sous la présidence de M. Thibouméry, maire, vota la somme nécessaire, s’élevant à 14.693 fr. 62, mais protesta contre la façon de procéder de la fabrique qui avait engagé les travaux sous sa propre responsabilité. Une nouvelle décision, prise le i5 novembre 1 858, substituait la municipalité de Vaugirard au Conseil de l’église, pour les engagements d’achat de terrains contractés avec les propriétaires : les héritiers Thuvien et l’abbé Gaudreau.

Le bail passé avec ce dernier prenait fin au mois d’octobre 1869. 11 avait été stipulé qu’en cas de vente, ce terrain ne pourrait être affecté à un temple protestant ou à une synagogue. Ce qui n’avait pas empêché le bon curé d’essayer de profiter du projet d’annexion pour demander 16.000 francs de sa propriété, au lieu de 8.000 qu’elle était estimée. Mais, en présence de l’éventualité d’une prochaine réunion à Paris, la municipalité de Vaugirard, dans sa séance du 18 février 1859, arrêta toutes ses négociations, se contentant de sous-

1. Archives de la Seine. Registre n° 4 des délibérations du Conseil Municipal de

crire à la prolongation du bail des terrains pendant une année b

En 1860, le vocable de Notre-Dame de Plaisance remplaçait celui de l’Assomption.

La modeste chapelle de la rue du Texel, n° 7, ancienne église du village de Plaisance, devait survivre 44 ans à son annexion à Paris. Par une délibération du 21 décembre 1903, le Conseil Municipal décidait sa démolition, suivant de près l’arrêté préfectoral du 20 février de la même année, qui l’avait désaffectée1 2. Son extérieur se composait d’une façade en plâtre, à trois pignons pointus abritant les trois travées, chaque pignon étant percé d’une porte à mouluration triangulaire. Dans celui du milieu s'ouvraient deux fenêtres à hauteur d’entresol, au-dessus desquelles se trouvait un cadran d’horloge. Dans le triangle des deux autres pignons étaient creusées deux niches meublées de figures de saints, en plâtre. La silhouette de chaque pignon était soulignée par une dentelure moulée, en plâtre; celui du milieu, surmonté d’une croix; les deux autres, d’un épi de faîte.

L’intérieur du monument se composait de trois travées éclairées par des châssis ouvrant sur les combles, et construites de plâtre et de boiseries d'un goût plus que modeste. Les murs étaient revêtus d’ornements en couleur: décoration sommaire et à bon marché. Dans la cour se trouvait la cloche, soutenue par des charpentes, prise à Sébastopol et donnée par Napoléon II l.

D’après Y Inventaire des Richesses d'art de la Ville de Paris ,

1. Archives de la Seine. Registre n° 4 des délibérations du Conseil Municipal de

2. La démolition de cette église a été relatée, avec pièces justificatives, dans les Procès-verbaux de la Commission du Vieux Paris, des 6 octobre 1898 et 21 janvier 1904.

l'église Notre-Dame-de-Plaisance possédait les œuvres cidessous :

Une copie de la Vierge aux anges, d’après Sasso Ferrato, i m.gSxom. 85, exécutée pour la Ville en 1866 par Mlle Dumas (Aimée), élève de Loyer, au prix de 600 francs et située dans la travée centrale. Deux tableaux de Mlle Thérèse Donais, offerts en 1867 et 1868 par un paroissien, représentant : Notre-Dame du Rosaire , 1 m. 5o x 1 m. 20 ; et une copie de V Assomption, de Prud’hon, 2 m. 3o x 1 m. 5o, dans la chapelle du Sacré- Cœur.

Dans la chapelle des Catéchismes, d’auteurs inconnus : Saint Bruno, 1 m.xom. ^5; la Sainte Famille , 1 m. 10 x

0 m. 85; Abraham , 1 m. 10 x 1 m. 25. Tous trois appartenaient à l'Ecole française du dix-neuvième siècle.

Dansla chapelle du Sacré-Cœur: Saint-Joseph, 1 m. 5ox

1 m. o5, auteur inconnu du dix-neuvième siècle.

Dans la chapelle de la Vierge : Notre-Dame du Mont Carmel, 1 m. 5o x 1 m. 20, par Mlle Donais (Th.), et une Sainte Geneviève, 1 m. 5o X 1 m. o5, Ecole française du dixneuvième siècle.

Ces peintures sont indiquées sur l’Inventaire comme n’ayant aucune valeur artistique appréciable.

Le même ouvrage signale encore un groupe en bois doré, du dix-septième siècle, la Vierge et l' Enfant Jésus, Ecole française, mesurant 1 mètre de hauteur, placé dans la chapelle de la Vierge L

La collection de M. Paul Blondel possède une gravure sur bois, de Pauquet, 24 x 19, datée de 1866, montrant le baptême de la cloche de Sébastopol. Et aussi une autre image de Férat

1. Inventaire des Richesses d'art de la Ville de Paris. Edifices religieux, t. III, p. 343.

et H. Linton, 24 x 19, de la même date, relative à cette bénédiction par l’Archevêque de Paris.

D’autre part, la Commission du Vieux Paris a fait photographier la dite église au moment de sa démolition, en 1904, et les épreuves ont été envoyées au Musée Carnavalet et à la Bibliothèque historique de la Ville.

Nous placerons ici, à la suite de ces chapitres consacrés aux églises de Vaugirard, la tentative d’instauration du culte protestant dans cette localité.

Au mois de novembre 1847, le Président du Consistoire de Paris, M. Cuvier, à la demande d’un certain nombre d’habitants des communes de Vaugirard, Grenelle et Issy, tendant à l’ouverture d’un Temple, avait jeté les yeux, à cet effet, sur une maison appartenant à M. Maublanc, située dans la rue de ce nom et place de la Mairie. Le premier magistrat de la localité, M. Brûlé, très rebelle à l’établissement de ce culte, trouva, dans le choix de cet immeuble, un certain nombre d'impossibilités qu’il signala au Sous- Préfet de Sceaux, dont la proximité des écoles catholiques et la prochaine édification de la nouvelle église. Selon lui, l’infime minorité qui demandait cette création ne devait pas justifier l’ouverture d’un prêche, pouvant gêner la majorité des habitants dans l’exercice de son culte, et donner lieu à des collisions regrettables.

11 est juste de dire que le Sous-Préfet, M. de Tayac, fut beaucoup plus conciliant que le Maire, et resta sur le terrain de la liberté des religions consacrée par la Constitution. En faisant connaître qu’il ne voyait pas d’objections à accorder l’autorisation demandée, il manifestait sa confiance dans la tolérance des habitants de Vaugirard en matière de culte1.

1. Archives de la Seine. Carton de Vaugirard O. I. (Suite) P.

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