Archives Nationales. N. Seine III, n»’ 1 8 1 et
Pérou. A la mort de ce fondateur, arrivée le 20 janvier 1708, le séminaire de Saint-Sulpice avait accepté de se charger de l’établissement qui ne comprenait que des jeunes et pauvres écoliers s’instruisant pour entrer en religion. Le nom de Robertins leur venait d’un supérieur, M. Robert , qui avait été particulièrement charitable envers eux1.
Ces religieux, à la fin du dix-huitième siècle, étaient également désignés sous l’appellation de : Messieurs de la Petite Communauté de Saint-Sulpice. C’est sous ce titre que le guide de Thiéry, pour 1787, signale leur maison de campagne comme située à Vaugirard, après l’église Saint-Lambert :
Leur jardin n’est pas grand, mais il est agréable par la vue dont on y jouit. Ces jeunes ecclésiastiques y ont un beau jeu de balles2.
Le 22 juin 1790, sur la réquisition du procureur-syndic de la commune de Vaugirard, conformément aux décrets de l’Assemblée Nationale, un inventaire était fait, en présence de Jacques-Gabriel Gallais, supérieur de la Petite Communauté de Saint-Sulpice, dite les Robertins, des meubles et effets garnissant la dite maison de campagne. Le détail de cet inventaire montre un intérieur de la plus grande simplicité, pauvreté, pourrait-on dire. Tout au plus y trouve-t-on un billard et quelques jeux, propriété des élèves. La maison se composait d’une cuisine, cabinet et deux chambres au rez-de-chaussée ; au premier étage, auquel on accédait par un grand escalier, de deux chambres et d’une chapelle. Les dortoirs étaient aux deuxième et troisième étages et se composaient de quarante petites chambres. Basses-cours et jardins. La chapelle y est ainsi décrite : Sur l’autel, six chandeliers en bois doré avec une croix, le tout ancien; deux tableaux peints à l’huile « qui sont
1. Recherches sur Paris, par Jaillot, 1775, t. V, q. du Luxembourg, p. 57.
2. Guide des amateurs et étrangers voyageurs à Paris , par Thiéry, 1787, t. II, p. 641.
à demeure » ; un devant d’autel en point de tapisserie, la boiserie de la dite chapelle en bois de chêne; au-devant de la chapelle est une balustrade à pilastres et fermant1.
Les Robertins faillirent trouver la mort aux Carmes, pendant les massacres de Septembre.
Dans une intéressante brochure publiée en 1869, M. Joseph de Margal a emprunté à la relation d’un témoin oculaire, ancien élève de Vaugirard, le récit de cette aventure.
M. Gallais, directeur des Robertins, avait eu plusieurs fois la visite des révolutionnaires de Vaugirard, demandant l’enrôlement d’un certain nombre de religieux. Deux jeunes gens leur avaient été accordés. Les autres, y compris le directeur, en vue d’une évasion prochaine, s’étaient habillés de costumes laïques. Le 16 août 1792, les gardes nationaux de Vaugirard se présentèrent pour les arrêter et, au nombre de 12, plus M. Gallais, furent conduits à la mairie de Vaugirard. Grossie de quelques religieux arrêtés à la communauté de Laon, également à Vaugirard, la troupe se dirigea vers Paris en prenant la rue de Sèvres, escortée d’une foule armée et menaçante. On les conduisit tout d’abord dans l’église des Prémontrés de la Croix-Rouge où la section tenait ses séances. Une première délibération des commissaires avait décidé que tous les prisonniers seraient conduits aux Carmes, mais cette délibération fut abandonnée, sauf pour MM. Gallais, directeur des Robertins, Hourier et Rousseau, de la communauté de Laon, et le supérieur des Trente-Trois, sans doute ramassés en route, que l’on y transféra. Les jeunes gens furent reconduits à Vaugirard et remis en liberté2.
La liste de Maton de la Varenne indique le nom de Gallet