Archives Nationales. L
3. Bibliothèque Nationale. Estampes. — Topographie de France. Seine, Paris, XV* arrondissement, 58e quartier. Petit format (Va 3 1 3).
pelle , parallèle à la rue de Vaugirard, à gauche en sortant de Paris, qui y conduisait certainement, après lui avoir emprunté son nom.
Le dernier bail cité plus haut avait cette particularité qu’il comprenait les bêtes à cornes et bestiaux contenus dans les étables et dans les bergeries. En voici, au surplus, une analyse du temps :
Bail à ferme de l’hôtel seigneurial, domaine et bestiaux de Vaugirard, 7 mars 1526. D’un acte reçu par Danz et Dupré, notaires à Paris, le 7 mars 1 526, par lequel appert que Michel Lesaige, laboureur, demeurant à Vaugirard, confesse avoir prins et retenu, à titre de loyer d’argent du jour de Noël dernier passé jusqu’à huit ans après ensuivant, de vénérables Religieux, vicaire et couvent de l’église et Abbaïe Mgr Saint-Germain-des-Prez-Ies-Paris, une maison, cour, 2 jardins, puits, estables a chevaux, bergeries, vacheries, colombier, chambres haultes, grenier dessus, et deux chambres basses, chappelle, cave dessous, une grange et une grande salle: item un clos contenant 8 arpens clos de murs; item 10 arpens de terre des appartenances de la dite maison; item soixante et quatre arpens aussi de terre en plusieurs pièces; item trois arpens de terre assis a lorme dt Vanniers des appartenances de la dite maison, et le tout assis tant au terroir du dit Saint-Germain-des-Prez que au terroir du dit Vaugirard; item 38 arpens de terre assis à Grenelle; item 255 bestes a laine, tant brebis, moutons, anthenars; item 72 agneaux issus des dites bestes cette présente année, qu’il confesse avoir en sa possession; lesquelles bestes, ensemble les suittes qui pendant le d. temps viendront et nestront, il sera tenu et promet nourrir, garder, loger, gouverner et apparturer pendant iceluy temps et moitié, lesquelles bestes seront tondues en chacun an en communs despens. Cette prinse faite aux susd. charges et outre moyennant la somme de 75 livres tournois, payable par le dit preneur aux dits bailleurs aux quatre termes de l’année à Paris, avec réserve de la chappelle et des deux chambres haultes lorsque les dits bailleurs allans ès dits lieux... ainsy signé: Dupré, Danz1.
On retrouve encore, à la fin du seizième siècle, les clauses intéressantes d’un bail de la dite maison seigneuriale, passé pour neuf ans, le 23 juin i58q, à Jehan Chasseton, marchand,
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Nota: Le 18 décembre 1 534, ce bail était renouvelé pour huit ans, au même laboureur, au prix de io5 livres tournois (f° 244). Le 5 avril 1541, le bail était passé pour six ans à Robert Sureau, également laboureur à Vaugirard, au prix de 80 livres tournois, non comprises les dîmes des vins (P 247).
demeurant à Saint-Germain-des-Prés. 11 s’agit de « la ferme et lieu de Vaugirard » consistant en maison, étables, bergeries, grange, cour, jardin, colombier, clos derrière, fermé de murs, « avec guette étant en iceluy », et les terres déjà indiquées dans les autres baux. Moyennant la somme de 66 écus deux tiers, et un porc gras de la valeur de 3 écus un tiers. Et aussi :
Fournira, le preneur, chacun an, demi-cent de gerbes de ployon pour lier les vignes du clos et jardin de la dite Abbaye sans diminution de prix, plantera aussi demi-cent de jeunes ormeaux en la closture du dit lieu, entretiendra le jardin qui est derrière la chapelle... réservera aus dits bailleurs les chambres haultes de la dite maison et la chapelle pour y aller quand bon leur semblera1.
11 résulte bien de cet acte que les religieux de Saint- Germain-des-Prés avaient conservé la jouissance, en même temps que de la chapelle et des chambres hautes, du clos et jardin pour les vignes desquels ils imposaient la fourniture de liens par le preneur. 11 faut aussi signaler l'existence d’une guette , qui était sans doute une sorte de donjon ayant probablement servi à fortifier l’antique maison de Gérard de Moret.
Pendant les guerres de la Ligue la région de Vaugirard fut particulièrement ravagée, et la maison seigneuriale en partie détruite. Nous en avons l’indication dans un bail consenti vers l’an 1600, où le preneur est averti que les bâtiments tombent en ruines du fait des dites guerres. Il s’agit d’un acte reçu par Léonard de Saint-Leu et Nicolas Le Camus, notaires à Paris, duquel il appert que frère Gille Nauldier, religieux, Procureur de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés-les-Paris, a conféré et baillé à titre de ferme et loyer d’argent, depuis la Saint-Martin dernière, pour neuf ans consécutifs, à Etienne Villot et Louis de La Salle, marchands laboureurs, demeu-
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rant à Vaugirard, la ferme et lieu du dit Vaugirard : « de présent en ruine à l’occasion des troubles1 ». Cette ferme consiste en maison, étables, bergeries, granges, cours, jardins, colombier, clos de murs, ainsi que le tout se comporte, et terres labourables qui en dépendent; contenant 1 12 arpents et plus, que les dits preneurs ont dit savoir et connaître, lesquelles terres étant déclarées dans les baux précédents, avec toutes les dîmes de grains, oisons, cochons et agneaux, ensemble les dîmes de vin du terroir de Vaugirard, ensemble tous les cens, rentes et dîmes, tant grosses que menues, et autres droits et devoirs seigneuriaux qui appartiennent aux dits religieux en leurs terre et seigneurie du dit Vaugirard. Avec la moitié des lods et ventes et de toutes les amendes, moyennant la somme de 3qo livres. Lesquels preneurs réservant aux religieux les chambres hautes qui sont en la dite maison avec la chapelle du dit lieu pour y aller quand bon leur semblera'2.
On a vu là un bail particulier, en ce sens que l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, en même temps qu’elle affermait terres et maisons, affermait aussi dîmes, cens, rentes et droits seigneuriaux découlant de sa terre et seigneurie.
Un autre bail du 19 janvier 1628, également passé en faveur du même Louis de La Salle, pour neuf années, indique que les désastres de la Ligue n’ont pas été réparés, et que la ferme du dit lieu de Vaugirard est encore : « de présent en ruine à l’occa-
1. Après la victoire d’Arques, le 21 septembre 1089, Henri IV revint à la hâte sur Paris, à la grande stupéfaction de la population de cette ville, qui le croyait mort ou prisonnier. Il arriva le 3i octobre à Bagneux et s’empressa de répartir son armée dans les villages voisins : Montrouge, Gentilly, Issy et Vaugirard. C’est de ces cantonnements que les troupes du Béarnais, après de nombreuses prises d’armes, entrèrent de vive force dans la Ville et s’emparèrent du monastère de Saint-Germain-des- Prés, gardé par i5o arquebusiers. (Histoire de la Ville de Paris, par Michel Felibien, 1726, t. II, p. 1184.)